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IV. — Fret transatlantique

Nous désignons ainsi le fret transporté par les paquebots transatlantiques, fret de poids faible mais de grande valeur : or, automobiles, avions.

Les transports d’or, dûs aux fluctuations des changes, sont d’importance très variable. En 1929, on trouve aux importations 54 quintaux, en 1930, 1.310 quintaux, en 1931,4.180 quintaux. En 1932, le mouvement change, ce sont les exportations qui accusent 15.623 quintaux.

Le transport des automobiles des passagers est une source de profit non négligeable pour un port. Le Cahier des charges établissant les tarifs actuels d'utilisation de l’outillage du port de Cherbourg fixe la manutention des automobiles à 50 francs par voiture, avec un minimum de perception. de 100 francs par opération. Les autos garées paient 20 francs par jour et par voiture.

En 1927, 177 voitures ont été manutentionnées : 95 débarquées et 82 embarquées.

En 1928, 499 voitures, dont 270 débarquées et 229 embarquées.

En 1929, 788 voitures, dont 409 débarquées et 379 embarquées.

En 1930, 924 voitures, dont 468 débarquées et 456 embarquées.

En 1934, 372 voitures, dont 188 embarquées et 184 débarquées.

En 1935, 513 voitures transportées.

Le chargement et le déchargement des avions nécessite un outillage spécial. Cherbourg possède les engins de manutention requis.

Ils ont déjà été utilisés à plusieurs reprises.

V. — Causes du faible trafic de marchandises du Port de Cherbourg.

En ce qui concerne le mouvement des marchandises, Cherbourg se trouve handicapé du fait que son hinterland est principalement agricole et aussi à cause de sa situation excentrique à l'extrême pointe du Cotentin.

I. Le Cotentin est une région essentiellement de pâturages et de culture et donc ses produits ne donnent pas lieu à un mouvement commercial aussi important avec l’extérieur que les produits industriels. Les productions agricoles représentent une grande valeur mais un faible poids et ce qui importe le plus pour un trafic maritime, c’est le tonnage.

La question de l’industrialisation du Cotentin à été à plusieurs reprises soulevée.

La région de Cherbourg possède en effet des ressources naturelles en partie seulement exploitées. Il existe une industrie minière dans le Cotentin. Avant la guerre, dans le seul département de la Manche, l’on trouvait trois exploitations minières. À 20 kilomètres de Cherbourg, la mine de Diélette, son minerai est une magnetite tenant 60 % de fer ; le dépôt de Mortain offre un minerai moins riche (47 à 48 %), mais on évalue le gisement à 15 ou 20 millions de tonnes, et sans bouleversement. Plus tourmentée est la mine de Bourberouges, mais importante également.

Les mines de Diélette ont été noyées pendant la guerre ; depuis, elles n’ont pas encore été remises en exploitation. L'exploitation en est d’ailleurs rendue difficile par les tempêtes très fortes qui sévissent surtout l’hiver, dans ces parages. La façon la plus simple d’exporter le minerai de Diélette serait peut-être de le transporter à Cherbourg et de là le diriger par voie de mer.

Par suite de l’inexistence du port de Granville, les produits de Mortain et de Bourberouges ont jusqu'ici été expédiés par Saint-Malo. Cherbourg pourrait concurrencer Saint-Malo pour ce trafic. |

La Manche est un immense champ de fer. Le minerai s’y rencontre dans de nombreux plis ou synelinaux de l’écorce terrestre. Le Cotentin en compte une dizaine de La Hague à Mortain, plis parallèles entre euxet orientés de l’Est à l’Ouest, de sorte que le gisement se poursuit sous la mer et est pratiquement illimité.

Les rares prospections qui ont eu lieu dans la Manche ont permis de trouver du minerai à Pirou et sur la Lande de Lessay, à Carteret, à Surville, à Coutainville, à Percy. |

Les habitants de la Manche ont longtemps pris le minerai pour du grès

SENCNE

houillier. Ils ont essayé de l’employer comme combustible. N'ayant pas réussi, ils en ont abandonné l’exploitation.

Mais la Manche renferme un autre trésor, la seule mine de mercure connue en France, à la Chapelle-en-Juger.

Cherbourg peut, comme Caen, devenir un grand port exportateur de minerais.

IT. La seconde raison qui crée un obstacle au trafic marchandises du port de Cherbourg est sa position isolée à la pointe du Cotentin. Cette situation lui est une cause d’infériorité vis-à-vis de la concurrence des autres ports environnants assurant la répartition à l’intérieur de la région des produits venant de l’étranger. Pour les charbons, par exemple, Caen, Saint-Malo, Granville importent de fortes quantités. Le rayon de pénétra-

tion de Cherbourg est très faible et s’arrête à une ligne que l’on peut tirer

de Coutances à Isigny par Saint-Lô.

Des voies ferrées nouvelles pourraient faciliter les transports, mais n’en diminueraient pas la distance et partant le coût.

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