‹ Code du commerce des bois carrés, charpente, sciage et charronnage réunis, pour l'approvisionnement de ParisChapitre 52 sur 171 · OPINION SUR L'ACTION DU FLOTTAGE · texte numérisé non relu

OPINION SUR L'ACTION DU FLOTTAGE

]pe hçSp HoVbé est-il préférali^le à celui qui est transporté en bateaux ou en voitures ?

(Exirait du traité des bois, par J. Massé, Corne 2a p. 295 (1709.)

«ç QÇI^OTC. ^- EST-a PLUS COIÎTEKABLE DE TOmiKER LES » BOIS, SOIT PAR CHARROIS} SOIT DANS DES BATEAUX , A SEC ,

» ou JL FLOT, COMMB BN TBAINS OU BADEAUX» BT QUBL B$T LB » PBGBJé B'aLTIÉBATION QUE I.B FLOTTAGE OCCASIONNB AU DOIS?

» RÉPONSE. — Il serait avantageux pour les bois de charpent* » qu'iJs puissent être voitures aux lieux où ils doivent être era- » ployés sans avoir été mis dans Teau; et quand, àraiaon de l'éloi- » gnement des forêts, on est obligé de les conduire à flot, il est à tt propos de faire en sorte qu'ils n'y séjournent que le moins pos- » sible, et surtout d'éviter de les remettre à l'eau à plusieurs re- » prises: lorsque l'on détruit le train pour en charger les bois sur » des vaisseaux , il faut avoir soin de les laisser se dessécher avant » de les enfermer, dans la cale, parce qu'immanquablement ils s'y A échaufieraient plus ou moins suivant la longueui* du temps et de » la navigation.

B Les plus habiles ouvriers dans les différents métiers, qui emft ploient des bois à différentes espèces d'ouvrages, sont presque » toujours les moins instruits des différents effets de la she, » Chaque pays, chaque atelier a ses principes particuliers; chacun

* cite des expériences qui se contre4îsent et ne peuvent se conci* 2) lier , et tous s'habituent à parler de la sève comme de beaucoup » d'autres choses sans les entendre , les uns prétendant que la siv9 A est la cause de la pourriture des bcMs , les autres pensant qu'elle ]> contribue à leur conservation ; ceux-«i veulent qu'on la laisse A subsister en partie , ceux-là l'excluent absolument ; les uns » cSsent qu'il fiiut la délayer avec de l'eau douce , d'autres au coih A traire qu'il faut préférer l'eau salée à l'eau douce, d'autres qu'il » est mieux de dessécher les bois à l'air, ptfce la sè^e s'échappe » naturellement, etc. , etc. ; mais aucun n'est fondé sur des rai* A sonnements solides, ni sur des expériences exactes et ^i^vies qui > puissent tendre à éclaircir de qi)^ie nature est |a <ev^, ep quoi » elle consiste , et pourquoi 09 lui attribue tel 01} tel effqt.

» Ceux qui ont attribué à la $ève le prompt dépérissement des » bois en ont conclu qu'on ne pouvait rien laire de plus faivcwable » à leur conservation et de plus propre à prolonger leqr dorée

* que de précipiter leur dessèchement ; pour 6ela , les uns, dans » la vue de délayer une sève tenace , qu'ils regardaient comme A pernicieuse , ont voulu qu'on les flottât, d'autres ont soutenu

> qu'if serait mieux de les exposer à la grande ardeur du soTeil , et » aux vents hàleux , enfin d*autres ont prétendu qu'il fallait les » dessécher artificiellement dans des étuves.

)> Quand on met le bois sous Teau , ce fluide se mêle avec la » sève , et il remplit tous les espaces qui, dans Tordre naturel, » étaient remplis d'air ; les fibres tendues par la sève et le fluide » étranger restent dans cet état sans s^altérer , ce qui fait que des » bois restent des siècles sous Teau sans diminution de qualité ; )» mais qu'arrive-t-il lorsqu'ils en ont été retirés , l'eau étrangère » qui a délayé la substance gélatineuse de la sève, ayant emporté » avec elle une partie de cette substance , les bois se fendent un » peu moins , ils se tourmentent peu , mais ils ont un désavantage )> considérable sur ceux qui auront été desséchés et conservés » sous des hangars, parce que l'eau étrangère a emporté une )» partie de la substance gélatineuse qui contribuait à la fermeté » du bois.

j> Il n'en est pas de même des bois qu'on laisse se dessécher » doucement sous des hangars; la partie flegmatique de la sè^'C » se dissipe dans l'air , la partie gélatineuse , qui est plus fixe , » demeure dans les pores et entretient la liaison des fibres ligneuses.

D Les uns condamnent l'eau, les autres s'en djéclarent M PARTISANS ; chacun juge suivant la façon de penser dont U est af- )> fecté; celui-ci prétend que tous les désordres qu'on aperçoit dans » une pièce qu'on tire de l'eau doivent être attribués aux eflets de m ce fluide ; celui^à, au contraire, attribue à l'eau tout ce qui se )> remarque d'avantageux; l'eau , suivant les uns, occasionne tout y> le mal , suivant les autres , elle a produit tout ce qui est bien.

» Voilà beaucoup d'incertitudes et quantité de questions qui ont » donné lieu à un grand nombre d'expériences pour tâcher de les » éclaircir , et il n'est pas encore certain, quoiqu'on le pense assez » communément , que les bois qui ont resté dans Teau se dessè- » chent beaucoup plus promptement que ceux qui n'y ont jamais » été. »

Nota. Nous avons cm convenable de rapprocher de celte opinion (quoique arrivant à une date postérieure) Tavis donné sur la

même matière par la commission des architectes du département de la Seine.

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