I. — INDICATIONS PRÉLIMINAIRES
Pour aborder cette étude dans de bonnes conditions, la plupart des professeurs ont l'habitude de donner un résumé historique sur l'auteur et sur l'œuvre, et d'indiquer un livre moderne, plus ou moins récemment écrit sur la question. Nous n'avons eu qu'à suivre sur ce point leur excellente tradition, mais en insistant un peu plus qu'on ne le fait d'ordinaire sur la manière dont ces indications doivent être enregistrées et conservées. Si nous suppri-
surtout pour vérifier et confirmer la connaissance générale qu'il possède de la langue... Celui-ci sera guidé par une sorte d'instinct qui le préservera de certaines erreurs. Or, cet instinct ne s'acquiert que par des lectures fréquentes et attentives. Eu d'autres termes, il est le fruit du travail personnel, complément indispensable des corrections de travaux faites en conférence. Et même dans les cours, il ne faut pas croire que la préparation la plus utile à l'examen soit celle qui semble s'y rapporter le plus directement : une explication de texte, qui fait pénétrer profondément dans le génie d'une langue et d'un écrivain, vaut plus que des exercices écrits auxquels manquent l'élément et le soutien qui leur sont nécessaires, je veux dire la culture préalable qui seule permet de s'en bien tirer...
... J'insiste d'autant plus, mes chers amis, sur cette nécessité du travail personnel que beaucoup d'entre vous seront éloignés plus ou moins longtemps de la Faculté par les nécessités patriotiques du service militaire. Si vous ne concevez la préparation aux examens supérieurs que sous la forme la plus directe, vous souffrirez de cet éloignenient. Si vous savez comprendre, au contraire, que la lecture, la réflexion, la maturité de l'esprit développée par le contact de la vie sont les éléments essentiels du progrès intellectuel, vous concilierez sans trop de peine les intérêts de votre future carrière avec les besoins du pays, et vous serez d'excellents agrégés après avoir été de bons serviteurs de la France. »
[Le Temps, 8 novembre 191 3.)
Je sais bien que nous nous adressons à des élèves, non à des étudiants; mais il est très facile d'organiser dans la classe ces « grandes lectures » de telle manière qu'elles excitent la curiosité des jeunes gens sans. les laisser livrés à leur inexpérience. C'est dans cet esprit, répondant d'avance aux vœux de M. Croiset, que nous avons subordonné tous les exercices d'un trimestre à l'étude réfléchie des Lettrée de Cicéron. Nous aussi, nous voulons qu'une « culture préalable » soit l'élément primordial du « progrès intellectuel ».
l'étude d'un auteur 3i7
nions, en effet, le cahier de textes traditionnel, nous ne faisons pas fi, loin de là, des instruments de travail matériel; le lecteur a vu, d'après les cahiers de vocabulaire et de syntaxe, l'importance extrême que nous y attachons. Aussi ne pouvons-nous trop recommander aux élèves de se procurer un solide carton, un peu plus grand que les feuilles de grandes copies ordinaires, et d'y conserver, dans des chemises, leurs notes prises sur feuilles volantes. Toute note prise sur un cahier est perdue pour l'avenir. La feuille volante seule, pourvu qu'elle soit d'un bon format, et que la note y figure sous forme de plan très clair, a chance d'être retrouvée, revue et complétée ^ Aussi est-ce sous cette forme que nous rédigeâmes les deux notes suivantes :
l""^ note : Ce qu'il faut se rappeler pour comprendre les Lettres de Cicéron.