‹ Code du commerce des bois carrés, charpente, sciage et charronnage réunis, pour l'approvisionnement de ParisChapitre 101 sur 171 · INSTITUT DE FRANGE · texte numérisé non relu

INSTITUT DE FRANGE

fiappart à V Académie royaU des sdenceSf aur le fardier Fayardi

four remj^acer U lerner de boU.

Le secrétaire perpétuel de V Académie certifie qm ce qui suii est extrait du prociS'-verfHU de la séance du lundi 12 mars

L'Académie nous a chargés, M. Charles Dupin et moi , de lui faire un rapport sur un appareil proposé par M. Fayard aîné , marchand de bois à œuvrer, demeurant quai d'Austerlitz, à Pans, pour remplacer le levier de bois à Vaide duquel on tient suspendue, sous les voitures appelées fardiers, la chargeque ces voitures doivent transporter.

Tout le monde à vu circuler dans Paris ces voitures montées sur des roues d'un très grand diamètre et sous lesquelles, est suspendu ,-â^ l'aida d'une forte chaîne qui l'enveloppe par dessous, un faisceau plus ou moins pesant de pièces de charpente ; mais ce qui n'est pas aussi généralement connu, c'est la manœu\Te par laquelle on opère le chargement de ces fardiers.

La chaîne destinée à soutenir les pièces de charpente sous cette espèce de voiture a communément six mètres de longueur. Ses extrémités réunies par un crochet passent autour d'un rouleau de bois soutenu transversalement sur les deux limons à peu de distance de l'essieu. Un grand et fort levier de bois passe par un de ses bouts entre ce rouleau et la chatne, de sorte qu'en l'abaissant on

fait cheminer ce rouleau vers l'arrière de la voiture, en même temps qu'on augmente la tension de la chaîne, et que par suite on soulève la charge qu'elle soutient à une hauteur suffisante au dessus du pavé.

Les choses étant mises en cet état, on les y maintient 914 moyen d'une double corde ou plate^longe qui est fixée à l'autre extrémité du levier ; à l'un des bouts de cette plate-longe on attache un ou plusieurs chevaux qui , par ]in tirage plus ou moins oblique, opèrent l'abaissement du leyier, tandis que l'autre bout de la môme corde sert de retenue entre les mains d'un des charretiers cpi, lorsque l'appareil a pris la position dans laquelle il doit rester, fait faire à la plate-longe plusieurs tours, soit autour des limons^ soit autour du faisceau de pièces de charpente suspendu au-dessous du fardier.

Trois hommes sont ordinairement occupés à ce travail: l'un, debout sur les limons de la voiture, soulève le levier sur son épaule et le dirige quand les chevaux partent ; le second conduit les chevaux ; le troisième, tenant en main la plate-longe de retenue, maintient le levier dans la direction convenable, à mesure qu'il s'abat.

On conçoit que si les chevaux tirent trop obliquement , ou si , pendanf cette manoeuvre, l'un des bouts de la plate-longe vient à se rompre, le levier est lancé avec plus ou moins de violence en tournant autour de son extrémité inférieure, comme autour d'un centre fixe; quelquefois même il peut être lancé au loin par l'action de la force centrifuge à laquelle il est soumis pendant ce mouvement.

De pareils accidents n'ont jamais lieu sans danger pour les charretiers et leurs aides et même pour les passants qui circulent sur la voie publique. M. Fayard cite, dans une note jointe à son mémoire, les noms d'un certain nombre de personnes qui ont ^u les membres fracturés, ou qui ont perdu la vie par l'effet des contusions auxquelles elles se sont ainsi trouvées exposées.

C'est pour prévenir les dangers inhérents à ce mode de chai^ gement des fardiers, que M. Fayard a imaginé de substituer à l'abattage du grand levier à l'aide duquel on l'opère, deux vérin»

verticaux qui se meuvent dans deux écroux fixes pratiqués aux extrémités d'une espèce de sommier en fonne d'archet, le tout exécuté en fer forgé.

Ce sommier, garni des vérins qui le traversent, est posé transversalement sur les limons de la voiture, dans un plan vertical isitué le plus près possible de celui qui passe par le centire de gravité de la charge. Un écrou mobile, le long de la partie inférieure du vérin , porte un crochet auquel on accroche Tune des extrémités de la chaîne destinée à soutenir la charge.

