‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 87 sur 334 · Son épée · texte numérisé non relu

Son épée

Son cheval pique, qui pour courir s'élance.

Qui payera!? Toujgurs sont ils aus prises.

Grandoigne fut homme sage et vaillant,

Et courageus et vassal combattant.

Parmi sa voie a rencontré Roland:

Ne l'avait vu?, mais le connut vraiment

Au fier visage et au corps qu'il eut gent, :

Et au regard et à la contenance.

De Durendal il voit l'acier sanglant,

Ne se peut faire qu'il n’en soit effrayé.

Fuïr s'en veut, mais de rien ne lui sert:

Roland le frappe si vigoureusement, Jusqu'au nasal tout le heaume lui fent, Tranche le nez et la bouche et les dents,

Et tout le corps et le haubert maillé,

La selle d'or aus deus auves d’argent*,

Et au cheval le dos profondément :

Tous deus occit sans nul recouvrement,

Et ceus d'Espagne s’en clament tous dolentsÿ. Disent Français : « Bien va notre garant! »

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