‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 85 sur 334 · Voyez la laisse LII · texte numérisé non relu

Voyez la laisse LII

2. C'est-à-dire : « Quelle perte ! Quel baron nous perdons ! »

D'Afrique y a un Africain venu :

C'est Malcuidant, le fils au roi Malcut. Ses armes sont toutes en or battu,

Plus que les autres en face du ciel luit.

Monte un cheval qu’il nomme Saut-Perdu ; Bête n’est pas qui dépasser le puisse.

Le pique bien des éperons aigus,

Il va férir Anséis sur l’écu,

Tout lui trancha le vermeil et l'azur,

De son haubert lui a les pans rompus,

Au corps lui met et le fer et le bois.

Mort est le comte, il a son temps fini.

Disent Français : « Baron!, quel grand malheur! »

Par le champ va Turpin leur archevêque.

Tel tonsuré ne chanta onques messe,

Qui de son corps ait fait tant de prouesses.

Dit au païen : Dieu tous les maus t'envoie!

Tel as occis que mon cœur trop regrette. »

Son bon cheval a fait au galop mettre,

Et l'a frappé? sur l’écu de Tolède,

Si bien que mort l'abat sur l'herbe verte.

Disent Français : « Bien frappe l'archevêque. »

À. Ils s'adressent à Anséis mort.

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