‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 86 sur 334 · À frappé Malcuidant · texte numérisé non relu

À frappé Malcuidant

CXXXYITI

De l’autre part est un païen, Grandoigne, Fils Capuel, le roi de Cappadoce.

Monte un cheval qu'il appèle Marmoire :

Plus est léger que n'est oiseau qui vole.

Lâche la rêne, des éperons le pique,

Et va férir Gérin à toute force,

L'écu vermeil brise, du cou l’enlève, Toute sa brogne lui a sur lui déclose1, Au corps lui met toute l'enseigne bleue, Et mort l’abat près d’une haute roche.

Son compagnon Gérier occit# encore,

Et Bérenger et Gui de Saint Antoine ; Puis, va férir un riche duc, Austoire,

Qui tint Valence et son fief sur le Rhône.

Il l’abat mort; païens en ont grand joie.

Disent Français : « Comme tombent les nôtres ! »

CXXX VIII

Roland le comte tint s’épéë* sanglante,

De toules parts la lève et la présente.

Bien a ouï que Français se lamentent,

Si grand deuil a que son cœur va se fendre; Dit au païen : « Puisse Dieu te maudire!

Tel as occis que moult cher te veus vendre. »

Page 1