‹ Chemin de fer de Strasbourg à BâleChapitre 20 sur 28 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

[■rajfls àimCif*

Approbalions raJmmial.alioii

Il J'"

re

Strasl)Oiirf; (Kœnigshoiîciil

Beufeld

i8;to

septembre

Benfeld Colmar

septembre iH3S

janvier

el mars

lf> et 17 oetobre

19 octobre

Colmar

à Mulhouse

avril 18:19

septembre t839

9 août 18H

13 août

Mulhouse Saint-Louis

septembre

20 oclobre

26 octobre

Secdon de Bfnfpld à Colmar. — La première section qui ait été livrée à la circulation est celle de Benfeld à Colmar,

Le 27 septembre 1840, un premier convoi d'essai, sous la direction de M. Chaperon, ingénieur-directeur des travaux du chemin de fer, parcourait la section en cinquante minutes environ. Dans ce convoi, remorqué par la machine le Manchestpr se trouvaient MM. Nicolas Kœchlin et frères, accompagnés par M. Bazaine et les principales aulorilés de Colmar et de ScheJestadl. Les souvenirs du jury de Scheleatadl paraissaient déjà évanouis et le convoi fut accueilli avec enthousiasme tout le long de la ligne.

Les 16 et 17 oclobre 1840, réception provisoire de la section pai' une commission d'ingénieurs délégués du gouvernement, qui félicitèrent M. Chaperon de la bonne exécution des travaux.

Lo 18 octobre, la ville de Colmar fêta dignement l'inauguration de la section par un banquet et un bal qui eurent lion k l'hôlel des Deux-Clefs, et par des salves d'arlillerie, arcs de triomphe, itiu-' ■ miuations el feux d'artifice.

Not(r. — On doit trouver, dans les journaux de Colmar et dans " l'Industriel nlsacieii, le récit de la réception provisoire ainsi que de la fête de Colmar.

La section de Colmar à Benfeld a été achevée en dix-huit mois, à partir de l'approbation donnée par l'administration supérieure aux projets définitifs, et en deux ans et demi à dater de la concession du chemin de fer.

C'est pour une partie des terrains de cette section que furent réunis les deux jurys de Schelestadl dont nous avons parlé.

Du 19 octobre au 1" décembre 1840, le mouvement des voyageurs, dans la section de Colmar àBenfeld, a été moyennement de quatre cent quatorze par jour.

Section de Mulhouse à Sainl-Louis (1). — Quelques jours après

1 ilu cliomin de fer de Strasbourg à B

la mise en exploilalioii de la section de Benfeld à Golmar, on inaugura colle de ia section de Mulhouse à Saint-Louis.

Le 13 octobre 18i0. vers midi, le premier convoi d'essai partait de nouvelle gare de Mulhouse (rive droite du canal). 11 était remorqué par la locomotive lu Ville-df-MulhoUse, sortie des ateliers André Kœchlin et C°, et sur laquelle étaient montés M. Nicolas Kœchlin, M. André Kœchlin et MM. Bazaino et Chapuron.

MM. les ing'énieurs des ponts et chaussées du département, et M. Flachat, ingéniem' civil, appelé pour l'aiïaire du prolongement du chemin de fer jusque dans l'intérieur de Bille, avaient été invités à faire partie du uonvoi. La distance de Mulhouse à Saint- Louis fut franchie en trente minutes. Le voyage s'accomplit sans autre incident que de vives démonstrations de curiosité et d'allégresse publique, même dans ia traversée des communes où les études du tracé du chemin de fer avaient rencontré la plus vive résistance. Les mêmes faits d'opposition et d'enthousiasme s'étaient présentés déjà en Angleterre lorsque Georges Slepherison construisit le chemiu de fer de Liverpool à Manchester.

