‹ Collection des constitutionsChapitre 4 sur 169 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

but que nous nous sommes propose' ^ s'il offrait tes mo-^ numens de la législation entièrement isolés de Fliistoire des peuples. Comme nous lavons déjà dit, la plupart des historiens, en retraçant les événemens, ont négligé de les montrer dans leurs rapports avec les institutions , ou ils ne l'ont fait que d une manière insuffisante : cependant c'est peut-être sous ce point de vue que fliisfoire mérite le plus d'être étudiée. Ainsi , sur chaque fait, on doit surtout remarquer quelle a été son influence sur la forme du gouvernement , et, réciproquement , en quoi la forme du gouvernement a influé sur les faits; il faut enfin considérer les évé-^ nemens et les institutions politiques tour-à-tour comme causes et comme effets les uns à l'égard des autres. Nous savons d'ailleurs que pour bien apprécier les institutions d'un peuple^ il faut connaître leur origine, les modifications successives quelles ont éprouvées, les circonstances dans lesquelles elles ont été élevées, et avoir des notions exactes sur les moeurs^, les usages , les habitudes et le caractère national de chaque peuple. Dès-lors nous avons cherché à retracer, dans des précis historiques placés en tête de la constitution de chaque peuple, les diverses révolutions qu'ont éprouvées ses lois et la forme de son gouvernement. Ce travail en suppose un autre qui d'ailleurs était indispensable : c'est celui de rechercher et de recueillir les règles fondamentales, les usages constitutifs , consacrés par le temps et les moeurs des peuples^ qui ont servi de bases aux lois positives, aux institutions actuelles, et qui même en ont tenu lieu pendant long-temps chez plusieurs nations :

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usages qui formaient ce qu'on peut appeler la constitution non écrite y et qui étaient en droit politique à peu près ce qu étaient dans le droit ciM nos anciennes coutumes. Pour présenter le résultat de nos recherches, sur ce point, d'une manière plus frappante et qui en fit mieux apprécier l'ensemble , nous avons rédigé cette constitution non écrite y en la divisant par articles, en ayant soin d'indiquer toujours un grand nombre d'autorités, et en conservant les expressions consacrées par l'usage, par les lois ou par les auteurs anciens.

Jusqu'ici cette manière de présenter les règles fondamentales de chaque État n'a point encore été employée : elle épargne les recherches ; elle donne un résultat positif, et facilite la solution des points controversés, en rapprochant les opinions différentes. Cette partie de notre travail mérite peut-être quelque attention; car, ainsi que l'a dit un ancien : «Les lois qui » sont imprimées dans les moeurs du peuple ont bien yy plus d'autorité , et sont d'une tout autre importance » que les lois écrites (i). »

On doit bien croire que nous avons mis un soin particulier à réunir tous les él émens du droit public de notre pays. Nous avons donné au précis historique relatif à la France un peu d'étendue; et cela devait être ainsi, car le reproche adressé par nous aux historiens en général, s'applique surtout aux historiens français. Nous osons ajouter que nos publicistes ont plutôt écrit des systèmes ingénieux, que montré la vérité sur plusieurs

(i) drist. poi.f liv. III, chap. 17.

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points importans. C'était donc pour nous un devoir de présenter un tableau plus étendu et plus complet des révolutions survenues dans nos institutions politiques^ depuis l'origine de la monarchie jusqu'en 178g, et de bien indiquer l'état des choses à cette époque si mémorable.

On a dit (c que les savantes recherches sur le droit » public ne sont souvent que l'histoire des anciens » abus , et qu'on s'est entêté mal à propos quand on » s'est donné la peine de les trop étudier (1). » Si nous avons bien fait entendre notre pensée , on sentira que ce reproche ne peut nous atteindre. En effet, nous avons voulu présenter l'histoire des anciennes institutions, pour que Ton pût , en les étudiant , et en voyant leurs effets, juger en quoi elles doivent être suivies , modifiées ou détruites. Le publiciste doit connaître les vices et les abus qui se glissent dans le corps politique, comme le médecin doit connaître les maladies qui attaquent le corps humain.

En résumé , l'ouvrage que nous publions donne aux législateurs et aux publicistes un moyen prompt et facile de bien connaître , de rapprocher et de comparer les institutions politiques de toutes les nations civilisées ; il offre à toutes les classes de citoyens l'histoire de leurs libertés et les titres authentiques de leurs droits; enfin ^ il est en quelque sorte le dépôt des actes sur lesquels est fondée leur existence politique. C'est maintenant à chacun d'apprécier l'intérêt , l'utilité du livre, et les intentions des auteurs.

( 1 ) Traité des intérêts de ia France avec ses voisins ,. par M. le marquis d'Argenson.

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