Soit
UD autre système quelconque d'intégrales indépendantes. La substitution S, opérée sur les x^ remplacera les^ par d'autres fonctions linéaires des x^ ou, comme les x s'expriment linéairement au moyen des y, par des fonctions linéaires des j^.
La rotation autour de l'origine aura donc également pour effet de faire subir aux y une substitution linéaire. Nous pouvons nous proposer de profiter de l'indétermination des coefBcients a pour simplifier le plus possible l'expression de cette substitution.
Cherchons tout d'abord s'il existe quelque intégrale
qui se reproduise multipliée par un facteur constante. Il faut pour cela qu'on ait
d^où les équations de condition
Ciiai-l-{c„— 5)a,4-
\ Cin^i-^ Cina^-h . . .-^ (Cnn — S)^„--0.
Les coefficients a,, ..., a,, ne pouvant être nuls à la fois, il faudra que le déterminant caractéristique
Cu
CnX
Cn%
Cin
Ctn
Cnn
Ar=
s'annule.
Supposons d'abord que l'équation A = o ait n racines inégales j|, ..., Sn> Soit Si l'une d'elles. En la substituant dans les équations (i) elles deviendront compatibles et détermineront les rapports des coefficients a. Il existera donc
TROISIÈXE PAtTIB. — CHAPITBB II.
une fonctionnel* qui se reproduira multipliée par 5/. D^ailleurs les n fonctions y^^ " -^ya ainsi obtenues sont indépendan tes ; car, si elles étaient liées par une relation
la môme relation devant subsister constamment entre leurs transformées, on aurait, en faisant faire n — i révolutions successives autour de Torigine à la variable t^
C\Si J, 4- ... -h CnSn y'n — O, >
équations incompatibles, car le déterminant
n^est pas nul, .f|, ^2, ..., s,, étant inégaux; et, d'autre part, les intégrales c^y^y . . . , c,, V/i ne peuvent être toutes nulles. Donc, en choisissant yi^ ..., y» comme système d'intégrales indépendantes, la substitution S prendra la fovnie très simple
yn ^ny»
142. Si nous avions choisi un autre système quelconque dUntégrales indépendantes, tel que j|, ..., z„f la substitution S aurait pris une forme telle que
^n «/Il ^1 ■+"••• ~H d„fi Z„
ytj " "tya deviendraient des fonctions linéaires de S| , . . . , ^s^, lesquelles se reproduisent respectivement multipliées par
tQUATIONS LINfiAIRBS. 178
Ces miillipHcateurs devront satisfaire à Téquation
«H — s Cl II ... Mfli
Cette équation doit donc être identique à Téquation A = o, qui a les mêmes racines. On voit donc que les coeflicients de Téqualion en s ne dépendant pas du choix des intégrales indépendantes : ce sont des invariants.
143. Les résultats sont un peu plus compliqués lorsque l'équation en ^ a des racines égales. Nous allons établir la proposition suivante :
On peut toujours trouver un système d* intégrales indépendantes formant une ou plusieurs séries ^i , . . . , y„t \ y\i • • •> ym'^ ' • • ^^^^^^ Çf^ s remplace les intégrales d'une même série, y i , . . . , y^, . . . , y m respectivement par Siy^j . . . , *i(j|i-*-J'|jL-i ), . . . , */0'//* + J'/«-i), Si étant une racine de l'équation caractéristique.
Ce théorème étant supposé établi pour les substitutions à moins de n variables, nous allons démontrer qu^il subsiste pour une substitution San variables.
Soit Si une des racines de l'équation caractéristique. Il existe une intégrale y que S multiplie par St, En la prenant pour intégrale indépendante à la place d'une des intégrales primitives X| , S prendra la forme
X2, . . ., X^ étant des fonctions linéaires de x^, '. -, x,ty et aura pour déterminant caractéristique
à! désignant le déterminant caractéristique de la substitution
O -^^ I Xj, • • • } J?a Aj, • • • ) A/i j«
■ 74 TROISlfeMB PARTIS. — CHAPITRR If.
Nous pourrons par hypothèse changer de variables, de manière à mettre S' sous la forme
Si'y\ sc{y\
ym-\)
OÙ .v/, ^i", . . . sont des raciaes de A'=: o.
Ce même changement de variables, opéré sur S, la réduira à la forme
Srz:
Si y
•^/ r, -hX,7,
y \y • • • » j'/rt'
Changeons de variables en posant
Vk 4- a* V = Yi S remplacera Y| , . . ., Y;t, . . . par
*/(/*+ n-i) ■+- X;tr 4- a*fir = 5i(Y*-H Y^,) -H (Xj^.^,
en posant, pour abréger,
^l4- «1(5, — 5,) = JX,,
La substitution S aura donc conservé sa forme générale; mais on peut disposer des indéterminées ai , . . . , a^t, . . . de manière à annuler tous les coefRcients [x si ^1^5/, tous ces coeflGcienls, sauf le premier p.|, si S\ = si.
Nous pourrons faire disparaître de même les coefficients V (sauf le premier, si 5|V=^ S\).
Nous pouvons ainsi ramener S à une forme telle que la
tQOATIONS UNtAIKBS.
sQirante :
•^lY, H- fAij, ..., 5i(Y 5jY',+ ixj;', .. ., .ç,(Y;
• > ^iC^i
i44. Supposons que, parmi les coeflGcienls p.|, [x'^, ... que contient encore cette expression, il en existe au moins deux {ii et p.'f qui ne soient pas nuls, et soit, pour fixer les idées, m'^ni. Prenons pour intégrales indépendantes, à la place de Y', , . . ., YJ;,-, les suivantes :
Yi-^Y*=U*.
ri
S remplacera évidemment U| , . . ., Ua, . • • par
de telle sorte que le terme ^^y aura disparu.
