LOUE
muler en lui-même un corps cristallisable (3, 4) facilement soluble dans le chloroforme, appelé «€ Corps Y », de formule brute (C,H,0,). C’est un polymère de l'acide crotonique qui redonne cet acide et de l'acide ÿ-hydroxybutyrique par hydrolyse alcaline.
Le corps Y qui forme jusqu’à 26 p. 100 du poids sec des bacilles M peut être considéré comme une matière de réserve assimilable. Sa désintégration biologique libère de l'acide f-hydroxybutyrique que M. Lemoigne a isolé presque à l’état pur dans les liquides d’autolysat des bacilles M. Cet acide est optiquement acüf et dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière comme celui que l’on isole à parür de l'urine. L’autolyse se produit lorsque les corps bactériens sont mis en émulsion dans l’eau à la température des réactions biologiques. À 30°, elle dure plusieurs Jours.
Une même origine et l’interdépendance des corps cétoniques ne fait aucun doute. Si l’on a soutenu que le précurseur de l’acide &-hydroxybutyrique était uniquement l’acide butyrique qui s’oxyderait en @ suivant la règle de Knoop, on a vu que les corps céloniques ont aussi formés à partir des composés à deux et trois atomes de carbone comme cela fut d’abord démontré avec le foie par les travaux de Embden et de son école.
Embden et Oppenheimer (5) montrent que la perfusion du foie avec l'acide pyruvique donne une äugmentation de la formation d’acide acétylacétique. Annau (6) et Edson (7) travaillant avec du foie en coupes ou haché confirment ce résultat. Loeb (8) dans les laboratoires de Embden montre que l'acide acétique accroît la proportion d’acide acétylacétique dans le foie, effet qui est prononcé selon Friedmann (9) dans le foie des animaux en état d’inanition. Weil-Malherbe (10) rapporte la formation d'acide acétylacétique à partir de l'acide pyruvique dans le tissu cérébral.
Dans le foie se trouve une diastase isolée par Dakin et Wakeman (11) transformant l'acide 6-hydroxybutyrique en acide acétyl acétique. Plus récemment Green, Dewan, Leloir (12) ont préparé
rement à ce qui se produit avec la plupart des bacilles sporulés, en milieu fortement acide. Aérobie strict, le bacille M ne forme pas de voile, üil pousse très mal dans les milieux liquides. Au contraire, dans les milieux solides, en surface, il donne des cultures extrêmement abondantes.
(3) LeMoiïcnr, Bull, Soc. Ch. biol., 1926, 8, 770.
(4) LEMOIGNE, ces Annales, 1927, 41, 148.
(5) EmBnen et OrrEnnermEr, Bioch. Z., 1913, 55, 535.
(6), Annau, Hopp. Seul. Z., 1934, 224, ]41.
(7) Epson, Bioch. J., 1935, 29, 2082.
(8) Lots, Bioch. Z., 1912, 47, 118.
(9) FRixpMans, Bioch. Z., 1913, 55, 436.
(0) Werr-Marnerer, d. Soc. Chem. Ind. Lond., 1936, 55, S38.
(1) Wakeman et DaxiN, J: Biol. Chem., 1909, 6, 373.
(2) GREEN, DÉwan, LELoir,, Bioch, J:, 1937, 34, 934.
NS
cette déshydrogénase à partir du muscle cardiaque et ont montré que le coenzyme 1 (nucléotide diphosphopyridinique) était un complément nécessaire. Mais le Clostridium acetobutylicum, qui est capable de décarboxyler l'acide acétylacétique [Johnson, Peterson, Fred (13)] pour donner de l’acétone, est inactif vis-à-vis de l’acide B-hydroxybutyrique.
Ecrire des formules et schématiser par des réactions les transformations qui se produisent dans la matière vivante est certes plus aisé que d’en démontrer l’existence et d’en dominer le mécanisme. Les hypothèses sont néanmoins nécessaires pour diriger les investigations.
L'origine aldolique de l'acide B-hydroxybutyrique (l’alecol subissant une réaction de Cannizzaro suivant le schéma ci-dessous), se heurte à de sérieuses objections.
CH, — CHOH — CH, — CHO )# 6 CH, — CHOH — CH, — CH,OH CH, — CHOH — CH, — CO,H réduction | oxydation
Y CH. LCR, CH) = CHLOH V CH2-C0 CH, = COH