‹ Contribution à l'étude de la fermentation β-hydroxybutyriqueChapitre 6 sur 36 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Considérations sur le mécanisme des fermentations.

Avant d'aborder l'étude expérimentale, nous croyons nécessaire de donner un bref aperçu de nos connaissances actuelles sur le mécanisme des fermentauons, afin de placer nos recherches dans le cadre de ces conceptions. Nous insisterons particulièrement sur les découvertes récentes qui nous ouvrent des horizons nouveaux dont nous aurons à faire état et nous préciserons les théories qui sont susceptibles de se raltacher à la glycolyse qui nous intéresse.

Toutefois, parler de glycolyse n’est pas encore très exact. Toute dégradation biologique du glucose n'existe pas en soi el pour soi, elle est couplée à la vie du ferment. Ce que Pasteur avait nellement mis en évidence dans la phrase célèbre : « La fermentation est la vie sans air ». Sera donc incomplet tout schéma de glycolyse où il ne sera pas fait menton de la contribution que celle dégradation apporte à la vie de la cellule, c’està-dire à sa reproduction ou à son travail. Transposant cette notion sur le plan thermodynamique, nous dirons que lénèrgie uulisable qui disparaît dans cette opération n’est pas intégralement dégradée en chaleur, mais une partie doit nécessairement être utilisée pour des synthèses chimiques ou des travaux mécaniques. Aujourd'hui il paraït logique de supposer que celte énergie libre s’accumule et se transporte à laide des composés phosphorylés, l'acide créatine phosphorique serait un de ces composés dont la simple hydrolyse provoquerait la contraction musculaire.

En ce qui nous concerne, nous ferons absiraction de ce point de vue qui complique encore le problème et nous ne considérerons celle remarque que comme une parenthèse afin de dégager le terrain sur lequel nous nous placerons : celui des étapes de dégradation du glucose.

La découverte de l’hexosediphosphate par Harden et Young à

RG RE

commencé à faire entrevoir qu'il existait entre le glucose et l'alcool, toute une série de composés intermédiaires jusque-là ignorés. Ces composés se transforment les uns dans les autres, parfois d’une manière réversible.

Nous voulons seulement mentionner les principes et les méthodes qui se sont révélés féconds dans ce domaine et qui peuvent être considérés comme des points de départ et des modèles pour ce genre de recherches.

Ce qu’il faut avoir dans l’esprit en abordant ces éludes, c’est que la glycolyse est une cascade de réactions enzymatiques, réactions distinctes les unes des autres par leur vitesse, leurs conditions de réalisation. À premier examen, on ne saisit que les produits finaux, mais il est possible d’en saisir d’autres intermédiaires par les moyens suivants :

C’est, premièrement, la comparaison des divers systèmes. Utilise-t-on un organisme tout entier, un organe particulier, une purée d’organe, un extrait obtenu par broyage, des cellules, des bactéries, un suc de macération ; chacune de ces préparations aux origines bien différentes est un complexe de ferments, mais sous cette diversité d'apparence se cache l’unité, harmonie qui règne au seim de la nature. Les mêmes ferments se retrouvent partout et nous sommes sûrs qu’en étudiant un processus, on étudie l’autre voisin.

Les organismes supérieurs sont le produit d’une longue évoluüon sélective, ils peuvent être considérés comme une harmonieuse synthèse de tous les êtres inférieurs et les phénomènes y seront forcément plus complexes. |

On nous objectera toutefois que les tissus se prêtent bien à la consütution d'extraits où les enzymes passent facilement dans le milieu, alors que seule la levure de bière est capable de donner un suc de macération provoquant la fermentation alcoolique. Mais ce n’est là qu'un mirage. Toutes les enzymes ne sont pas solubles dans l’eau. Il y a des réactions biologiques qui ne peuvent se produire qu'en présence de matériaux organisés et c'est ce qui explique les insuccès pour produire des extraits bactériens. Warburg avait déjà attiré l'attention sur les € Atmungskôrper », corpuscules microscopiques de la cellule dont la présence est nécessaire pour observer une respiration.

Banga, Ochoa, Peters (15) signalent que la pyruvate déshydrogenase de l’extrait de cerveau est contenue dans une partie séparable par centrifugation. EL nous-même, sous la direction de M. Meyerhof, avons pu montrer un phénomène analogue. Il n’y a rien d'étonnant à ce que certaines réactions biologiques ne puissent se produire que sur des édifices organisés de la cellule où d’une partie de la cellule. La glycolyse aérobie est une série

(15) BanGa, Ocnox et Peters, Chimie and Industrie, 1939, 58, 470-471.

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