‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 88 sur 334 · Entendez : « Notre défenseur frappe bien · texte numérisé non relu

Entendez : « Notre défenseur frappe bien

La bataille est merveilleuse et rapide, Français y frappent avec vigueur et ire, Tranchent les poings, les côtés, les échines, Les vêtements jusques à la chair vive.

Dieu ! tant de têtes y eut en deus coupées, Tant de hauberts et de brognes brisées !

Sur l'herbe verte le sang en filets coule.

Disent païens : « Nous ne pouvons tenir.

Terre Majeure!, Mahomet te maudisse !

Plus que tout autre est ton peuple hardi. »

Pas un n'y a qui ne crië : « Marsile !

Chevauche, roi, besoin nous avons d’aide. »

La bataille est et merveilleuse et grand, Français y frappent des épiés brunissants.

Là eussiez vu si grand douleur de gent, Tant d'hommes morts et blessés et sanglants!

L'un git sur l’autre, sur la face et envers ?. Tant de chevaus par le champ vont fuyant, De leur poitrail leurs rênes détirant !

Tenir ne peuvent Sarrasins plus longtemps ; Veuillent ou non, abandonnent le champ.

Par vive force les pourchassèrent Francs ; Jusqu'à Marsile ils courent, les tuant.

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