‹ Collection des constitutionsChapitre 20 sur 169 · XXIX · texte numérisé non relu

XXIX

Des Lits de justice.

Nous en avons déjà indiqué l'origine. Il semble, en effet, qu'onîpeut la rapporter à cette révolution qui survint , vers le règne de Philippe-le-Bel, dans l'existence de la cour du roi, et d'où naquit le parlement. Le roi et ses barons cessèrent d'en faire partie ordinairement; mais ils vinrent encore y siéger dans des circonstances graves où le tribunal ordinaire ne pouvait prononcer seul.

Quand la cour de parlement se fut arrogé une influence politique, qu'un corps quelconque devait nécessairement exercer en France , pour balancer l'autorité royale , il arriva que ces séances extraordinaires changèrent d'objet , et qu'elles furent particulièrement destinées à faire fléchir l'opposition des magistrats devant l'appareil imposant de la majesté royale; mais le nom même de iits de justice, qu'elles conservèrent, put rappeler leur destination primitive.

Les lits de justice furent souvent un puissant moyen de braver le vœu public , et de mépriser les conseils des sages. Ce fvit une institution fatale, en ce qu'elle annihilait le principe fondamental de la constitution, et fondait le gouvernement absolu. Ce fut un des ressorts les plus ordinaires de l'inexpérience et de la faiblesse des ministres.

Charles-le-Sage, surtout, établit l'usage des lits de justice, où la nation , qui n'avait vu naître que des troubles de la fréquente formation des états ^ sous le règne précédent , croyait trouver une image suffisante de ces assemblées fameuses, et où le politique monarque était en même temps beaucoup plus sûr de faire adopter ses vœux sans recourir à la violence. Mais arrêtons-nous sur le règne du roi Jean.

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