‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 92 sur 334 · C'est-à-dire : « Il lui lâche le frein et les rênes · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « Il lui lâche le frein et les rênes

8. C'est-à-dire : « Je ne crois pas que l'écu vaille un denier, après avoir recu ce Coup. »

À ces paroles, ont Francs recommencé.

Durs sont les coups et rude le combat ; Moult grand douleur y a de chrétiens.

Les Francs de France ont leurs armes perdues, Mais encore ont trois cents épéës nues.

Frappent et battent sur les heaumes qui luisent. Dieu! Tant de têtes y eut en deus fendues, Tant de hauberts, tant de brognes rompues !

Tranchent les pieds, les poings et le visage. Disent païens : « Français nous défigurent.

Qui ne se garde, de sa vié n’a cure. »

Droit vers Marsile ont leur route tenue; Hautement crient : « Noble roi, secours-nous ! » Et dit Marsile (a sa gent entendue)! :

« Terre Majeure ?, Mahomet te détruise !

La tienne gent la mienne a confondue ÿ,

Tant de cités m'a prises et ravies,

Que Charles tient, qui la barbe a chenue !

Rome conquit, Calabre a retenue, Constantinople et Saxe la puissante.

Mieus veus mourir que pour Français m'en fuie. Frappez, païens, que nul ne se ménage !

Si Roland meurt, Charles perdra son aide,

Et, si il vit, la nôtre avons perdue. »

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