On pourra ainsi faire disparaître tous les termes en y^ sauf un seul, tel que (X|^.
Supposons donc que ^^^.,. soient nuls. Si [Ai<o, on
n'aura qu'à poser
l*i7 = *iYo
pour ramener S à la forme canonique cherchée
^iYq» ^i(Y,
Yo> Yj,
Si {X| était nul, S aurait déjà 4a forme demandée, la première série de variables étant formée de la seule variable y.
176 ÎROlSlftHB PARTIE. ^ CflAPlTRB II.
145. La substitution S étant ramenée à la forme canonique que nous venons d^indiquer, soient j^oï^d •••>J'* «ne des séries formées par les nouvelles intégrales auxquelles elle est rapportée ; 5 la racine correspondante de Péquatlon A ^ o.
Proposons-nous de déterminer la forme générale de ces intégrales.
Posons, pour abréger, — ^.log^ = r et faisons
les z étant de nouvelles inconnues. Lorsqu'on tourne autour de l'origine, V" se reproduit multiplié par e*'^''*=5; donc les z devront subir l'altération suivante :
I ^Q% • • • I -^Ar, • • • -^0» • • • » ^k~^ ^fc-X !•
Pour trouver la forme générale des fonctions qui jouissent de celte propriété, nous remarquerons que la fonction
— .\os^t s'accroît de l'unité par une rotation autour de l'ori-
gtue. Si donc nous posons
^^-^•*^^'' •••' ^*- T^^Tjt '
cette rotation changera 0| en Of + i et, plus généralement, 0, en
(e,-Hi)e,...(e,— A:-h2)
^ ê » m fC
-Ar + i)
itPIlJIII
it
1 W\i Al Cl LJ
Wi4-. ..
Zii=z
e^l/fl
Uq, Ui^ ,,.y Uk étant de nouvelles fonctions. Pour que Zq^ . . .,
EQUATIONS LINÉAIRES. I77
Zk subissent la transformation demandée par une rotation autour de l'origine, il sera nécessaire et suffisant que Uq^ . . ., itj^ restent invariables.
On obtiendra donc, en remplaçant les fonctions Of, . . ., 0^ par leurs valeurs en r, pour les intégrales cherchées jKo? • • -i Vf,, des expressions de la forme
r, =r(M,log/-i-NO,
Mo, Mf, ..., N|, ... étant des fonctions monodromes aux environs de Torigine. Ces fonctions s'expriment, d^ailleurs, linéairement au moyen des k + i fonctions distinctes Wq? • • •> um. En particulier, les fonctions Mo, M|, . .., M^ de la première colonne ne diffèrent que par des facteurs constants.
146. Les fonctions monodromes Mq, M|, N^, ... seront développables en série suivant les puissances positives et négatives de /. Si la série des puissances négatives est limitée pour toutes les fonctions qui figurent dans une des intégrales ci-dessus, cette intégrale sera dite régulière aux environs du point ^ = o.
11 est intéressant de reconnaître dans quel cas l'équation proposée admet un système d'intégrales indépendantes toutes régulières. M. Fuchs a établi à cet égard le théorème suivant :
Pour que l'équation
ad nielle n intégrales indépendantes régulières aux empirons du point / 3= o, il faut et il suffit que, pour chacun des coefficients de U équation, tel que pi^ le point l = o soit un point ordinaire, ou un pôle dont V ordre de multiplicité ne surpasse pas /.
J. — Coûts, (11. 13
TROISltOIE PARTIE. — CHAPITRE II.
Démontrons d^abord que cette condition est nécessaire. Il est manifeste, en premier lieu : i^ que toute expression régulière, telle que
r(Mlog'i-hNlog'-'r
a une dérivée
r(-(Mlog'^-f-...-hR)
m iog'-« t
M'iog'/-*-...")
également régulière; a° que tout produit d'expressions régulières est une expression régulière.
Si donc les intégrales j^i , . . ., j^,j d'une équation d'ordre ri sont régulières, les coefficients de l'équation, mi^e sous la l'orme
Xi •
If
seront des sommes d'expressions régulières, telles que (a) ^{M log't -j- . . .) H- ^''' (Ml log't < 4- . . . ) ■+-
D'ailleurs, lorsque t tourne autour de l'origine, j^i, . . .,^'/i subissant une substitution linéaire, leurs dérivées d'un ordre quelconque subissant la même substitution, les coefficients, qui sont des déterminants formés avec ces quantités, se reproduiront multipliés par le déterminant 8 de la substitution.
Or, pour qu'une expression de la forme (a) jouisse de cette propriété, il faut manifestement que les logarithmes disparaissent et que les exposants r, ri , . . ne diffèrent de la
quantité — :log8 = ^ que de nombres entiers. Les coefficients de l'équation seront donc de la forme ^PP, P étant une fonction de la même espèce que M, M|, . . ., c'est-à-dire ayant un point ordinaire ou un pôle au point t = o.
Si maintenant nous divisons l'équation par le coefficient
de la plus haute dérivée, t? disparaîtra et il viendra
rp
^P'dU^'-^"^P-;r''
les coeflicients/>i, ' • », pn étant des quotients de fonctions pour lesquelles ^ = o est un point ordinaire ou un pôle, et jouissant évidemment de la même propriété.
Il reste à montrer que Tordre de multiplicité du pôle ^ = o pour le coefficient/?! ne peut surpasser i.