‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 84 sur 334 · C'est-à-dire : « devant les fonts baptismaus · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « devant les fonts baptismaus

Et lui donna s'épée et mil mangons!.

Monte un cheval qu'il nomme Gramimont :

Plus est léger que n’est pas un faucon.

Le pique bien des aigus éperons,

Et va férir le riche duc Samson.

L’écu lui brise, le haubert lui déront,

Au corps lui met les pans du gonfanon,

À pleine lance l’abat mort des arçons.

Hautement crie : « Tous y mourrez, gloutons!

Frappez, païens, car très bien les vaincrons. » Disent Français : « Dieu ! quel deuil de baron?! »

Roland le comte, quand il voit Samson mort, Pouvez savoir que moult grand deuil en eut.

Son cheval pique, sur le païen s'élance; Tient Durendal, qui plus vaut que fin or;

Il va férir le païen tant qu'il put

Dessus son heaume, qui gemmé fut à or, Tranche la tête et la brogne et le corps,

La bonne selle qui est gemmée à or,

Et au cheval profondément le dos;

Tous deus occit, qui l’en blâme ou l'en loue. Disent païens : « Ce coup nous est moult fort. » Répont Roland : « Je ne vous puis aimer !

Par devers vous est l’orgueil et le tort. »

Page 1