I. Son âge, les difficultés de la situation
Sed, cum jam benignitate Deum id paremus atque agamus, non ut ipsi maneamus in Hispania, sed ne Pœni maneant, uec ut pro ripa lliberi stantes arceamus transitu hostes, sed ut ultro transeamus transferamusque bellum, vereor ne oui vestrum majus id audaciusque consilium quam aut pro memoria cladium nuper acceptarum aut pro setate mea videalur.
— Expliquez, P., et tâchez de rendre, après la gravité émue du préambule, Taccent à la fois modeste et fier de la première partie... La période latine se prête bien à l'expression de la pensée du jeune généi'al : elle lui permet d'énumérer d'abord, sous forme d'incidentes, ses audacieux projets, tout en laissant prévoir qu'il va tenir compte des objections qu'ils soulèvent et des craintes qu'ils peuvent causer... Il est donc indispensable de la rendre exactement, sans coupures, en se conformant au texte de la manière la plus rigoureuse... En revanche, sed a besoin d'être expliqué; j'oserais presque le traduire par une proposition entière : « Et pourtant, j'éprouve une crainte! »
P. — Au moment oîi, grâce à la bienveillance des Dieux, — nous nous préparons, nous commençons déjà,
— non pas seulement à rester nous-mêmes en Espagne,
— mais à en chasser les Carthaginois, — non pas à demeurer sur la rive de l'Èbre — pour leur barrer le passage — mais à le traverser nous-mêmes — pour poi'ter la guerre au delà, — je crains qu'à certains d'entre vous — mon plan n'apparaisse bien ambitieux, bien hardi, — quand
on considère tour à tour ou le souvenir des récents désastres — ou Tàge de votre général.