Etiam, dans quam etiam nascentem studui... tradii
par l'expression « que dis-je ? » (Principe : L'équivalent véritable est souvent, en apparence, très éloigné du latin.)
3, Le sens àlionos, que l'élève E. avait traduit par « rhonneur ». (Principe : Le mot français venu du mot latin est rarement celui qui convient.)
4- Le sens d'immoderate sunt abusif que le même élève traduisait : « ont abusé d'une manière abusive » I La classe, interrogée, est remontée au sens de modestia, qualité de l'homme qui a de la mesure {inodus); et nous en avons tiré la traduction ci-dessus. (Principe : Le vrai sens français se trouve beaucoup plus souvent conforme au sens primitif du terme latin.)
5. Cujus beneficio, traduit maladroitement : « par le bienfait de laquelle ». Nous avons cherché ce que dirait aujourd'hui un Latin dans le même cas, s'il s'exprimait en français... Par exemple : « Mon voisin a bavardé en classe; je lui ai répondu ; il m'a fait punir. jEj'us beneficio, je serai jeudi en retenue... » Toute la classe a traduit : ejus beneficio fpar « grâce à lui ! » C'était l'expression convenable : « grâce à laquelle ». (Principe : Il faut chercher ce que dirait l'auteur latin s'il s'exprimait aujourd'hui en français dans des circonstances analogues.)
6. Salus traduit, comme de juste, par « salut »... Un bon élève a proposé : « comme s'il s'était agi de ma propre vie » ; ce qui était beaucoup mieux. Nous avons cru pouvoir aller plus loin encore, salus étant un mot plus général que vie... Il s'agit, pour Matins, de ses biens, de sa réputation, de tout ce qui concerne sa personne, bref, de ce que aous exprimons par le pronom personnel : « comme s'il s'était agi de moi-même! » (Extrêmes conséquences de ce principe, un peu dangereuses si l'on était habituellement lussi hardi, mais utiles à montrer de temps en temps, pour bien faire comprendre l'esprit d'une bonne traduction.)
Extrait du compte rendu.
— Ici il est d'autant plus nécessaire de parler la langue noderne que toutes ces choses sont d'une modernité, d'une ictualité criante; étant éternellement classiques, elles res-
tent vraies au xx^ siècle, comme au xix*, comme au xyiii», comme au i^"", et toujours. Car de la politique et du monde politique, on peut dire particulièrement que « plus ça change ici-bas, et plus c'est toujours la même chose ». — Un ambitieux traîne après lui tout un cortège d'intrigants, hommes avides et sans scrupules qui forment sa « cohorte » et le servent en le compromettant. Naturellement, ils ne sont jamais une élite professionnelle, n'ayant ni le courage, ni la régularité nécessaire pour s'attacher à un métier et le connaître ; ils sont encore moins une élite morale, étant bien décidés à arriver coûte que coûte, grâce au « patron », aux dépens, précisément, des travailleurs consciencieux qui se sont attelés à une besogne régulière. La justice leur apparaît comme une vieille guitare ; et la faveur est la grande divinité de ces gens-là. César en traînait des douzaines à sa suite; Cicéron en parle dans une lettre bien spirituelle que nous avons dû laisser de côté; il en a peur comme de bandits. « Quel entourage que le sien, bons DieuxM Comme vous les avez bien nommés « la bande infernale » ! Quel nid de brigands! » Tel était le cortège de César! — Et voilà le i"^'" acte de la comédie. — César devient le maître : le clan s'installe au pouvoir; il se gorge de places etd'ar-i gent... Vous le croyez satisfait? Vous le connaissez mal Lisez plutôt dans le livre de G. Boissier. .. ^
N. — L'histoire de Cselius ! ^
— A peine récompensé, Caelius s'indigne; il trouve la récompense dérisoire; et alors, que fait-il?
N. — Il se révolte, pendant que César est occupé ail leurs.
— Touchante reconnaissance I Les autres ne sont pas allés jusqu'à la révolte ouverte, mais ils ne cessaient de fatiguer le maître de leurs réclamations... En même tempi le spectacle de leur insolente fortune attirait à César haine jalouse de ceux qui n'avaient pas pu prendre pari la curée... Le grand homme était doublement puni de s'êti
I. 0 Dii, qui comitatus! Qua, ut tu soles diccre, v£vtj;a! Inquaera area scelerum!... {Ad Atticum, IX, 18.)
si mal entouré. — Et voilà le i^ acte. Le 3*^ est celui auquel Matius assiste à ce moment même : le « lâchage » . Les uns se cachent, les autres se joignent aux maîtres de Theure, tous renient celui qu'ils ont encensé. Seul, Thonnête homme qui ne lui devait rien, qui n'a jamais rien demandé ni obtenu pour lui-même, reste fidèle à sa mémoire... Continuez, V.
b) Les autres, au contraire, sont d'une injustice égale à leur cynique cupidité.
Possum igitur, qui omnes voluerim incolumes, eum a quo id impetratum est périsse non indignari? cum prœsertim idem homines illi et invidiae et exitio fuerint. « Plecteris ergo », inquiunt, (c quoniam factum nostrum improbare audes ». O superbiam inauditami alios in facinore gloriari, aliis ne dolere quidem impunité licerel At haec etiam servis semper libéra fuerunt, ut timerent, gauderent, dolerent suo potius quam alterius arbitrio : quse nunc, ut quidem isti dictitant libertatis auctores, metu nobis extorquera conantur.
