‹ Cours d'analyse de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 36 sur 112 · Revenons à l'équation sans second membre · texte numérisé non relu

Revenons à l'équation sans second membre

(l4) X'* -h PiX'^-^ -h p^X'^-^-^- . . ,-hpnX = 0.

Multiplions-]a par une fonction indéterminée jk et intégrons. Il viendra, en appliquant aux termes qui contiennent les dérivées de jr, l'intégration par parties

4- (— 0'*/^[/" — (/^iv)«-» H- (/?,/)'•-* --... -f- (— I )»/?„/] cf^ == const.

l56 TROISIÈMR PARTIE. — CHAPITRE II.

Si la fonction^ est une solution de Téquation linéaire

(l5) j«-(^,j)«-i-+-(/7,j)»-*-...H-(--i)«/,„j:zz0,

l'intégrale disparaîtra de la formule précédente, et l'on aura, pour déterminer x, une équation linéaire d'ordre n — i, contenant une constante arbitraire.

Si Ton connaît k solutions^!, . . .,^a de l'équation (ï5), on obtiendra, en posant successivement^ =^< » • • •? J^ =J^*i k équations linéaires d'ordre n — i en x. Éliminant entre ces équations les dérivées ^""S . . ., a;""*"'"*, on aura, pour déterminer vT, une équation linéaire d'ordre n — A", contenant k constantes arbitraires.

L'équation (i5) se nomme Yéquation adjointe de l'équation (i4)* Il est clair que réciproquement l'équation (i4) est adjointe à l'équation (i 5).

127. On aurait pu arriver à l'équation adjointe (i5)en remplaçant l'équation primitive (i4) par le système d'équations du premier ordre

dt

dx''-^

dx ITt

qui lui est équivalent.

Ce système a pour adjoint le suivant :

dt dt

dX ,M-i

dt

ÉQUATIONS LIIIÉÀIRIS. 167

On peut aisément éliminer X"*"*, . . ., X entre ces équations. Il suffira de les difTérentier respectivement n — i fois, n — a fois, etc., et de retrancher la somme des équations de rang impair de celle des équations de rang pair; il viendra

équation qui ne diffère de (i5) que par la notation.

IL — Équations linéaires à coelficients constants.

128. Une équation linéaire à coefficients constants el sans second membre

d" X rf**"* X

peut être mise sous la forme symbolique

Fj?=:o où

chaque facteur symbolique D représentant une dérivation. 1S9. Soit

une autre opération analogue à F (6, fr|, . . •, fr^ étant des constantes comme a, ai, . . . , a/i).

Effectuons successivement ces deux opérations; Topération résultante sera

Cette expression est la même que l'on obtiendrait en multipliant les deux polynômes F et G comme si D représentait une quantité et non un symbole de dérivation. L'opération

l58 TROISIÈME PAETIE. — CHAPITRE II.

résultante sera donc indépendante de l'ordre des deux opérations F et G et pourra être représentée indifTéremment par FG ou par GF.

D'ailleurs, une opération quelconque de l'espèce considérée, effectuée sur une quantité identiquement nulle, donne un résultat nul. Donc l'équation

0 = FGjCir::GFa?

admet comme solutions celles des équations

Far =: o, G^=rO.

130. Soient donc 54, 52, ... les racines de Véquation caractéristique

o = F = aD'»-haiD'*-* + . . .-ha^,

p,«, [JL3, ... leurs ordres de multiplicité. L'équation difTérentielle

o — Fj7 =(D — sCl^x (D — s^Y*, ,,x=^o admettra comme solutions celles des équations

(D — 5,)l*tj?=io, (D — 5,)!*fa7 = o,

Il est aisé de trouver ces dernières. Posons, en effet,

On aura

(D — Sx)x^=iSx e*t*y 4- c*i' D/ — s^ e*i'/

et en répétant cette opération

Pour que le second membre soit nul, il faut et il suffit que j^ soit un poljnôme arbitraire de degré [jli — i.

