‹ Collection des constitutionsChapitre 13 sur 169 · S XX · texte numérisé non relu

S XX

De VEgiise.

Les évêques marchèrent de pair avec lesleudes sous la première race ; ils précédaient les grands au commencement de la deuxième. Quand le gouvernement féodal fut établi, ils descendirent au second rang de gré ou de force ; ils furent obligés de reconnaître un suzerain. Soumis dès-lors à tous les devoirs de la vassalité , ils remplirent également le service de piaids et d'armes; ils envoyèrent ou menèrent eux-mêmes leurs tenanciers sous les bannières du seigneur ; ils vinrent siéger dans sa cour souveraine de justice.

On peut croire que ces personnages, les seuls àpeu près qui eussent alors des lumières et des vertus , furent placés en général par les rois , de même que par les grands feudataires, au rang de leurs i?arons , c'est-à-dire de leurs vassaux immédiats. Cette remarque est importante, comme le feront voir les pages suivantes ; elle explique la naissance des pairies ecclésiastiques.

Le haut clergé se trouva graduellement dans un état d'avilissement toujours voisin du désordre. D'absurdes superstitions s'associèrent alors au dogme ; la discipline se relâcha ; les canons furent oubliés ; l'épée arma la main qui devait bénir. Quelques-uns cherchèrent dans les cloîtres un abri contre la tyrannie des gens de guerre. Ici, les travaux des uns défrichèrent et fécondèrent le sol; là, les veilles des autres découvrirent et préparèrent ces trésors des lettres anciennes qui devaient ramener la civilisation parmi nous.

N'oublions pas de rappeler que ce fut à cette époque, où l'administration de la justice existait encore à peine, où les rois cherchaient à opposer leurs baillis aux officiers de fief chargés d'annoncer les lois du maître , que l'Eglise établit et étendit ces jurisdictions ressortissant du premier des évêques, et qui, par le plus monstrueux abus, firent du pape une espèce de juge souverain dans le royaume.

jusqu'à l'année lySq. a^

Page 1