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SECTION II

Le Port Aérien

« Toute politique de circulation est commandée par la coopération nécessaire entre les divers instruments du trafic et entre les moyens de circulation les plus variés, la locomotion aérienne comprise ». (1)

Cherbourg trouve encore ici dans sa position géographique un avantage considérable pour établir, dans les meilleures conditions de rapidité possibles, les communications entre les rivages du Nord de l’Europe et les autres mers du globe. C’est par Cherbourg la route la plus courte du point d'atterrissage des paquebots pour joindre le centre du continent. Cherbourg port de vitesse présente pour l’aviation des possibilités incomparables. A des paquebots rapides, l’avion offre un complément naturel pour la vitesse.

Le Terrain

L’aérodrome de Querqueville actuellement utilisé se trouve à 6 kilomètres de la gare maritime, en bordure de la rade, à 3.000 mètres du mouillage des paquébots. Insuffisant au début, d'importants travaux ont été entrepris, les dimensions du terrain ont été très sensiblement augmentées,

actuellement c’est un excellent aéroport. :

Cet aérodrome est militaire, mais les pilotes civils ont l’autorisation de l’utiliser. La Chambre de Commerce a d’ailleurs participé pour une somme de 500.000 francs aux travaux d'amélioration, voulaht donner au trafic aérien toutes les facilités désirables et comprenant l’importance de ce trafic en liaison avec les lignes transatlantiques.

La Chambre de Commerce a, de plus, fait l’acquisition d’une vedette rapide et confortable pour assurer en 10 minutes la liaison directe du paquebot à l’aéroport et vice-versa.

Le projet d’extension du port prévoit l’établissement d’un terrain d'aviation sur le terre-plein des Flamands. Le terre-plein n’est en ce moment pas encore nivelé, et, donc aucun aménagement n’a été fait au port.

(1) Gauvain.

Fonctionnement du Service aérien

Le trafic s’est rapidement développé.

En Juin 1928, la ligne Cherbourg-Le Bourget est inaugurée, àla suite d’un accord entre la White Star Line et l'Air Union. Les voyages ne se font que sur la demande des passagers. Plusieurs vols ont également lieu entre Paris et Londres.

En 1929, les services sont plus fréquents et on note 40 voyages sur Cherbourg-Paris et 117 passagers transportés. On amorce le service postal Cologne-Cherbourg.

Le 1er Août 1930, on établit un service quotidien Cherbourg-Le Bourget en liaison avec les escales transatlantiques. 1930 à vu aussi la création de

lignes régulières directes Cherbourg-Bâle et vice-versa et Cologne-Cher-

bourg. Le sens Cherbourg-Cologne ne sera exploité que plus tard; à ce moment un hydravion en liaison avec les paquebots du Nord Deutscher Llyod transporte le courrier destiné à l’Allemagne.

En 1931, l’on crée le service Cherbourg-Cologne.

Les lignes aériennes au départ de Cherbourg ou à leur arrivée ont donc obtenu un succès immédiat. L'on a vu jusqu’à 6 avions dans la même journée.

Voici les résultats obtenus :

1930 co Sacs de Poste | Poids en Kilogs à | Cherbourg-Bâle ............ EUR 1.332 16.942 Bâle-Cherbourg ............ | 38 1.247 22.561 Cologne-Cherbourg ......... 16 | 316 5.557 A — DER RES NT A ————— —" —— Total... 19200) 580 45.060 Cherbourg-Bâle ............ 64 2.380 28.777 Bâle-Cherbourg ............ 65 1729 23.196 Cologne-Cherbourg ......... 20 343 4.791 Cherbourg-Cologne ......... 11 174 3.183 Total... 160 4.626 09.947

Cherbourg-Bâle ............

Bâle-Cherbourg ....:.......

Cologne-Cherbourg .........

Cherbourg-Cologne .........

Cherbourg-Le Bourget ......

HDOtA LR

Chérbourg-Baâler". 01.60 020 Bâle-Cherbourg ............

Cologne-Cherbourg .........

