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II. — L’EMIGRATION PAR CHERBOURG

Ce n’est qu’en 1920 que Cherbourg a pris une grande importance comme port d’émigration. Avant la guerre, le transit d’émigrants s’opérant en France utilisait les ports du Havre, de Marseille, de Bordeaux, de Bayonne. Ce transit était d'environ 400.000 émigrants par an.

Dans les années suivantes, on a enregistré à Cherbourg un nombre important de passagers émigrants.

PPS PET NA ee - 41.101 émigrants

AO RP Te EN Re M 0 8 44.542 — AA De ERA MS LR RE ELA NE SRE RE 49 .406 — RO TRE PRG ET CEE 59.291 —

Soit pour ces quatre années une moyenne de 48.500 émigrants par an. Le quart à peu près transporté par la Royal Mail se dirigeait vers l’Amérique du Sud. En 1924, elle embarqua 12.303 émigrants sur un total de 49.406. En 1925, elle vient encore en tête et précède pour ce trafic la White Star Line, la Red Star Line, l’United American Line, etc.

Cherbourg est très bien organisé pour répondre à sa fonction de port d’émigration. Deux immenses hôtels offrent abri aux émigrants en attendant leur embarquement, attente quelquefois longue, étant données les formalités et le contingent imposés par les Etats-Unis : l'Hôtel Atlantique et l'Hôtel New-York.

L'Hôtel Atlantique reçoit les émigrants transportés par les Compagnies Cunard, White Star et Red Star Line, qui ont d’ailleurs construit elles-mêmes l'édifice. Cet hôtel immense peut abriter 2.500 voyageurs et possède des installations de tout premier ordre : logement, réfectoires, jardins et en particulier service sanitaire et de désinfection absolument parfaits.

L'Hôtel New-York bâti par la Royal Mail est également important, moins confortable que l’Hôtel Atlantique, il répond cependant très bien aux besoins qu’il assure.

Les émigrants sont une importante ressource pour le commerce local. En Octobre 1922, il yen avait 3.000 qui dépensaient par jour 45.000 francs d'alimentation et d’emplettes. De plus, le fonctionnement des hôtels était entièrement assuré par des fournisseurs et des employés de la ville.

Ils sont également très intéressants pour la Chambre de Commerce car une taxe est prélevée sur chaque émigrant utilisant le port. En 1914, cette taxe était de 0 fr. 50, eu 1920 elle passe à 2 fr. 50, à 10 francs en 1926 et 15 francs en Octobre 1926.

Le mouvement le plus fort d’émigration par le port de Are fut enregistré en 1926 : 82.188. Celui des années 1927, 1928, 1929 et 1930 fut également important.

Emigrants embarqués Emigrants débarqués Total 1927 39.331 26.699 66.030 1928 33.500 26.068 59.568 1929 41 .454 ANS 59-275 1930 29.969 20.972 50.941 (1)

(1) Bulletin de la Chambre de Commerce.

1930 marque une réduction et à partir de 1931, les chiffres diminuent de façon beaucoup plus sensible. En 1931, 34.569 émigrants passés par le port; en 1932, 28.156; en 1933, 16.328 ; en 1934, 13.674 dont 8.567 émigrants embarqués et 5.107 émigrants débarqués ; en 1935, 13.356, nous sommes loin du chiffre de 1926.

Si l’on compare l’année 1933 à l’année 1929, l’on constate une réduction de 72,4 % sur les émigrants ayant passé par Cherbourg. En 1934, le chiffre de 1933 subit une nouvelle diminution de 16,4 %.

Comme tout le trafic du port, ls mouvement d’émigration a subi une régression très importante.

La cause principale de cette diminution réside en le refus et les difficultés imposées par les Etats-Unis aux entrées d’émigrants sur leur sol. On a constaté une réduction très forte de l’émigration vers l’Amérique du Sud. Pour l'Amérique du Nord, la restriction est totale.

Il faut tenir compte également de la tendance de la population à s’équilibrer à travers le monde. L’émigrant se fait rare.

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