C'est-à-dire : « Il lui lâche le frein et les rênes
8. C'est-à-dire : « Je ne crois pas que l'écu vaille un denier, après avoir recu ce Coup. »
À ces paroles, ont Francs recommencé.
Durs sont les coups et rude le combat ; Moult grand douleur y a de chrétiens.
Les Francs de France ont leurs armes perdues, Mais encore ont trois cents épéës nues.
Frappent et battent sur les heaumes qui luisent. Dieu! Tant de têtes y eut en deus fendues, Tant de hauberts, tant de brognes rompues !
Tranchent les pieds, les poings et le visage. Disent païens : « Français nous défigurent.
Qui ne se garde, de sa vié n’a cure. »
Droit vers Marsile ont leur route tenue; Hautement crient : « Noble roi, secours-nous ! » Et dit Marsile (a sa gent entendue)! :
« Terre Majeure ?, Mahomet te détruise !
La tienne gent la mienne a confondue ÿ,
Tant de cités m'a prises et ravies,
Que Charles tient, qui la barbe a chenue !
Rome conquit, Calabre a retenue, Constantinople et Saxe la puissante.
Mieus veus mourir que pour Français m'en fuie. Frappez, païens, que nul ne se ménage !
Si Roland meurt, Charles perdra son aide,
Et, si il vit, la nôtre avons perdue. »