Cherbourg-Cologne .........

Cherbourg-Le Bourget ......

Morale

Cherbourg-Amsterdam (essai).

Cherbourg-Cologne .........

Cologne-Cherbourg .........

Cologne-Cherbourg .........

Cherbourg-Cologne .........

Cherbourg-Amsterdam (essai).

Total. . %

Nombre

de Voyages

(1) Bulletin de la Chambre de Commerce.

Sacs de Poste

Poids en Kilogs

Or

Les voyages se font pendant les mois d'été: Jum, Juillet, Août, Septembre et, suivant les années, Avril et Octobre.

De toutes les lignes aériennes helvétiques, le trafic le plus important a été fourni par la ligne Cherbourg-Bâle en 1931 : 2.891.250 lettres.

On avait.étudié la possibilité de nouveaux services, entre autres un service postal régulier Cherbourg-Bâle et vice-versa qui aurait assuré également le service voyageurs. Une adjudication eut lieu au Ministère des P.T.T., mais sans conclusion, quoique une compagnie française ait soumissionné à un prix très intéressant : 0 fr. 01 le kilo-kilomètre avec garantie de 350 kgs par voyage.

On pensait également au développement d’un trafic nouveau, l’aviation de tourisme : passagers transatlantiques voyageant avec leur avion, trouvant à Cherbourg les facilités de le faire débarquer, conduire à Querqueville et s’envolant de l’aérodrome.

Hydrescales

Sans savoir les tendances futures de l’aviation, l’on pourrait prévoir un développement de l’hydraviation et la nécessité d’hydrescales aussi indispensables que les terrains d’atterrissage pour l’aviation terrestre. Les conditions essentielles que devront remplir ces organismes seront les suivantes : un plan d’eau bien abrité par des digues ou jetées et à proximité d’un grand port maritime, terre-pleins d’accès facile, reliés à la voie ferrée et à la route, emplacement pouvant recevoir les édifices indispensables pour le trafic et le fonctionnement des services accessoires, entre autres : installations de T. $S. F. et de radio-gonométrie, pour assurer la communication constante avec les appareils en vol.

Le port de Cherbourg remplit toutes ces conditions. Le plan d’eau : la baie des Mielles, protégée par la jetée des Flamands et la Grande Digue. Le terre-plein des Flamands, dont nous avons parlé plus haut, pourrait très bien être utilisé comme emplacement pour les constructions. Une délibération de la Chambre de Commerce a d’ailleurs affecté plus spécialement ce terre-plein à l'aviation.

Depuis de nombreuses années déjà, les hydravions de la Marine Militaire évoluent dans la partie Ouest de la petite rade, à l’abri de la jetée du Homet, il n’y a pas de raison pour que l’hydraviation commerciale ne puisse utiliser la partie Est de la même rade.

C’est à Cherbourg que fut établie la première station aéro-maritime

en France, en 1927, par l’amérissage en rade d’un hydravion britannique, appartenant à l’Imperial Airways Co.

En 1928, le Ministère des Affaires Etrangères accorda des facilités aux hydravions de l’Imperial Airways. La Compagnie put obtenir en bloc cinq autorisations d’amérissage sans indiquer à l’avance la date des vols.

L'on construisit un hydro-aéroport, consistant en un radeau mouillé en rade.

Fablant sur le développement de l’hydraviation, Cherbourg peut devenir la tête de ligne d’un service d’hydravions vers la Grande-Bretagne et l’Europe Septentrionale (Allemagne du Nord, Scandinavie, Pays Baltes).

Le Survol

La question du survol est un danger qui risque de compromettre gravement l’essor du port aérien. Cherbourg est port de guerre, par suite tout le Nord du Cotentin est zone interdite.

Avant l’arrêté de 1935, l’obtention des autorisations de survol de la région était difficile. Des incidents risquaient de se produire à l’atterrissage, par suite des lenteurs dans les transmissions des autorisations entre les Ministères de l’Air et de la Marine, en cas de force majeure, atterrissage forcé par mauvais temps par exemple.