La partie supérieure ou la tête de chaque vérin est percée de trous dans lesquels on fiodt passer un levier, petit, à peu près semblable à celui d'un étàu; en faisant tourner horizontalement ce levier, appliqué successivement aux deux vérins, on soulève aitant qu'il est nécessaire le faisceau de bois de charpente enveloppé audessous du fardier par la chaîne, et il est facile de retenir cette charge dans la position où elle a été amenée.

On conçoit que cette manœuvre doit s^eflectuer sans le moindre risque et avec la plus grande régularité, mais il était nécessaire d'obvier aux secousses auxquelles cet appareil aurait été exposé, sur des chemins trop bombés, ou en traversant des ruisseaux trop profonds.

Pour obvier à ces inconvénients, l'auteur de l'appareil a donné la forme de demi-cylindres au-dessous des abouts du sommier qui portent sur les deux limons , de manière que le sommier et les vérins qui le traversent peuvent osciller dans un plan vertical parallèle à l'axe de la voiture. Il a, de plus, soutenu sur une chape circulaire concave ménagée à chacune des deux extrémités du sommier les deux oreilles qui toversent le vérin , ce qui permet à celui-ci d'osciller dans un plan vertical perpendiculaire à Taxe du fiirdier.

On voit que le sommier et ses vérins sont soutenus comme les boussoles et les montres marines, ce qui les met à l'abri des secousses qui pourraient briser l'appareil qu'ils forment.

Nous pensons que M* Fayard a rendu un véritable service en iuhstituant la vis au levier dans la manœuvre du chargement et

dudéchaigement des teoidiers, et que soq appareil mérite VapproèaftkiB de raoadémie.

Signé : Ch. Dumn , Giràrid, rapporteur. L'académie adopte les coDcIusions de ce rapport.

Certifié confonne :

Le secrétaire perpétuel , pair àd France, conseiller d'État , grandHAicier de Tordre de la Légion-d'Honnettr,

Baron Cutier.

Nota. En communiquant au bureau du commereeém M$ carrét 4e Paru ce rapport, adopté par l'académie des edence», M. Fof^d tui adressait aussi la lettre suivante^ pour en§iager les délégués de ee commerce à provoquer de l'administration supérieure des mesures propre» à propager et système de fardier él A proscrire le levier de

Février 1832.

A Messiews le» délégués du commerce des bois carrés de Paris.

Les graves accidents que cause jfréquemmentl'appareil du levier lors du chargement et déchargement des tardiers, et notamment révènement malheureux dont j*ai été témoin il y a deux ans, et qui causa la mort d'un outrier, tué par ia chute du levier j me portèrent à chercher les moyens de remplacer ce mode de chargement par un appareil qui ne présentât aucune espèce de danger, tant pour les ouvriers occupés à ce travail que pour les personnes qui peuvenl se (Rniver «lors près du fardier.

Lorsque je me suis cru certain du succès de mon appareil, je r«i présenté «M Conservatoire des Arts et Métiers. M. Charles Dopin « pensé qu'il méritail; d'être présenté à racadémie des ieienoes., et il filt cbai:gé, tonjoiatemeiit avec son collègue, M* <ii« raid, d'en laîre l'objet d'un n^iport. L'académie des scienceB, dais sa fléance du 13 mais dernier, déclara qvU (»t aé parkul vtf <-

RITAIT son AVraOSATION, ET f^^E C'ÉVATT ON SfiRtICfi VEnVU A L'«0]UMITtf .

Par le moyen de cet appareil les chevaux ne sont plus néces* saires au chargement, et un seul homme peut enlever la voie et la prendre en tout lieu où le fardier peut seulement pénétrer, de même qu*i1 permet l'entrée du fardier sous toute espèce de portes; il a en outre Tavantage d'enlever sans secousses les fardeaux de toute nature.

Cet appareil est déjà utilisé par plusieurs voituriers , tels que MM. Dumont , rue de TOursine, n** 107, et Perrot, rue du Marché-aux-Chevaux , n® 15.

Mon but n'étant pas d'en faire un objet de spéculation, chacun peut faire exécuter de semblables appareils ; j'ai donc cru devoir vous en faire connaître la description, persuadé que, comme mol, vous en reconnaîtrez Futilité , et que vous engagerez les voituriers que vous employez , à adopter ce nouveau mode qui met les hommes à l'abri de tout accident, et que tocs PROVoQCBiŒZy àjc

NOM DU COMMERCE DES BOIS CARRÉS, L' APPUI DE L'ADMINIS- TRATION SUPÉRIEURE, POUR PROSCRIRE l' ANCIEN LEYIEB.

J'ai l'honneur, etc.