Le 20 octobre 1H40, MM. Léger, ingénieur en chef du Haut- Rhin ; Schwilgué, ingénieur en chef du Bas-Rhin, et Frécot, ingénieur de l'arrondisseuienl d'Altldrch, hreiil, comme commissaires du gouvernement et accompagnés par M. Bazaine, ingénieurdirecteur du chemin de fer, la réception provisoire de la section. Après un examen de tous les ouvrages, ils dressèrent leur procèsverbal déclarant : u Que la circulation pouvait être établie sans inconvénient sur cette nouvelle section du chemin de fer dont les travaux ont été exécutés avec un soin qui mérite les plus grands éloges. "

Le 'la octobre, un dimanche, eut lieu l'inauguration de la section de Mulhouse à Saint-Louis.

projet d'un cliemin de fer Jlrect da Mulhouse k B&le. Celle âlude avait été fiile par M. Vîolor Reytier, ingéniour, assista lie M. César Daly, devenu depuis l'éininent architecte fondateur île la Revue d' atchileclUTS ol des traiiaux publics.

Le convoi était remorqué par la locomotive la Ville-de-Bâle, sortie des ateliers de MM. André Kœchlin et C% de Mulhouse.

Des arcs de triomphe en verdure avaient été dressés à Rixheim, Habsheim, Sierentz et Saint-Louis.

A la station de Saint-Louis, les populations française, suisse et badoise, confondues dans les mêmes sentiments de curiosité et de joie, offraient, par la variété de leurs costumes, le coup d'œil le plus animé.

Le maire de Saint-Louis harangua M. Nicolas Kœchlin, en le remerciant d'avoir dirigé le chemin de fer sur Saint-Louis : « Jamais nous ni nos descendants n'oublierons ce bienfait. »

M. Bourckhardt, Fun des bourgmestres de Bâle, était venu à Saint-Louis à la tête d'une députation de la ville.

Des voitures avaient été préparées pour conduire les invités à Bâle, au Casino d'hiver, où les concessionnaires avaient fait préparer un déjeuner parfaitement servi et auquel prirent part les bourgmestres et magistrats de Bâle, le colonel du 11^ dragons, le colonel fédéral; M. Javal, de Paris; M. Emile DoUfus, président de la Société industrielle de Mulhouse; MM. Bazaine et Chaperon, ingénieurs; M. Jean Zuber père; MM. Jordan, Hirn et Meyer, de Colmar.

Le bourgmestre de Bâle porta un toast à M. Nicolas Koechlin; un autre toast fut porté à MM. Berger et David, administrateurs de la Compagnie du Chemin de fer de Strasbourg à Bâle; M. DoU, sous-préfet d'Altkirch, en porta un à la vieille amitié entre la France et la Suisse; M. Emile DoUfus porta un toast en l'honneur ' J

des ingénieurs du chemin de fer, MM. Bazaine et Chaperon.

M. Valentin Meyer, de Mulhouse, termina la fête en chantant de jolis couplets de circonstance qu'il avait composés.

De retour à Saint-Louis, on remonta en convoi qui franchit en trente-deux minutes la distance de 28 kilomètres entre Saint- Louis et Mulhouse (1).

(1) Voir, pour les détails de cette fête, le supplément de l'Industriel alsacien du 29 octobre.

Le service public coniiiniiiija dès lundi 20 octobre.

Les projets dclinltifs de la sectioa de Mulhouse à Saint-Louis avaient été soumis à radministralion supérieure en même temps que ceux de la section de Benfeld k Colmai', en septembre 1838. Les travaux, dans ces deux sections, ont été commencés en régie sur les points où l'approbation des projets ne pouvait être douteuse. Mais, lorsque celte approbation fut connue, l'ensemble des travaux a été l'objet de marchés à forfait avec M. Accollas pour la section de Bcufeld et avec M. Wyld pour la section de Saint- Louis.

Cette dernière a été esécutée en dix-neuf mois, à partir de l'approbation donnée par l'administration supérieure aux projets déh- □itifs, et en deux ans et huit mois, à dater de la concession.

Il y ayait donc, au 26 octobre 1840, trois sections des chemins de fer d'Alsace en exploitation, eu y comprenant le chemin de fer de Mulhouse à Thann.

La longueur ensemble de ces trois sections était de 87 kilomètres.

Le mouvement des voyageurs dans ce parcours a été, en novembre 1840, de douze cents, moyennement, par jour.