Réunissant les solutions particulières ainsi trouvées, on

fiQUATIONS LINÉAIRES. 1C9

voit que l'équation

Fj7 = 0

admet la solution

oii P|, Pa, ... sont des polynômes arbitraires de degrés

Cette solution contient |X| -f- [J^a -+-•••= ^ constantes arbitraires. Ce sera donc la solution générale, si elle ne peut s'annuler que lorsque toutes ces constantes sont nulles. Nous allons prouver qu'il en es*t ainsi.

En eflet, supposons qu'on ait

Pie*i'-hPje'.'-h... = o.

Posons

On aura

o = H(Pie*.'-hP,eV4-...) = H(P,e^.')- Mais on a, d'autre part,

(D — 50»*»(PiC'«0=o.

Or les polynômes (D — 5|)ï*i et H étant premiers entre eux, on pourra déterminer deux nouveaux polynômes M et N tels

que l'on ait

M(D~5,)i'.-t-NH^i et, par suite,

o =[M(D — 5,)»^. 4- NH](P,eV)=r PieV.

Donc P| doit être identiquement nul. De même pour les autres polynômes P2, ....

131. Si les coefficients a^f ^2, . • . étant réels, l'équation caractéristique F = o a des racines imaginaires, la solution générale que nous venons d'obtenir renfermera des imaginaires; mais il est aisé de les faire disparaître.

Soient, en effet, 5^ = a -h ^i, 52= a — ^i un couple de

l6o TEOISIÈKB PàHTIB. — CHAPITRE II.

racines conjuguées, [x leur ordre de multiplicité; nous aurons dans rintégrale générale les deux termes

— e«'[Pi(cosp/-f-i8Înp/)-HP,(cosp/ — tsînp/)] = Qt e« ces p ^ -4- Q, e«' sin p /,

Qi, Qs étant des pol^^nômes de degré p. — i, arbitraires

comme Tétaient P^ et Pj.

132. Connaissant, par ce qui précède, Fintégrale de l'équation sans second membre

(i) Fa? = o,

on obtiendra par des quadratures celle de Téquation à second membre

On sera, d'ailleurs, dispensé de ces quadratures si Ton peut déterminer une solution particulière de cette dernière équation.

Ce cas se présentera si T est un polynôme entier en /,

«*', «P'j . . . , sinyr, cosy^, .... Car en remplaçant les sinus

et cosinus par des exponentielles, T sera une somme de

termes de la forme

ne*',

s désignant une constante et II un polynôme, dont nous désignerons le degré par X.

Nous aurons donc à chercher une solution particulière de l'équation

(3) Fa: = ne".

Les solutions de cette équation satisfont à l'équation

(4) (D — 5)>^+» F^ = (D — 5)>^» De^'z^o qui n'a plus de second membre.

ÉQUÂTIOKS LINÉAIRES. l6l

Deux cas seront à distinguer ici :

1"* Si s àiSève de 5|, $2, '• - •, l'équation (4) a pour intégrale générale

Pe'^H- PieV+ PjcV-f- . . . ,

où P est un polynôme de degré X.

Supprimant les termes qui appartiennent à Tintégrale de Fx = Of on voit que l'équation (3) doit admettre une intégrale particulière de la forme Pe*'.

a" Si 5 = 5|, rinlégrale générale de (4) sera

F, étant un polynôme de degré ixi -f- X.

Supprimant encore les termes qui appartiennent à Tintégraîe de Fx £= o, on voit que Péquation (3) admet une intégrale particulière de la forme /l^iPe*»', où P désigne encore un polynôme de degré X.

La forme de la solution particulière étant assignée dans chaque cas, il restera à déterminer les coefficients du polynôme P. Pour cela on substituera Pc*' (ou /t*«Pe^') à la place de X dans Téquation (3); Tidentification des deux membres donnera un système d'équations linéaires pour calculer les coefficients inconnus.

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