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CHAPITRE PREMIER

Origines du Port et du Commerce Cherbourgeois

« La meilleure manière de savoir ce que l’on peut devenir, n’est-ce-pas de savoir ce que l’on a été? » (1)

« La destinée de Cherbourg au cours des âges et jusqu’à nos jours a été essentiellement militaire. Château-fort au Moyen-Age, port de guerre au XVIITE siècle, grand arsenal et base navale au XIX® siècle, Cherbourg n’a pas cessé de monter la garde au bord de la Manche, mais cette fonction n’a jamais exclu une certaine activité commerciale. » (2)

L’extrême pointe du Cotentin est constituée de roches très escarpées.

A peu près à égale distance de la pointe de Barfleur et du Cap de La Hague, l’on trouve une vaste baie, comprise entre les pointes de Querqueville et de l’Ile Pelée, divisée elle-même en deux anses séparées par la pointe

(1) Eugène Liais.

(2) Gidel.

du Homet, l’Anse de Saint-Anne à l'Ouest et l’Anse de Cherbourg à l'Est. Au fond de cette dernière débouchent la Divette et le Trottebecq. Ce sont ces deux rivières qui ont fait le port de Cherbourg. Il y a près d’un siècle, elles se réunissaient à l’extrémité de la vallée formée par les deux montagnes du Roule et de la Fauconnière, traversaient ensuite ce que l’on appelait l’arrière bassin, le port et le chenal pour se rendre à la mer. Elles parcouraient de leur confluent jusqu’au bout du chenal environ de 700 à 800 toises. Depuis déjà longtemps leur cours à été détourné (1)

Ces deux rivières ont joué un très grand rôle, non seulement dans la création, mais aussi dans la conservation du port de Cherbourg : en le traversant deux fois par jour à marée basse, elles ont empêché la formation de barres et d’amas de sables qui auraient fini par le combler.

A chaque marée, les eaux de mer montaient plus ou moins suivant la hauteur des marées, mais en tout cas, bien au-delà des limites du port actuel du côté de l'Est, jusqu’au bas de la Montagne du Roule vers le Sud et du côté de l’Ouest tout près des maisons du Faubourg et de la rue qui porte maintenant le nom de rue de l’Ancien-Quai.

On pense que déjà, du temps des Gallo-Romains, existait un petit port de pêche sur la Divette. En tout cas, fait certain, au début du XIIe siècle, le port de Cherbourg présentait une activité, les Cherbourgeois partageaient en effet à ce moment avec les habitants de Rouen le privilège d'envoyer tous les ans un navire en Irlande, ce privilège leur avait été accordé par Philippe-Auguste.

Ainsi utilisait-on le port à cette époque : les bâtiments choisissaient pendant la marée haute une place suivant leur tirant d’eau et pouvaient à marée basse soit prendre, soit déposer leur chargement. Quand les navires avaient besoin de réparation, une grande marée les portait au rivage où ils attendaient la morte-eau qui les laissait à sec. Une autre grande marée les remettait à flot.

Cherbourg pratiquait, à cette époque, la navigation de cabotage. La presqu'île du Cotentin possédait de belles forêts de hôtres, châtaigniers et chênes, bois très apprécié pour les constructions maritimes, grâce à sa facilité à se courber. D'ailleurs sous le règne de Louis XIV, à la Glacerie auprès de Cherbourg, fut créée une manufacture royale de glaces. Les caboteurs transportaient donc des bois, principalement entre Cherbourg, | Le Havre et La Rochelle.

(1) Cf. Plan du Port de Cherbourg à la fin de l'ouvrage.

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