DE LA DISCIPLINE
Nos visites en Troisième et en Seconde nous ont permis d'insister sur l'intérêt littéraire et moral des études latines. Nous avons tout naturellement négligé le côté disciplinaire ie la classe, puisque dans ces circonstances exceptionaelles nous n'avions pas à y songer : les élèves de mes collègues attendaient avec curiosité notre expérience ; ils ivaient à cœur de nous la faciliter; et dans l'intérêt même le nos comptes rendus, nous ne faisions appel qu'aux lommes de bonne volonté. Mais il ne faut pas oublier le not par lequel s'est terminée notre enquête sur l'enseignenent moyen : la Question du Latin, sans doute, est une juestion de méthode, de méthode grammaticale et de néthode littéraire, de raisonnement et de goût; mais elle
st, en même temps, une question de discipline, de disci- )line dans le caractère et de discipline dans le travail;
initiative des élèves a besoin d'être soutenue par la force,
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Stimulée par la vigilance, et constamment contrôlée. Il me reste donc à jouer ce rôle ingrat dans ma propre classe, une division de Première AB. Le lecteur voudra bien, après avoir vu dans la personne de mes deux collègues le côté le plus aimable du professeur moderne, considérer avec indulgence l'autre côté, le plus austère, dans la personne soucieuse du professeur de Première * !
La Première, actuellement, est un terrain de choix pour l'observateur qui cherche à juger par leurs conséquences les principes sur lesquels repose l'enseignement traditionnel; elle Test, particulièrement, dans les divisions A et B d'un lycée scientifique-, où les neuf dixièmes des meilleurs élèves au sortir de la Troisième optent pour la division C (latin-sciences) ; la section A (latin-grec) s'y trouve parfois réduite à quelques unités, et si l'on rencontre dans la section B (latin-langues), avec des natures distinguées, de consciencieux travailleurs, ce ne sont, en général, ni la passion de la science, ni un amour immodéré de l'étude, qui détournent des mathématiques vers les langues vivantes la majorité de ces élèves. La classe qui m'était
1. J'ai à peine besoin de dire que mes six collègues attachent, comme moi, à la discipline une importance capitale : le lecteur a pu s'en apercevoir, d'après le simple compte rendu de leurs classes, e\ deviner les bonnes, les solides habitudes qui seules rendent possibles de telles relations (à la fois cordiales et correctes) entre le maître el ses élèves. Ce n'est pas que nous aimiions à passer pour des « disciplinaires » ! Les punitions restent toujours, chez nous, infinimen' rares, et il nous est même arrivé, avec certaines générations biei dressées, de demeurer une année entière sans punir. Mais nous vou Ions que les sanctions apparaissent toujours possibles, qu'elles soient en principe, sévères, impitoyables, et s'abattent promptement su: les révoltés ; nous voulons que chaque élève sache la classe effica cément protégée contre le désordre et perde jusqu'à la pensée d nuire à l'intérêt public. Nous prendrions volontiers pour maxim cette pensée de La Rochefoucauld : « Nul ne mérite d'être loué d sa bonté s'il n'a pas la force d'être méchant. » Et cela n'est pa toujoursune banalité!
2. Les fils d'officiers de l'artillerie et du génie forment, à Veraaille! une partie importante de l'effectif. Ce sont, en général, d'excelleni élèves de sciences. La classe de Mathématiques spéciales a chaqu année de grands succès à l'Ecole Polytechnique.
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échue en igia-igiS se trouvait particulièrement anémique, alors que la section G souffrait de son habituelle pléthore : 23 élèves seulement s'étaient fait inscrire, dont 4 pour la section A; à peine retrouvait-on parmi eux deux ou trois noms ayant figuré en Troisième dans les derniers accessits ; tous les lauréats, au seuil de la Seconde, avaient pris la voie scientifique. En revanche, nous avions conservé, par une charité peut-être excessive, certains éléments que le président Roosevelt eût qualifiés du terme que l'on connaît. Jamais je n'eus à déplorer davantage la bifurcation rétablie en 1902, qui condamne les uns à faire un peu trop de sciences et prive les autres de cette partie capitale de l'éducation ^ Plus que jamais il était nécessaire de l'appeler aux élèves qu'on ne fait rien sans un minimum d'ordre et d'autorité et de les soumettre, au moins dans le travail intellectuel, à une exacte discipline.
C'est ce que je m'empressai de leur dire en substance au moment d'aborder avec eux la lecture des Lettres de Cicéron.
. Les conférences supplémentaires de mathématiques, établies en Première AB depuis quelques années, n'ont pas résolu la question : loin de là. Elles surchargent les bons élèves d'une manière désolante et restent, bien entendu, lettre morte pour les autres. — Quant à la physique, chose presque incroyable, il n'en est pas question avant la Philosophie !
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