‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 35 sur 219 · Le concours de thème · texte numérisé non relu

Le concours de thème

Les élèves ont simplement sous les yeux le texte français. Les premiers traduisent chacun une phrase, avec la plus rande sûreté. Même correction chez les suivants, malgré srtaines hésitations. -

Mais personne ne tombe. C'est trop bien! « Nous allons, dit mon collègue, employer un procédé us difficile. Chacun va venir devant le tableau, face à la asse, et traduire le thème entier. »

Le premier, B., ï'econstitue à haute voix, les yeux sur texte français, le corrigé du thème entier. Il n'a pas une îfailîance; il ne « récite » pas, il traduit; et la facilité, jurtant, est aussi grande que s'il s'agissait d'un morceau )pris par cœur.

Malheureusement, tout a une fin, même et surtout la asse d'une heure! La cloche sonne au moment où le icond, Bl., s'avance bravement au tableau.

— Voilà l'heure de la récréation de cinq minutes. Voulez- )us sortir, comme d'ordinaire, ou, exceptionnellement, )ntinuer le concours?

Tous. — Le concours! le concours!

= Malheureusement, je suis obligé d'aller pi'endre ma

8o l'exseigneiMent élémentaire

récréation au grand lycée. On m'attend, en Première, pouj un autre concours, un concours de contresens des plul remarquables. Nous devons corriger une version de Tite Live tout à fait extraordinaire : quelque chose de soignél

— Dans ces conditions, nous lèverons la séance. Le concours se terminera à la prochaine classe.

Sortons !

Je n'avais pas à féliciter mon collègue et mon ami; mais je ne pouvais assez me réjouir de voir combien sa méthode orale '■ l'emportait sur les anciens procédés. Un enfant auquel je m'intéresse a dû passer, il y a quelques années, toute sa Sixième à faire paj' écrit ces fastidieuses analyse^ grammaticales. Chaque devoir (et il était quotidien) occupait trois pages ! Trois pages de colonnes, de mot à mot e; bâtons et d'analyse grammaticale!... L'enfant mettait to les soirs deux heures à les écrire. Sa famille enrageait Ici, vingt-cinq minutes de correction orale gravaient ce formules nécessaires dans la mémoire :

1° par l'oreille; par la simple répétition mécanique...

2° par la malice, le désir de prendre en faute le camarade interrogé...

3° par la crainte d'être soi-même convaincu d'inattention... (On a vu combien le contrôle s'exerçait efficacement!)

4° enfin, surtout dans les concours, par le plaisir du jeu! Si bien que toute la classe s'écriait, lorsque la cloche venait nous interrompre en plein concours : « Continuons! Continuons quand même! Plutôt le concours que la récréation! » — Certes, l'écriture est bonne et utile; le cahier dt vocabulaire est indispensable, et je réclame des tableaux. Mais trop souvent on abuse de l'écriture là oîi elle n'a quf faire et on ne l'emploie pas là où elle serait nécessaire. Ces' véritablement la méthode à l'envers... 11 serait pourtan bien simple de faire comme le roi Dagobert, d'imiter s; simplicité, sa promptitude, sa bonne humeur... et de « lî remettre à l'endroit » 1

I. Jamais M. Weil ne donne à faire une analyse écrite, et l'on i va que M. Bouillot n'en demande qu'à de rares intervalles.

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