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présence du pouvoir royal accru par la môme cause à laquelle elles devaient leur émancipation. Dans cette position , la nation s'est crue assez libre, par cela seul qu'elle n'était plus dans le servage féodal ; ou peut-être a-t-elle été trop faible pour obtenir de ses rois une liberté plus étendue.
Les barons anglais , par une combinaison tout opposée , se trouvaient placés sous le même joug que le reste de la nation : la communauté d'intérêts produisit la réunion des forces contre l'autorité royale. De là ces concessions successives faites par les rois aux barons et aux communes , et qui forment les libertés de l'Angleterre.
La grande Charte, si célèbre dans les fastes de la nation anglaise, fut le premier résultat important que produisît cette ligue entre la noblesse et les communes contre le pouvoir du monarque. Avant de parler de cet acte, il convient de jeter un coup d'œil sur les temps qui l'ont précédé.
Après la mort de Guillaume-le-Gonquérant, les guerres civiles éclatèrent; le trône fut souvent réclamé par plusieurs prétendans qui soutenaient leurs droits les armes à la main, et qui , pour se concilier la faveur des barons et du peuple, faisaient des concessions dont ils ne gardaient plus le souvenir lorsqu'ils étaient parvenus à la suprême puissance. Ainsi Henri I" accorda , en i loo, une charte par laquelle il promit qu'à la mort des évêques ou des abbés il ne s'emparerait jamais du revenu des sièges et des abbayes pendant la vacance; qu'à la mort des comtes, barons et tenanciers militaires, leurs héritiers seraient mis en possession de leurs biens, en payant à la couronne une redevance modérée ( il eut soin de n'en pas déterminer la quotité ). Enfin , il se dépouilla de la garde noble, ou tutelle des mineurs. Il déclara que, si un baron voulait marier sa fille ou sa parente , il suffisait qu'il consultât le roi, dont le consentement ne serait jamais vendu, ni refusé , à moins que l'époux proposé ne fût son ennemi. II permit aux barons de disposer de leurs biens meubles et immeubles par testament; il renonça à imposer des taxes arbitraires sur
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îes fermes que les barons retenaient dans leurs propres mains; enfin , il promit de confirmer les lois d'Edouard-le-Confesseur (i). Un exemplaire de cette charte fut déposé, suivant quelques historiens, dans une abbaye de chaque province; mais Henri n'observa aucune de ses dispositions. Sou successeur, Etienne, fit les mêmes concessions, et promit d'une manière encore plus expresse le rétablissement des lois d'Edouard.
Henri II ( Plantagenet ), confirma les actes de ses prédécesseurs , mais sans parler des lois d'Edouard. Soutenu des barons , il réprima les prétentions des ecclésiastiques par des lois faites dans une assemblée générale de la noblesse et des prélats, tenue à Glarendon, en 1 164. Ces lois sont communément appelées Constitutions de Clarendon.
Sous son règne on vit se reproduire l'ancienne épreuve des jurés (2), et voici à quelle occasion : le roi, voulant abolir, autant qu'il était possible, la coutume barbare de décider les contestations par le duel, et n'osant pas cependant proscrire ouvertement cet encien usage , permit à chacune des parties de demander à être jugée par une assise de douze francstenanciers. Long-temps encore on vit les plaideurs préférer le combat judiciaire à l'institution si belle et si sage du jury; mais peu à peu la raison triompha, et l'épée cessa d'être l'arbitre du droit.
Une autre ordonnance du même prince partagea l'Angleterrre en quatre divisions, et institua des juges ambulans destinés à tenir leurs assises dans chaque partie successivement, pour décider les contestations des particuliers.
Nous devons rappeler ici ce que nous avons dit plus haut
(i) Le maintien de ces lois , dit Blackstone, fut toujours l'objet des vœux du peuple, sous les premiers princes de la race normande; et la promesse de les conserver ou de les rétablir fut toujours regardée comme l'acte le plus populaire et le plus agiéable à la nation. Il faut convenir cependant que ces lois, si vivement réclamées, n'étaient pas bien connues; maison savait seulement que , sous le règne des rois anglo-saxons, on n'avait à supporter ni les rigueurs du régime féodal, ni le poids des impôîs, ni les abus qui s'étaient introduits depuis la conquête.
(2} Trial by Jury.
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de Wittenagmnot , et faire remarquer que, sous les princes normands, les mêmes attributions furent exercées par le grand Consul , qui était composé des archevêques , évêques et abbés, des barons, de quelques autres tenanciers immédiats et militaires de la couronne, inférieurs en puissance et en propriété.