PLAN D'UNE CLASSE A REFAIRE
C'est un fait bien connu de tous les professeurs, quand Is ont acquis un peu d'expérience, qu'une classe gagne à hre plusieurs fois refaite, à quelques années de distance. Sans doute, il serait mauvais d'expliquer dix ans de suite, îhaque année, les mêmes pages; rien n'encouragerait lavantage la paresse d'esprit ; rien ne serait plus déprinant, plus contraire à une bonne hygiène intellectuelle ju'une pareille monotonie. Mais il est excellent, il est jresque nécessaire de revenir deux ou trois fois sur les nêmes textes, en profitant pour les explications postérieures les observations faites avec les générations précédentes. Il aut voir les élèves à l'œuvre pour se faire une idée des autes qu'ils commettent! Tel passage, qui nous semble impie, leur paraît hérissé d'obstacles. Tel autre, qui nous onne des craintes, passe sans trop d'accidents. A plus orte raison quand il s'agit de savoir leurs goûts et leurs (références. Que de fois ne nous arrive-t-il pas de venir en lasse pleins de confiance, convaincus que la prépai'ation a emblé intéressante, et de sortir mécontents de nouslêmes, désenchantés par l'expérience! Que de fois, en evanche, des textes sur lesquels nous ne comptions pas, nt « rendu » bien au delà de nos espérances... Si j'avais
recommencer ma carrière, je prendrais des notes chaque 3ur sur l'accueil fait par les élèves au texte d'explication.
et j'en tirerais chaque fois un plan de travail pour l'année suivante... « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait I » C'est quand on a dépassé le milieu de sa course qu'on voit ce qu'il aurait fallu faire! Essayons, du moins, puisque l'occasion se présente, d'appliquer ce procédé à la lettre de Matins. Notre classe de igi3 n'avait pas été trop décevante, et le compte rendu pourrait, à la rigueur, en être publié tel que je l'ai sous les yeux; mais celle que j'espère faire en 1914 bénéficiera de l'expérience acquise dans ce premier essai; tâchons d'en tirer le plan de l'explication future.