Section de Strasbimry (Kœnigshoffen) à Benfeld. — Le 19 avril 1841, une commission composée de MM. Léger, ingénieur en chef du Haut-Rhin, Scliwilgué, ingénieur en clief du Bas-Rhin, et Doré, ingénieur d'arrondissement, et accompagnée de M. Chaperon, ingénieur du chemin de fer, procéda à la réception provisoire de la section de Kœnigshoffen à Benfeld. Kœnigshotreo devait servir de point de départ au chemin de fer de Strasbourg à Bàle jusqu'à ce qu'une station fût établie aux portes de Strasbourg ou dans l'intérieur de la ville.

Le procès-verbal de réception signale les travaux de la section comme faisant honneur à l'ingénieur, M, Chaperon, qui les a dirigés.

Samedi i" mai 1841 , jour de la Saint-Philippe, a eu lieu à Stras-

bourg' l'inauguration du caual tlt' 1*111 au Khin. 11 y avait foule depuis le quai des Pécheurs jusqu'au grand pont du Hhin pour saluer les premiers bateaux à vapeur de la Compagnie de Cologne qui devaient pénétrer dans l'enceinte de la ville.

Il y avait foule aussi venant, malgré l'éloignement de la station provisoire de ii.(EQigshoffeii, assister ans départs et arrivées des premiers convois publics desservant la section entière de Strasbourg à Colmar.

Deux trains étaient partis simultanément, l'un de Colmar, l'autre de Strasbourg, et se croisèrent en route entre Benfeld et Schelestadt. Le train de Colmar amenait à Xœnigshoflen M. Risler-Heilmano, administrateur de la Compagnie du Chemin de fer de Strasbourg kBàle, M.Nicolas KiBcbliii, MM. Bazaine et Chaperon, ingénieurs-direcleurs des travaux, et les chefs de service.

Les voyageurs se présentèrent on si grand nombre que les voitures manquèrent pour les contenir fous.

C'est dans la section de Ka'nigsholl'en à BentV'ld que l'on dùl modifier le tracé général aux abords de Slrasbourg, en vue d'une gare commune avec la ligne de Paris. Cette seution renferme d'importants ouvrages d'art. Les projets définitifs, produits en mars 1839, avaient été approuvés partie en septembre 1839 et partie en février 1840. C'est quinze jours après cette dernière date que la section était livrée à la circulation , soit trois ans et deux mois à partir de la concession.

Section de Colmay à Mulhouse. — Il ne restait donc, au 1" maï 1841, que 3a section de Colmar à Mulhouse à mettre en état d'exploitation. Celait la section la plus chargée en travaux de terrassements et ouvrages d'art. Le mauvais temps, en 1841, contraria beaucoup leur exécution et celle de la pose des voies. Pour parvenir à les achever en juillet, on dut déployer une activité extraordinaire, ft laquelle tout le monde prit part. Les ouvriers euxmêmes ne furent pas les moins démonstratifs. Les travaux étaient attaqués des deux côtés simultanément par des ateliers marchant

l'un vers l'autre, et avec l'aide de machines locomotives, venant les unes de Colmar, les autres de Mulhouse. Ce fut un moment presque solennel que celui où, les ouvriers ayant posé leurs derniers rails, M. Bazaine, monté sur la locomotive venue de Mulhouse, poussa d'abord jusqu'à. RouiTach et Colmar pour revenir ensuite k Mulhouse. La locomotive passa entre deux rangs d'ouvriers brandissant leurs outils au-dessus de leur tête et acclamant l'ingénieur. Ces braves travailleurs luttaient depuis plusieurs mois contre le mauvais temps et les tassements de remblais élevés avec des terres fraîchement remuées, et sur lesquels ils devaient établir la voie de ter. Ils avaient le sentiment que leur travail presque sans rel&che, devait aboutir à quelque chose de nouveau et important. Ils venaient, en efîet, de fermer la dernière maille d'un réseau de 14S kilomètres, embrassant, en 1841, les principales villes d'Alsace entre Strasbourg et Bàle, et les rapprochant d'une manière merveilleuse.

