‹ Cours d'algèbre supérieure (volume 4)Chapitre 94 sur 119 · La théorie que nous venons d'exposer s'applique · texte numérisé non relu

La théorie que nous venons d'exposer s'applique

à toutes les fractions rationnelles -~) — (9 et les coefficients

peuvent avoir des valeurs quelconques réelles ou imaginaires. Mais, lorsque ces coefficients sont réels et que parmi les racines de l'équation y ( a:) = o il s'en trouve quelques-unes qui sont imaginaires, l'expression de la

fonction réelle -r|— [ est elle-même compliquée d'imagi-

naires. On 8^ cherché à modifier, dans ce cas, la manière d'effectuer la décomposition, et l'on y est parvenu comme nous allons l'indiquer.

224. La possibilité du nouveau mode de décomposition que nous avons en vue résulte du théorème suivant :

Théorème L — Si x^ -\- px -^ q est le produit de deux facteurs imaginaires conjugués du polynôme réelf{x), n la plus haute puissance de ce trinôme qui divise f[x)» en sorte qu'on ait

SECTION II. — chàpithb m. So3

Vf a*]

la fraction réelle et rationnelle -A—r pourra être décomposée en deux parties^ de la manière suivante :

FM ^ P:g-f-Q ^ F^H

P el Q étant des constantes réelles, et F< [x) un polj^ nome réel.

En eiTet on a identiquement

et Ton peut déterminer P et Q de manière que le numérateur de la deuxième partie du second membre soit divisible par x^-^px-^ y, c'est-à-dire de manière que ce numérateur s'annule en remplaçant x par chacune des racines de l'équation

x^ -hpx -h ^ =o.

Soient h -f- A* \l — i et h — kyj — i ces deux racines, et posons

F;/.±X-v/~lj-[P(^ibXV^)-hQ]/,(^±:*v/=^j=:o;

on tirera de là

M et N étant des quantités réelles dont les valeurs sont finies et déterminées, puisque, par hypo thèse, /^i [x) n'est pas divisible par x^-^px-^q. L'équation précédente se décompose dans les deux suivantes :

5o4 COURS d'algèbre supérieure.

lesquelles donnent pour P et Q ces deux valeurs réeUes et finies,

^ N ^ MX~NA

Les valeurs de P et Q étant ainsi déterminées, nous poserons

F| (x) désignant un polynôme réel, et, par suite, on aura

ce qu'il fallait démontrer.

Corollaire. — La Jraction rationnelle t— : pourra se décomposer de la manière suiv^ante :

F(^ ^ P^-hQ ^ Pi-g^ Qi ^

J[x) (x^-i- p.r -^ qj"- [x^ -^px ~h qy*~^ ^ Pn-l-r-4-Qn-l ^ F„(.r)^

P, Q, P<, Qi, . .. désignant des constantes réelles, et Fn{x) un polynôme réel aussi.

• 225. En combinant le théorème précédent avec le théorème analogue démontré aun°2l8, on obtient celui-ci :

Théorème IL — Si l'on décompose le polynôme /(jo) en /acteurs réels du premier et du deuxième degré, en sorte qu'on ait

f[x]=[x-^aY[x—bY...[x'--lY[x^-\-px-^qY...[x'^'^rx^s)'^,

F^r) on pourra décomposer la fraction rationnelle -j — de

SECTION II. — CHAPITRE III. 5o5

la manière suivante :

Li , , Lx i

(x*-f-/?x-f- ^]'* (j:*4-/?a:-|-7)'*-* "* x^-^-px-^q

R^-+-S ^ Ri^r-f-Si , R;„i^-f-S;„«i

(a:» + rx -4- f J"* ( a:* H- ro: -f- .vj "*-* "* j;^ -H tj: -h *

E(x) désignant une partie entière qui peut être nulle, et A, A|, ..., L, L<, ..., P, Q, P|, Qj, ..., R, S, Ro So ..., rfej constantes réelles,

226. Théorème III . — Une fraction rationnelle n'est décomposable que d'une seule manière en fractions simples de la forme qu'on vient de considérer.

Soient deux valeurs d'une même fraction rationnelle

— ^ — -» On démontrera, comme au n® 216, Tégalité des

fractions simples qui correspondent aux facteurs du premier degré du dénominateur, et quant à celle des fractions simples qui correspondent aux facteurs du second degré, elle peut se démontrer d'une manière analogue,

comme nous allons voir. Soient .—r rz le terme

[x^-^ px-hq)"'

dont le dénominateur contient la plus haute puissance de x^ + px -hq dans la première valeur de — — j' ^^

,—, rrr le terme analoerue dans la seconde valeur.

Je dis d'abord que n'==zn. Supposons, en effet, que

5o6 COURS d\lgèbre supérieure*

cela ne soit pas, et que Ton ait n;>n' : de l'égalité qui a

lieu entre les deux valeurs de -jr^-^ tirons la valeur de

/^i ■ — — , — r^ ', cette valeur sera exprimée par une somme

de quantités dont aucune n'a en dénominateur une puissance de x^^px-^q supérieure à la {n — i)""*". En réduisant donc toutes ces quantités au même dénominateur, on aura une égalité de la forme

ou

ff[x)el^[x) désignant des polynômes, dont le second ^{x) n'est pas divisible par x^-hpx -^^ q. Or l'égalité précédente est impossible; car, autrement, l'équation Px -H- Q = o devrait admettre les deux racines de l'équation x^ H- px -h y = o, ce qui ne peut arriver, à moins que P et Q ne soient nuls en même temps, contrairement à l'hypothèse. On ne peut donc supposer n^n'ni n'^n, pour une raison semblable; par conséquent, on a «' = /i.

Je dis maintenant que l'on a aussi F= P, Q'= Q. Reprenons, en effet, l'égalité qui a lieu par hypothèse entre

les deux valeurs de ,./ ,? mettons dans un même membre

les deux termes -r-i -^^ — r- et r--; — '■ r-.> et dans

le second membre tous les autres termes dont les dénominateurs ne contiendront aucune puissance dex^-^px-^-q supérieure à la (ti — ly*»»! réduisant tous ces derniers termes au même dénominateur, on aura une égalité de

SECTIOir II. — CHJLPITEE HT. 5o7

cette forme

OU

(p p')^H.(Q Q')=:(ar«-h/?x-Hç)

9 ( x) et ï|^(j7) désignant, comme précédemment, des polynômes dont le second n'est pas divisible par j:^ H- px-hÇf et l'on fera voir aussi, comme plus haut, que cette égalité exige

Il suit de là que , dans les deux valeurs de ^. ": •» les teripes

qui contiennent en dénominateur la plus haute puissance d'un facteur du second degré sont égaux; en supprimant ces deux termes, les deux restes auront encore, pour la même raison, deux termes égaux; et, en continuant ainsi, on voit que les deux valeurs de la fraction considérée ne sont formées que de fractions simples égales chacune à chacune : il en résulte en même temps l'égalité des parties entières, s'il y en a.

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