Troisième méthode : Interpolation. — L'intégrale
Jf f{x)dx est représentée géométriquement par l'aire du a
trapèze curviligne T compris entre la courbe y r=y(.r), l'axe des x, et les deux ordonnées x -- a^ x ^r-. b {Jig- a).
Fig. 2.
Cette aire est représentée, en efTet, par l'intégrale double S dx dy étendue au trapèze T. Dans ce champ, x varie de a à 6. A chaque valeur de x correspondent d'ailleurs des points du champ dont l'ordonnée varie de o à f{x). On aura donc
dx 1 dy 1-. I f(x)dx.
Remarque. — L'aire ainsi calculée sera affectée du signe ■ ou du signe — suivant quey(^) est positif ou négatif; et
Fig. 3.
si la courbe traverse l'axe des x^ comme dans la fig, 3, Tin-
légrale représentera la différence entre la somme des aires partielles A, B, situées au-dessus de cet axe, et l'aire C située au-dessous.
Le calcul de l'intégrale revient donc à la mesure de l'aire 'ie T. Celle-ci peut se faire approximativement de la manière suivante :
Marquons sur la ligne ab {fig^ 4) ^ points a^ <72, . . ., an et me<îurons les ordonnées correspondantes yi -= a< A<, . . . ,
Fig. 4.
Ynz=z an^n- Par les points A|, ..., A„ faisons passer une autre couvhe y =z ^(^x). Cette courbe, ayant une série de points communs aVec la proposée dans l'intervalle a6, s'en éloi^era vraisemblablement assez peu, et pourra lui être Mihstiluée dans le calcul de l'aire. Ce calcul pourra dès lors < effectuer sans difficulté, si l'on a eu soin de choisir pour '^{t) une fonction dont on connaisse l'intégrale indéfinie.
Le plus habituellement, on prend pour ^{x) un polynôme de degré n — 1 . On voit immédiatement que ce poix nome aura l'expression suivante :
En effet, pour xz==za\^ tous les termes de cette expression
s'annulent, sauf le premier, qui se réduit ky^ ; pour x — a2,
tous s'annulent, sauf le second, qui se réduit à j^2i etc.
Intégrant ce polynôme de a à 6, on aura, pour l'aire cher-
clit!*e,
/iIi-+--.-t-7«l«,
en désignant, pour abréger, par I« , . . . , I;, les intégrales
lesquelles sont indépendantes de la nature de la courbe
117. Le calcul de ces intégrales n'offre aucune difficulté . On le simplifiera un peu en changeant de variable, de telle sorte que les limites deviennent o et i. A cet effet, on posera
Soit, en outre,
a, — a -t- (6 — a)ôi, ..., a„=: a 4- (^ — a)0^;
il viendra
Ii==(^ — a)J,, ..., I„=:(6 — a)J«,
en posant, pour abréger,
j - r' (^-Ot)...(/-o.-i)
" 1 (o„-ôj...(e«-e„o
Ces nouvelles intégrales ne dépendent plus de Tamplitude du champ d'intégration, mais seulement des rapports 8|, - . ., 9/1 des intervalles «i — a, ...,«„ — a à l'intervalle total b — a. Si l'on détermine ces rapports toujours de la même manière, on pourra calculer, une fois pour toutes, les constantes J|, . . ., J„; cela fait, quelle que soit la courbe /(j?), on n'aura plus, pour trouver une valeur approchée de son aire, qu'à mesurer ou calculer les ordonnées yi, ..., J"»? et à les substituer dans la formule
(6 — a){/iJ,-h...4-y«Jrt).
118. Cotes, qui a indiqué celte méthode, suppose les ordoonées équidlstantes, et pose, en conséquence, 61^0,
Il -^ > vj ^= 7 • • • > 0/1 =r:= I .
-Nous allons effectuer le calcul en supposant n = i. On aura, dans ce cas,
L'aire cherchée ^^ sera donc donnée par la formule
On trouverait de même, pour /i 1= 4»
pour/i=: 5,
-^ — --~-^ (77i -^ 32yj-+- i2/8-i- 32/4-H 7J5), y
119. Gauss choisit autrement les quantités Bf, ..., 0/,. Il se propose de lès déterminer de manière à atténuer autant •jae possible les chances d'erreur résultant de l'application de la méthode.
Pour évaluer cette erreur, concevons qu'on ait développé }[x) en une série de la forme
«o-h a,xH-. . .-h a,,,^"* H- . . . ;
on aura
D'autre part, C5(j:) étant une fonction linéaire désordonnées j^i , . . . , ynt on aura évidemment
cp;„(^) étant ce que deviendrait cp(j:) si fi^x^ se réduisait à x^.
L'erreur commise en substituant C5(:r) i\f(x) sera
en posant, pour abréger,
/ [a)'"—o,n{x)]dx—km'
120. On peut donner une autre forme à cette intégrale. Effectuons, en effet, la division de x^ par le polynôme de
degré n
(x — ai) . . .{x— a„) -=:P{x);
il viendra
Qot(^) étant égal à zéro si m<i n, à un polynôme de degré m — n dans le cas contraire, et Rm(^) étant un polynôme de degré <C n. D'ailleurs Rm{x), devenant égal à x'^ pour les valeurs ai, ..., an qui annulent P(^), ne sera autre chose que cpw(^).
On aura donc
d'où
f P(a:)Q,„(^)rf^;
<^„fx), . . ., Q«i(^) étant nuls, on aura
iiidis A'rt, A'/,^|, . . . difTéreront en général de zéro.
Néanmoins, si l'on peut déterminer les n quantités a^ . . . , a«qui figurent dans Texpression de P(a:), de manière à satisfaire aux n relations
on fera ainsi disparaître de l'expression de l'erreur les termes ea a;,, ..., ai'2n-i lesquels sont vraisemblablement les plus importants, pour peu que la convergence de la série Sa^^"' soii rapide.
121. Pour satisfaire aux équations (12), il suffira, ainsi qu'on va le voir, de poser
Tout d'abord, les racines a^, . • ., an du polynôme d'ordre n ainsi défini seront réelles et comprises entre a et 6, ainsi que cela est nécessaire.
En effet, le polynôme [{x — a){x — 6)]"= X ayant n racines égales à a et 71 racines égales à 6, sa dérivée X' aura « — I racines égales à a, n — i égales à 6 et une racine rrelle ; comprise entre a et è : cela résulte du théorème de Kolle; X'*^, dérivée de X', aura de même n — 2 racines égales àUy n — 2 racines égales à 6 et deux racines r,,, yja respeclivement comprises entre a et Ç, et entre $ et 6; et ainsi de soiie jusqu'à X^"^, qui n'est autre que P(^).
En second Heu, chacune des quantités A"„, . . ., A*2«i est de la forme
Ç qxc'^dx,
Q étant un polynôme d'ordre < n. Or cette intégrale est
nulle. En eOet, Tintégration par parties donne