La préparation étant facultative à partir de Possum igitur, nous avons eu à suggérer les remarques plutôt qu'à les attendre. Les bons élèves ont pourtant bien défini, d'eux-mêmes, le sens du subjonctif voluerim {qui ■=. cum ego : proposition causale); ils ont traduit inauditam par « inouï », at par « mais au contraire », et ont trouvé sans trop de peine l'équivalent français de quidem... Mais les questions doivent se faire plus rares à la fin d'une expli-
ation. Il faut profiter de l'élan donné, de l'intérêt pris par la classe aux idées et aux sentiments, pour se laisser,
omme disaient nos pères, « prendre par les entrailles. » Les élèves, à ce moment, sont plus disposés que jamais, suivant le mot de Rollin, « à se prêter au maître »... Ils 3nt trouvé assez facilement les expressions suivantes :
Puis-je donc, — moi qui ai voulu sauver tout le monde, — le pas m'indigner de voir périr celui — de qui j'avais obtenu îes grâces — alors surtout que ces mêmes hommes ont attiré mr lui la haine et provoqué sa mort. — « Eh bien! tu la laieras, disent-ils, — puisque tu oses blâmer notre action! » — Insolence inouïe ! — Et pourtant, les esclaves eux-mêmes —
35o EN PREMIÈRE
n"ont-ils pas toujours été libres — d'éprouver crainte, joie el douleur — suivant leurs impressions, — non sur Tordre d'autrui? — Cest ce droit que veulent nous enlever pari l'intimidation — ces hommes qui osent se dire les vengeurs daj la liberté. ■
c) Ils ne lui feront pas oublier son devoir.
Sed nihil agunt. Nullius umquam periculi terroribus ab officio aut ab humanitate desciscam. Numquam enim honestain mortem fugiendam, saepe etiam oppetendam putavi.
« Mais ils perdent leur temps. — Jamais la crainte d'aucun danger — ne me fera oublier mes devoirs d'homme et d'ami. — J'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas fuir une mort honorable, — et que souvent même on doit la chercher. »
Extrait du compte rendu.
— Le reste de la lettre est intéressant encore. Pourtant, Matius entre dans des détails sur ses récentes démarches, qui ne nous apprennent rien de plus que ce qu'il a si bien dit jusqu'ici. Je ne vois guère qu'âme idée qu'il n'ait pas exprimée avec autant de force, de at debeo, à Non faciam. Expliquez ce dernier passage, B.
B. — At, mais, disent-ils encore — debeo pro civih parte, je dois, comme citoyen — velle rem publicam esst saU'am, vouloir le salut de la république.
— C'est le grand reproche toujours adressé par les violents aux modérés ! Le salut de la république, la raisor d'Etat rais au-dessus de la justice et de l'humanité ! Comme s'il pouvait 5'^ avoir un intérêt public opposé à la justice une raison d'Etat exigeant une cruauté impitoyable!
B. — Me quidem id cupere...
— Quidem est très important, comme toutes les transi tions qui marquent en latin les articulations du discours Quel est le sentiment rendu par quidem, « à la vérité » Quelle est la suite des idées?
B. — Certainement... certes... si vous placez la discus sion sur ce terrain, je ne suis pas suspect, je suis ui patriote, un bon républicain...
— Ce que j'oserais rendre surtout par une exclamation en insistant sur id : ^
« Que je veuille le salut de la république? — Si toute ma ie passée, si ce qu'on peut attendre de mon caractère — e le montrent pas suffisamment, sans que j'aie besoin de dire, — je renonce à le prouver, certes, par des aroles '... »
Et c'est bien ainsi que répondent les idéalistes, les
lodéi'és, ceux qui, forts de convictions profondes,
édaignent les grands mots, les proclamations tapageuses,
; se contentent de rappeler leurs actes pour prouver
ur patriotisme. Ceux-là ont toujours contre eux les fana-
^ues de tout bord, courtisans de César ou flatteurs de
rutus ; ils défendent la république lorsqu'ils la voient
enacée; ils essaient de l'assagir quand ils ci^aignent de la
)ir abuser de son triomphe; ils sont toujours à la peine
rarement à l'honneur ; ils deviennent de bonne heure un
u désabusés, et se retirent comme Matins loin des partis
li les rejettent : mihi quidem si optata contingent, quod
liquum est vitx in otio Rhodi dega?n. — Noble jst fière
nduite, moins héroïque, je le sais, que celle de Cicéron
même, qui mourut pour ses principes, mais digne
core d'être louée et proposée en exemple. Jamais vous
idmirerez trop l'indépendance du caractère, la fermeté
3 principes, le culte de la justice joint à celui de Thuma-
é. Et de ces leçons-là, données dans une langue éner-
[ue de juriste et de moraliste, vous en trouvez une à
ique pas dans la belle correspondance du dernier des
mblicains.
At debeo pro virili parte rem publicam velle salvam. Id quidem cupeie, nisi et ante acta vita, et reliqua mea spes, tacente me, bat, dicendo vincere non postulo.