‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 81 sur 334 · Ÿ sonnent l'atlaque, la charge · texte numérisé non relu

Ÿ sonnent l'atlaque, la charge

Moult grand vengeance en prendra le roi Charles. Bataille aurons et forte et acharnée ;

Jamais nul homme ne vit telle mêlée.

J'y frapperai de Durendal m'épée ! ;

Vous, compagnon, frappez de Hauteclaire.

En tant de terres nous les avons portées,

Tant de batailles en avons achevées,

Chanson mauvaise n’en doit être chantée ?. »

CXX VII

Quand Français voient que païens y a tant,

De touzes parts en sont couverts les champs, Souvent réclament Olivier et Roland,

Les douze pairs, pour qu'ils leur soient aidants. Et l’archevêque leur dit son sentiment :

« Seigneurs barons, n'ayez folle pensée !

Pour Dieu vous prie que ne soyez fuyants,

Que nul prud’homme mauvaisement n’en chante ; Beaucoup est mieus que mourions combattant.

Promis nous est que mourrons aujourd'hui, Après ce jour ne serons plus vivants,

Mais d’une chose vous suis-je bien garant :

Saint Paradis vous sera accordé,

Vous assoirez avec les innocents. »

À ces paroles se réjouissent Francs,

Page 1