‹ Code du commerce des bois carrés, charpente, sciage et charronnage réunis, pour l'approvisionnement de ParisChapitre 50 sur 171 · DÉFAUTS · texte numérisé non relu

DÉFAUTS

Malandre ! ! 1 1 Nous osons à peine prononcer ce mot, qui est une source de contestations, et le désespoir des marchaDds eaiploî* tants ; c'est bien à tort cependant que l'on suppose la nudandre une prétendue maladie inventée par le commerce de Paris pour obtenir sur les ports, au moment de la livraison , des réductions qui lui profiteraient et qu'il n'accorderait pas lors de la revente.

C'est une grave erreur, car, loin d'être un bénéfice, la malaudre est une cause de perte pour le marchand de Paris,^ qui se trouve dans la nécessité de payer des frais considér^les de floltage, de tirage et d'octroi pour des bois qui ne sont pas de vente dans ses diantiers.

Cette fausse opinion venant sans doute de ce que le commerce de province ne oonnalt pas assez les ravages produits par une malandre, nous allons rapporter l'opinion d'anciens auteurs à l'égard de ces défauts.

<c Roulure. Un arbre est roulé quand il se trouve une fente ou

» une solution de continuité qui suit la direction des couches ati-

» nuelles, c'est-à-dire quand il y a, d^s l'intérieur d*un arbre ,

y> des cercles concentriques qui ne sont pas unis et adhérents les

)> uns aux autres. Quelquefois ces fentes ne sont pas apparentes

>> dans les arbres pleins de sève, mais elles s'ouvrent à mesure que

» les arbres se dessèchent; elles s'étendent quelqu^ois dans toute

» la circonférence de l'arbre , en sorte qu'on est surpris de voir une

» couronne de bois vif qui entoure un noyau de bo^ mort , qu'on

» peut faire sortir à coups de masse, et alors il ne reste plus qu'un

» tuyau de bois vif. Quand la roulure ne s'étend pas dans tonte la

D circonférence, le noyau de bois, ainsi renfermé parla ronlufe,

» se trouve être d'un bois vif; on juge bien, sans qu'il soit besoin

x^ de le dire, que la roulure endommage d'autant plus une pièce de

» bois qu'elle a plus d'étendue et qu'elle est plus ouverte. Mais, D dans tous les cas, elle forme un grand défaut , non-seulement » parce qu'elle augmente au fur et à mesure que le bois fte des- 9 sèche, mais encore parce que, quand on vient à refendre à la scie » un arbre roulé, les morceaux se séparent et il ne reste plus que » des éclats.

» La roulure est donc un vice essentiel.

» GiTELURE. On appelle givelure toute fente qui s'étend du

» centre d'un arbre à la circonférence , quelle que soit la cause qui

9 la produise. Cette dénomination vient de ce que les fortes gelées

» font quelquefois fendre les bois. Ces fentes, il est vrai, se re-

» couvrent ensuite par de nouvelles couches ligneuses , mais

» comme les fibres ligneuses qui ont été séparées par accident

» les unes des autres ne se réunissent jamais, il reste dans Tarbre

» une fente qu'on nonime givelure. On a ensuite étendu ce terme

9 à toutes sortes de fentes qui se trouvent dans le bois : on n'y

» comprend pas celles qui font une séparation de couches an-

A nuelles^ ainsi une plaie recouverte, une grosse branche coupée

» dont la section a été recouverte par un nouveau bois, et qui

j» sont autant de vices.

» Les fentes, qu'occasionnent les coups de tonnerre, les acci- » dents divers , produits : 1° par les voitures dont les moyeux » endommagent l'écorce ; 2° par les animaux qui se frottent contre » les jeunes arbres ou qui entament Técorce avec leurs dents ; » 3* par les copeaux d'écorce que les officiers des eaux et forêts » enlèvent pour frapper l'empreinte de leur msu'teau sur le corps 3» des arbres réservés, etc. , etc. , sont des vices.

A Enfin on appelle malandre , une certaine partie de bois mort,, » que l'on rencontre le plus communément à la culée des arbrea jp et qui se prolonge plus ou moins dans l'intérieur de la pièce.. » C*est encore un vice essentiel. »

(Extrait de rexploitation des bois, parDahamet de Monceau, 1764, seconde partie, p. 673.)

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