Signé Fayard.

Délibération du bureau du commerce des bois carrés de Paris ^

relativement à l'apjMreil Fayard,

19 mars 1833.

Le bureau assemblé au lieu ordinaire de ses réunions, quai de la Râpée, bS,

Après avoir entendu le rapport de la commission chargée d'examiner la demande de M. Fayard;

Considérant que l'appareil de M. Fayard, quoique paraissant de nature à parer aux graves inconvénients qui sont signalés dans l'ancien système des leviers en bois, n'est cependant pas suffisamment connu et n'a pas fonctionné depuis assez longtemps, pour que le bureau du commerce des bois carrés puisse dès ce moment solliciter de Tautorité des mesures propres à faire renoncer à Tancien levier; qu'il est sage d'attendre que l'expérience el

un plus long usage viennent démontrer la supériorité du nouvel appareil sur l'ancien;

Après en avoir délibéré, arrête :

Que, quant à présent, il ne peut, au nom du commerce qu'il représente, proposer une réforme absolue de Tancien levier, ni pour- .suivre, auprès de M. le préfet de police, l'emploi exclusif de Tap" pareil inventé par M. Fayard aîné.

Toutefois, le bureau fait des vœux pour que, dans l'usage, rien ne s'oppose à l'emploi de ce nouveau fardier, et il engage M. Fayard, à continuer ses expériences auxquelles il portera le plus vif intérêt.

]>élibéré au bureau du commerce des bois carrés, le 19 mars

Nota. Ces essais consciencieuflemeni tentés par M. Fayard aine méritèrent l'approbation de l'académie, et valurent à Tauleur la décoration delà Légion-d*Honneur, mais n'eurent paâ cependant le résultat qu'il était en droit d'attendre; d'une part, le mauvais vouloir des ouvriers et voituriers, de l'autre, l'ignorance et la routine, repoussèrent impitoyablement un système d'appareil habilement conçu, mais qui à Vétat d'essai et susceptible de perfectionnement, ne fonctionnait pas encore (U faut le reconnaître) avec toute la promptitude désirable.

Ce fut le seul reproche qu'on adressa sérieusement alors à l'appareil Fayard , qui deux ans plus tard était abandonné.

C'est une pierre d'attente , nous l'espérons du moins.

Au moment où nou$ tracions ces lignes , tin de nos confrères , M. Gondol , marchand de bois de ckarronnage , quai de la Râpée, a faUH être tué dans son chantier par la manœuvre brutale de ce levier de bois.

DÉLIBÉRATION

Dn bureau du commerce des bois carres pour l'approvisioDuement de Paris, portant souscription en faveur des cholériques de Glamecy, par suite de la demande adressée au commerce par M. Dupin aîné, et dont la teneur suitw

SI mai 1832.

jLe procureur général à la cour decassaiionf à MM. les iélégtêéà

des bois carrés.

Messieurs, Vous connaissez la triste situation de la ville de Clamecy et surtout

BB lïOS FLOTTEURS QUI SONT PLACÉS DAIIS LA DOULOUREUSE ALTERNATIVE, OU D'ATTRAPER LE CfiOL^^RA S'iLS SB METTENT A l'eau pour TRAVAILLER, OU DE MOURIR DE FAIM S*1LS IfB

TRAVAILLENT PAS. MM. les marchands de bois à brûler ont déjà eu la bonté de souscrire en faveur de ces malheureux , j'ose espéra que votre compagnie ne sera pasmoins généreuse , et que j 'aunâ à leur aanonoer qu'elle vient aussi à leur secours.

Veuillez agréer, ete..

Signé DupiN aine.

Délibération du bureau du commerce des bois carres àe Paris ,

Le 25 mai 183â.

Le bureau du commerce des bois carrés pour rapprovisionnement de Paris, vu la lettre qui lui a été adressée par M. Dupia aine, procureur général à la cour de cassation, ancien avocat du commerce des bois carrés de Paris , par laquelle il expose la situation malheureuse des flotteurs de Clamecy, et sollicite la générosité du commerce en leur foveur;

Considérant que, dans cette triste circonstance, c*est un devoir

d'homaDité pour le commerce des bois carrés de Paris, de venir à Paide des flotteurs de Clamecy;

Délibère :

Il est voté à titre de secours, une somme de 300 fr. qui sera versée ès-mains de M. Dupin aîné pour être remise aux flotteurs de Clamecy, au nom du commerce des bois carrés de Paris.

(Archives du commerce des bois carrés.)

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