‹ Code du commerce des bois carrés, charpente, sciage et charronnage réunis, pour l'approvisionnement de ParisChapitre 157 sur 171 · RÉCLAMATION · texte numérisé non relu

RÉCLAMATION

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Adressée à M. le Préfet de police^ par le maire de^ Fresnes, canton de Fère-en-Tardenois (Aisne)^. relativement au nouveau mesurage de» bois de charpente selon le système métrique.

Monsieurle préfet de police,

Je crois devoir vous signaler un abus que Ton cherche à introrduire dans le commerce de charpente en éludant la loi qui oblige les commerçants, en général, à se servir des mesures métriques, et cela contrairement au vœu des nup^hands de bois exploitants qui. désirentque, suivant la loi du k juillet 1837, le système métrique^ sans aucune restriction, soit appliqué exclusivement à toute espèce de mesurage.

Il vient de m'étre adressé un arr^(^.pris par les entrepreneurs du département de la Seine relatif au nouveau mode de mesurage de dtar fente pour la réception des hois^ qui, entre autres conditions, consiste à ne compter les.largeurs et épaisseurs des bois que de trois en trois eentimitres»

Serait-il possible qu^'un arrête pris par des- entrepreneurs aurait la force d'imposer dejs conditions qui ne sont pas dans la loi? Ces

MESSIEURS PEUTENT-ILS, PAR LEUR SEULE TQLOIIT^ ET DANS LEUR INTÉRÂT PERSONNEL , IMPOSER UNR HESURE POUR RBCE-

TOiR , ET UNE AUTRE POUR LIVRER? Il y a liou de Craindre que, pour donner suite à cet arrêté, les charpentiers de Paris et les marchands de bois en chantier de cette ville ne prennent la détermination de n'aqheter,de marchandises. qu'à ceux des marchands exploitants qui voudront consentir à venàre à ces conditions. S'il, en était ainsi et si l'administration n'avait pas de moyens pour les en empêcher, vous conviendrez que ce serait un corps dans l'État qui serait plus fort que la loi. Il ne peut , je le pense, en être ainsi,

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surtout quand on connaîtra la cause déterminante qui a tadt agir le corps des charpentiers.

D*abordy j'ai rbonneur de vous foire observer» Monsieur le préfet, que les entrepreneur» aie tharpenie livrent les bois y faisani Vabjet de leurs travaux ^ suivant le êysîème métrique dans fonte Vacception du mot; c^est-à^dire que^ dans les longueurs et groS' seurs des bois, ils comptent exactement les décimètres et centimètres ; pourquoi^ quand ils reçoivent, ne veulênt-its plus opérer de la même manière ? C'est ce que je vais avoir Tboniieur de vous bire connaître.

La première faute qui a été cc^nmise , c'est d'avoir toléré le mesurage à la toise et au pied sur les ports et dans les chantiers de Paris pour le bois à œuvrer, tandis que les autres espèces étaient assujetties au système métrique. Alors comme aujourd'hui les charpentiers y trouvaient un grand avantage , ils ont su obtenir la continuation d'un système de mesurage qui se faisait dans leur intérêt seulement. Aujourd'hui que ce moyen est sur le point de leur échapper, ils le représentent Sôus un autre point de vue: au lieu de se conformer purement et simplement au vœu âe la loi, et de mesurer les Bois avec un mètre et ses divisions ordinaires de décimètre et de centimètre , ils veulent les changer pour se rapprocher le plus possible des anciens pieds et pouces, et faite ainsi des réductions sur une plus grande échelle , lors des réceptions.

Nous avions l'espoir que' cet état de choses allait finir par l'introduction du système métrique pur et simple idans le toisé des bois, et voilà que l'on veut nous remettre dans la même position par des moyens captieux et pires encore , puisque trois cenUmèfares sont plus grands que l'ancien pouce.

Je ne puis que vous prier, Monsieur le préfet, d'employer l'autorité que vous a confiée la loi, pour vous opposer, autant qu'il vous sera possible , à ce qu'un arrêté, pris par un corps d'entrepreneurs , n'acquière pas plus de force que la loi, et de faire en sorte que cette loi ne soit point ainsi éludée.

)'ai l'honneur d'être, etc.

Signé Eyeloy, maire de Fresnes, et marchand

de bois exploitant sur I9 Marne.

(Cartons de la Préfecture de police.)

AMNLIQUi AU llBSIJKA«E 0BS BOIS. 6Vt

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