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Les méthodes d'analyse et de comparaison

A plus forte raison ces méthodes, prises en elles-mêmes, apparaissent-elles identiques, dans toutes les disciplines auxquelles elles doivent s'appliquer. Dans Tétude de toutes les langues, comme dans celle du latin, mais plus particulièrement grâce à l'aide du latin, elles ramènent à deux procédés les opérations de l'esprit :

L'analyse.

Le premier est l'analyse, portant sur la phrase française ou étrangère, sans autre préoccupation que de découvrir les rapports entre les diverses expressions qui la composent, et de définir les « fonctions grammaticales ». Onavu quelle importance mon collègue de Septième attachait à ce procédé, avec quelle facilité des enfants de dix ans à peine, comme le petit M., le petit V., et bien d'autres, se faisaient un jeu de le pratiquer, et quel instrument de précision ils se trouvaient ainsi posséder dès le début de leurs études. On a pu se convaincre, par la suite, que, depuis la première explication du De Viris, en Sixième, jusqu'aux dernières versions données en Première, ce travail d'analyse était, dans toutes les classes, le point de départ de toute étude de texte. Or, si l'on se rappelle que la Méthode directe consiste essentiellement à examiner en elle-même, sans l'intermédiaire de la traduction, la phrase étrangère, on a pu maintes fois constater qu'elle est de tous points d'accord avec la Méthode classique. Définir les fonctions sans se préoccuper du sens; comprendre la structure de la phrase avant de l'interpréter; se plier au génie de la langue avant de la traduire; tel fut toujours le dogme des humanistes, et nos réformateurs ne l'ont pas inventé. Par suite de quels malentendus avons-nous pu voir, après la réforme de 1902, les modernes et les classiques se diviser justement sur le principe qui aurait dû les unir? Quelles exagérations 1

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de la part des uns, quelles méfiances de la part des autres ont amené des discussions comme celles du Musée pédagogique, en février 1909, il importe peu de le rechercher, aujourd'hui que des deux côtés on est sur le point de s'entendre. Attachons-nous, pour notre part, à former nos élèves, dans la classe de latin, à cette sûre discipline; nous ne tarderons pas à la voir s'étendre de proche en proche aux autres parties du travail littéraire. Là encore, le latin aura joué son rôle, en faisant, par le raisonnement, l'éducation de la raison.

La comparaison.

Mais la raison ne suffît pas à tout; et il y a, dans l'étude des langues, une part de sensibilité qui ne relève que du goût. La présence d'esprit, la finesse, le juste sentiment des nuances, la délicatesse de l'oreille sont aussi nécessaires dans la traduction que la logique pouvait l'être dans l'analyse préliminaire. Le lecteur a vu, dès le début, d'après un texte très simple du De Viris ou des Fables de Phèdre, qu'on ne saurait éveiller trop tôt chez les élèves ce besoin d'élégance et de fermeté. « Conservez le mouvement de la phrase latine!... — Traduisez le texte expression par expression! — Trouvez l'équivalent raodei'nel... — Faites parler Tite-Live, Virgile, Gicéron, précisément dans les termes qu'ils choisiraient aujourd'hui!... » — Que de fois avons-nous, mes collègues et moi, répété ces recommandations ! Que de fois nos meilleurs élèves nous ont fait le plaisir de les suivre! Identité des mouvements^ équivalence des expressions, tel est le double principe auquel un traducteur doit se conformer. Par quelle comparaison assidue entre les deux langues, par quelle juste appréciation des tours, des idées et des images particulières à chacune d'elles, on arrive à mouler ainsi la phrase française sur la phrase étrangère, c'est ce que la lecture des auteurs permettra seule d'apprendre à nos jeunes latinistes. Aussi avons-nous toujours, dans toutes les classes, insisté sur l'explication. Nous n'avons pu, naturellement, que donner des spécimens de la méthode suivie, sans avoir la préten-

tien de prévoir tous les cas possibles, ni même de résoudra le plus grand nombre des difficultés de détail. Nous espé rons, pourtant, avoir choisi nos exemples de telle sort qu'ils rendent facile aux pères de famille (même s'ils sont depuis de trop longues années « brouillés avec le latin » la lecture de texte analogues d'après des procédés sem blables. Ils pourront s'aider au besoin de quelques bonne traductions (malheureusement un peu rares), que no meilleurs humanistes n'ont pas dédaigné d'écrire : Burnouf, Groiset, Villemain les aideront à reprendre langue? avec les auteurs latins, précisément dans l'esprit que nous leur recommandons. Ils n'auront qu'à diriger ensuite leurs fils dans la même voie, pour compléter (causeries charmantes I), sur ces vieux textes rajeunis, l'éducation de la raison par l'éducation du goût.

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