‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 54 sur 334 · PRÉPARATIFS DES SARRASINS · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DES SARRASINS

Charles le Magne ne se tient de pleurer. Cent mille Francs pour lui ont grand pitié, Et pour Roland merveilleuse frayeur.

Le félon comte en a fait trahison ;

Du roi païen en a eu de grands dons,

Or et argent, et étoffes de soie,

Muis et chevaus, et chameaus et lions.

Marsile mande d'Espagne les barons, Comtes, vicomtes, et ducs et aumaçours!, Les amiraus et les fils aus comtours ; Quatre cent mille réunit en trois jours.

En Saragosse fait sonner ses tambours, Mahomet lèvent en la plus haute tour? :

N'y a païen ne le vienne adorer.

Puis, ils chevauchent à force d’éperons, Par la Cerdagne * et les vaus et les monts.

De ceus de France virent les gonfanons, L’arrière-garde des douze compagnons; Ne laisseront de leur livrer combat.

1. Nous avons déjà vu le mot aumaçour, qui est le nom d'une dignité chez les Musulmans, de même que comlour (dérivé de comte), au vers suivant.

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