Une réforme était nécessaire à ce régime très rigoureux : l’on demandait au moins l'élargissement des canaux d’accès et la suppression des demandes d'autorisation individuelle pour les pilotes de lignes régulières, aux compagnies donnant le nom de leurs pilotes.

Satisfaction partielle fut accordée par le Ministère de l’Air en son arrêté et instruction du 30 Novembre 1935. Les couloirs autorisés pour parvenir dans la zone interdite ne furent pas modifiés, mais les autorisations devinrent plus larges et les demandes facilitées.

La zone interdite est ainsi délimitée : à l’Est par le méridien de Cosqueville-Saint-Pierre-Eglise. Au Sud, par la ligne brisée Saint-Pierre-Eglise- Valognes-Les Pieux. A l’Ouest par le méridien des Pieux. Au Nord par une ligne parallèle à la côte, à 6 milles au large de la laisse de basse-mer entre les méridiens de Cosqueville à l’Est et des Pieux à l’Ouest.

Pour rallier Querqueville et en partir, les avions doivent emprunter le couloir autorisé, délimité au Nord par la ligne droite Biville-Querqueville, au Sud par la ligne Les Pieux-Querqueville. Dans ce couloir, l’altitude

maximum est de 400 mètres. Le survol de l’arsenal et du Centre Aéronautique de Chantereyne est interdit.

Tout avion venant de l'Etranger doit atterrir en France sur un aéroport douanier. Querqueville n’ayant pas de poste douanier, la nouvelle réglementation souleva une difficulté qu’une lettre de la direction de l’Aéronautique civile vint aplanir en laissant en vigueur l’ancien système de visite.

À chaque arrivée et départ, aussi bien sur terre que sur l’eau, il y a obligatoirement arraisonnement et visite.

Les hydravions qui veulent gagner la rade ou en sortir doivent également suivre une route qui leur est déterminée suivant qu’ils viennent du Nord ou bien de l'Ouest ou Est. L’altitude maximum dans les eaux territoriales est de 200 mètres. L’amérissage ou l’envol ne peuvent avoir lieu que de jour seulement et en grande rade ou à l’Est de la petite rade.

Le séjour dans la zone interdite est strictement réglementé : en rade, le séjour n’est toléré que dans la partie Est de la petite rade ; à Querqueville, la durée du stationnement est au maximum de 48 heures, à moins de force majeure que l'autorité maritime apprécie.

En rade comme à Querqueville, il y a obligation de se soumettre aux consignes militaires et maritimes.

En ce qui concerne les autorisations d’accès dans la zone interdite, les demandes doivent être adressées avant le premier Janvier de chaque année par le propriétaire ou l’exploitant de la ligne au Ministère de l’Air avec la liste des pilotes proposés et l’horaire prévu. Les autorisations sont accordées par le Ministère de l’Air après accord du Ministère de l'Intérieur et de la Marine. Elles sont d’un an maximum et renouvelables. L'autorisation est valable pour tous les appareils du propriétaire ou de l’exploitant de la ligne, conduits par un des pilotes mentionnés sur l'autorisation. Le propriétaire ou exploitant doit signaler à l’avance au Commissaire de Police Spéciale, tout voyage comportant amérissage dans le port ou atterrissage à l’aérodrome de Querqueville, en indiquant l’heure d’arrivée approximative, le numéro de l’appareil, le nom du pilote et des passagers.

L'accès de l’aérodrome de Querqueville est subordonné à son occupation par la Guerre ou la Marine.

Depuis la réforme de 1935, les autorisations individuelles et pour chaque voyage sont donc supprimées et remplacées par des autorisations annuelles et portant sur des éléments variables : pilote et appareil à condition qu'ils appartiennent à une même compagnie. Une plus grande

facilité est accordée sur ce point. La zone interdite et ses couloirs restent les mêmes. Ce sont évidemmient des entraves au trafic aérien de Cherbourg, mais il faut tenir compte que Cherbourg est port de guerre et que la défense nationale à ses besoins impérieux. (1)

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