III. — L'arrivée du cortège funèbre chez Evandre (i89-i5i)j
.1.1 — Bienveillance, humanité... ces mots qui résumen
chacun une quinzaine de vers dans la seconde partie, nou,
ramènent toujours au même leitmotiv : Virgile est à pe
près dans l'étal d'esprit de l'Européen moderne; c'est u
civilisé que les circonstances obligent à se faire une âme di
barbare. Il chante la guerre, alors qu'il n'a dans le cœu
que l'amour de la paix; il décrit d'horribles tueries, alor
qu'il ne l'êverait que justice, bonté, respect de la vi
humaine —
J. — Pourtant, il raconte sans douleur qu'Enée destin
au bûcher de Pallas des prisonniers latins : . !
... Cœso sparsuros sanguine flammas. 1
— Hélas 1 il traite son sujet, sans douleur peut-être (c'es si lointain), mais sûrement sans enthousiasme. Nous n retrouvons pas ici l'accent de férocité, au moins passagère si remarquable chez la plupart des héros homériques.
G. — On a même reproché à Virgile et à son héros d manquer de conviction.
— Toujours le même caractère! Infériorité dramatique supériorité morale — Tandis que Virgile a mis toute soi y âme, au contraire, dans d'autres vers. Lesquels?
l'humanité dans la poésie de VIRGILE 3oi
De K. — La comparaison entre Pallas et la fleur cueillie ar une jeune fille,
Qualem virgineo demessum pollice florem, Seu mollis violas, seu languentis hyacinthi...
jrablable à la tendre violette, ou à l'hyacinthe languissante, ui n'a pas encore perdu son éclat et sa beauté; mais la irre maternelle ne la nourrit plus; ses forces ne sont plus jnouvelées...
N. — La douleur d'Acœtes...
P. — Les larmes du cheval Ethon,..
It lacrimans, guttisque humectât grandibus ora. — Frère, à quelque degré qu'ait voulu la nature!
Cette humanité qui s'étend jusqu'aux bêtes, et que vous irez déjà remarquée dans les Géorgiques, est encore un ait bien moderne.
= Et c'est ce poète, ce savant, ce civilisé qui doit lanter les horreurs de la guerre! Étonnez-vous qu'il l'ait aelque peu desservie, et que les citations qui restent dans )tre mémoire soient justement celles qui nous en rappellent
tristesse!
3* partie : La douleur d'Évandre (v. iSa-iSi).
i — Voyez, en effet, dans le discours d'Evandre, combien
Impression des sentiments nobles ou tendres est naturelle
juste, combien celle de la haine et de la vengeance
raît froide, peu sincère, presque de convention. Dans
me, le poète laisse parler .son cœur, dans l'autre...
•lis lisons d'abord la première :