‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 70 sur 334 · Il regarde · texte numérisé non relu

Il regarde

Un roi y est, il a nom Corsablis;

Il est ici venu de Barbarie.

Ainsi parla aus autres Sarrasins :

« Cette bataille, bien la pouvons tenir, Car sont Français en nombre bien petit.

Ceus que voici devons tenir pour vils :

Pas un par Charles ne sera garanti.

Voici le jour que leur faudra mourir. »

Bien l'entendit l'archevêque Turpin ;

Sous ciel n’est homm: que tant veuille hair‘. Son cheval pique ? des éperons d'or fin, Avec grand force il l'est allé férir,

L'écu lui brise, le haubert déconfità,

Son grand épié parmi le corps lui mit, Tant il le pousse que moult le fait brandir, À pleine lance l'abat sur le chemin.

Regarde à terre, voit le glouton gésir,

Ne laissera de lui parler, dit-il,

« Félon païen, vous y avez menti,

Mon seigneur Charles nous protège toujours, Et nos Français point ne songent à fuir.

Vos compagnons ferons rester sur plac», Nouvelle mort il vous faudra souffrir.

1. Entendez : « il n'y à pas un homn ne que Turpin haïsse autant que Corsablis. »

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