Le 29 juillet, un convoi parti de Mulhouse k 6 heures du malin transporta k Strasbourg M. Nicolas Kœohlin et ses invités, M Risler-Heilmann, administrateur de la Compagnie du Chemin de fer ie Strasbourg à B&le, M. Bazaine, ingénieur-directeur des travaux, et plusieurs chefs de service. Le convoi arriva à Kœnigshoffen en deux heures vingt-sept ^.minutes.

M. Nicolas Kœchlia avait commandé un déjeuner k l'hdtel de ta Maison-Rouge. On resta six heures k Strasbourg. Le convoi repartit de KcBnigaboiïen k 2 h. 1/2 après midi et arriva en deux heures à Colmar, d'où l'on ne repartit qu'à S heures. On arriva k 6 heures à la gare de Mulhouse. On avait denc parcouru 213 kilomètres en six heures, haltes comprises.

Le 9 août 1841, MM. les ingénieurs-commissaires du gouvernement ont procédé à la réception provisoire de la section de Mulhouse à Colmar. La Commission était composée de MM. Léger, ingénieur en chef du Haut-Rhin^ Schwïlgué, ingénieur en chef du fias-Rhin, et Detzem, ingénieurde l'arrondissement d'ÂJtktrch.

La section était intéressante par le nombre et l'importance

diss ouvragea, ainsi que par diverse» circonslauces rfo ieur exécution.

Aprfcs avoir lermin^ la recoormissaiicf des travaux, les commissaiieg ont parcouru le cliemin de fer dans un chat- à bancs Irainé par la locomotive lu Comi-le et ont franchi en Irente-sepl minutes l'intervalle de i'i kilonl^tres qui si^pare les stations de Mulhouse et de Colmar. ce qui fait une vitesse de presque 70 kilomètres à l'heure.

Les commissaires, ont recouitu que l'exécution de tous les ouviages composant celle section du chemin de fer ne cédait en lien à celle des autres parties de la ligue, quoique la vitesse avec laquelle ces ouvraj^es avaient été poussés, et les mauvais temps de cette année, eussent pu avoir quelque intluence sur leur exécution.

Les cooinùssaires déclarent que ces ouvrages ne peuvent que faire honneur à ringénieur, M. Bazaine, qui les a projetés et qui les a dirigés. Ils concluent à ce que la circulation peut être établie sur la section et. par conséquent, sur toute la ligne de Strasbourg à BAle.

Le service déliuitif du chemin de fer de Strasbourg à Bâie a êli^ commencé le dimani'Jie 'H août; mais, afin de donuer quelque satisfaction à l'impatience du public, ou organisa, à partir du (5 août et non sans quelque confusion, un service provisoire de deux convois dans chaque sens entre Colmar et Mulhouse. L'aOiuence des voyageurs a dépassé toute attente. Le premier convoi, parti le dimanche 13 août pour Strasbourg, était formé de quatorze voilures et remorqué par deux locomotives. Le nombre des voyageurs dans cette journée a dépassé cinq mille.

Le» projets dérmitife de la section de Golmar à Mulhouse avaient été arrêtés au mois d'avril 183!). approuvés-en septembre de la utéuie année par Tadministration supérieure. Ils ont été exécutés en moins de deux ans à parfir de r--tte approbation, soit en trots ans pl cîuq mois, à d«ler de la concession du chemin do fer de Slnsbourjr à BAle. i

Durée d'exécution des travaux du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. — Si on considère Tensemble des sections ou, autrement dit, la ligne entière de Strasbourg à Bâle, on peut résumer comme il suit les phases de sa construction :

La préparation des projets définitifs et plans parcellaires a^ duré, moyennement 9 mois.

L'instruction des projets et les décisions de l'administration supérieure ont demandé 6 —

L'exécution proprement dite des travaux a duré, moyennement 21 —

Total 36 mois .

Les 134 kilomètres de Kœnigshoïfen à Saint-Louis ont donc été construits et mis en exploitation au bout de trois ans, moyennement, à partir de la concession. Or, le délai d'achèvement était de six ans, à partir de la concession du 6 mars 1838.

Page 1