‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 72 sur 334 · Le compagnon de Gérin · texte numérisé non relu

Le compagnon de Gérin

Samson le duc va férir l’aumaçour 1,

L’écu lui brise, qu'est à or et à fleurs.

Le bou haubert point ne le garantit:

Le cœurlui tranche, le foie et le poumon,

Et mort l’abat, qui qu'en souffre ou qui non?. Dit l'archevêque : « Ce coup est de baron. »

Et Anséis son cheval a lancé,

Il va férir Turgis de Tortelose:

L'écu lui brise sous la doréë boucle,

De son haubert lui dérompit les doubles,

Du bon épié au corps lui met la pointe,

L’enfonce bien, tout le fer lui mit outre,

À pleine lance il le renverse mort.

Ce dit Roland : « C’est coup de vaillant homme. »

Et Engelier, Bordelais de Gascogne, Son cheval pique et lui lâche la rène. Il va férir Escremis de Valtierre :

L'écu du cou lui brise et met en pièces,

1. Aumaçour, nom (déjà vu) d’une dignité sarrasine. 2. C'est-à-dire : « quel que soit celui qui en souffre ou qui n'en souffre pas. »

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