‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 181 sur 219 · C. — Un socialisme évangélique · texte numérisé non relu

C. — Un socialisme évangélique

— Oui, comme celui que j'entendais définir un jour, à Genève, par un pasteur, dans cette cathédrale où l'on conserve encore la chaise de Calvin! » On parle beaucoup, mes frères, de socialisme chrétien.^. Je le veux bien, pourvu qu'on dise, non pas ce que nous entendons trop souvent : « Ce qui est à toi est à moi », mais ce que disaient, eux, les premiers chrétiens : « Ce qui est à moi est à toi ». — Telle est la noble pensée par laquelle Antipater corrige ce qu'il y a de dur, d'âpre, d'inhumain dans la thèse de Diogène... Et cette pensée, qui répond à votre

sentiment, cette pensée douce et humaine a fait, malgré tout, quelque chemin depuis qu'elle fut exprimée dans le De Officiis. « La justice et la charité, dit en substance M. Charles Gide', peuvent être comparées à deux cercles concentriques qui s'agrandissent peu à peu ; le plus petit est celui de la justice, le plus grand celui de la charité. La charité fait des conquêtes sur la barbarie, et la justice englobe les parties les plus anciennes de la charité.,. »| Ne voyons-nous pas, aujourd'hui, soit sous la pression des faibles victorieusement syndiqués, soit par une intelligente générosité d'un patron ou dune compagnie, des contrats où une certaine part est faite à l'humanité, où l'on assui aux humbles « quid lis adsit commoditatis et copiae », les avantages, les ressources qui peuvent leur être procurés! Ainsi le neuf, c'est le vieux, et rien n'est plus modernej quand on sait les lire, que les œuvres des philosophes anciens. Questions de morale privée et publique, morale de l'intérêt et morale du sentiment, devoirs de stricti justice et devoirs de charité, tout est dans le De Officiis...i Il suffit de l'y découvrir.

Ainsi doit être préparé, par une étude approfondie d^ la pensée, le travail de la traduction. Un de mes ami définissait très bien l'explication française en disant qu'elle fait passer le lecteur d'une « connaissance incomplète et diffuse à une connaissance pleine et réfléchie- ». A plus forte raison l'explication latine commence-t-elle par une impression aussi incomplète que diffuse, avant de nous amener à une pleine et entièi'e possession du texte. Il faut avoir examiné, retourné sous toutes ses faces la pensée de Tauteur, il faut nous l'être assimilée avant de la traduire dans notre propre langue. Il faut, en un mot, comme nous l'avons dit tant de fois :

i» Lire et relire Vensemble du texte, et voir quelle idée générale s'en dégage, quel est le vrai sujet de la dissertation ;

a° Diviser le texte en deux, trois ou quatre parties; exa-

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