II. — Les méthodes de travail dans renseignement du latin
Elle le leur a révélé, non par des considérations théoi
ques et abstraites, mais par les méthodes mêmes qu'elle a mises entre leurs mains. S'étant inspirée, pour les établir, de ces deux notions essentielles, elle en a fait comme le symbole de la méthode rationnelle ; et les procédés qui servent à apprendre le latin apparaissent comme les instruments nécessaires de tout travail intellectuel.
Unité dans l'étude du vocabulaire et de la syntaxe, continuité dans le travail, qui permet de les reviser sans cesse, ces deux principes sont d'abord présentés aux élèves sous la forme matérielle de nos cahiers, cahier de vocabulaire et cahier de syntaxe. Les élèves de Sixième et de Cinquième ont très bien vu l'importance de ces instruments de travail fabriqués par eux-mêmes ^ ; sachant déjà ce qu'était une famille de mots, une règle de syntaxe^, ils ont saisi avec empressement ce moyen de classer et de fixer leurs connaissances; ils ont parfaitement compris le but de notre méthode, qui est de rattacher le pi'ésent au passé, pour préparer l'avenir; ils en ont saisi la lettre et l'esprit. Ceux d'entre eux qui, plus tard, apprendront l'anglais comme deuxième langue avec M. Veslot, reconnaîtront dans son cahier de syntaxe le frère jumeau du cahier Géant, et appliqueront au vocabulaire britannique exactement la même méthode qu'au vocabulaire latin... « Vous réinventez la méthode directe, me disait mon collègue d'anglais, en lisant nos comptes rendus de Sixième. » Tout professeur qui veut faire, par des procédés matériels, l'éducation de la mémoire, est amené, quelle que soit la langue dont il s'occupe, à « réinventer la méthode directe », pour la bonne raison qu'il n'y a pas deux manières de retenir les mots et les tournures ! 11 faut les classer d'abord et les rabâcher ensuite. Le jour où professeurs et pères de famille seront bien convaincus de ce truisme, le jour où des cahiers semblables seront parallèlement tenus à jour, pour le latin et