‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 9 sur 334 · EXPLICATION DES ARCHAÏSMES XII · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES ARCHAÏSMES XII

Il. — FORMES, SYNTAXE, TOURNURES, LOCUTIONS

Les adjectifs se rattachant à la déclinaison latine en is, et les participes présents, même employés comme adjectifs, ne prenaient pas d'e au féminin. On disait « grand et fort bataille », comme on dit encore « à grand peine, grand rue, grand-mère ». Nous avons maintenu cette particularité toutes les fois que la conservation du rythme y était intéressée. Les adjectifs de cette catégorie qui se rencontrent le plus souvent sont: grand, fort, tel, mortel, royal, loyal, et les participes présents.

— L'article peut être omis devant les titres suivis du nom de personne: comte Aimeri, roi Marsile, au lieu de « le comte Aimeri, le roi Marsile ».

— Le pronom sujet est très souvent omis, comme en latin:

Pleure des veus, fire sa barbe blanche ce | (Roland, laisse 164) pour « il pleure, etc. »

— Un pronom peut correspondre à un nom qui ne se trouve pas dans la proposition précédente. Ainsi, dans la chanson de Roland (laisse 58), on lit: « S'il était vif, je vous l'eusse amené », et le pronom il représente le calife, qui n’est nommé dans aucune des sis propositions exprimées dans les cinq vers qui précèdent.

— Le participe passé peut s'accorder avec le complément direct qui suit et ne pas s’accorder avec celui qui précède. La liberté de l'accord est complète.

— Il arrive constamment que le verbe est précédé par son complément direct et suivi par son sujet. Mais, en général, à défaut

des cas disparus de l'ancienne déclinaison, le contexte éclaire le sens.

Exemple :

L'âme de lui emporte Satanas.

(/ioland, laisse 102.)

Il est clair que ce n'est pas l'âme qui emporte. Il faut seulement prendre garde à ne pas confondre une phrase

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