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DIFFÉRENCES HNIES ET DIFFÉRENTIELLES TOTALES DES FONCTIONS P ET Q

9. Les propriétés précédentes permettent de développer les accroissements des fonctions P et Q suivant les accroissements de leurs variables.

Si dans/(z) on change z en (z-hA:c + A^/^), on aura

En posant

^x + Aj /^ = r (cosO + \f^ sinô) ,

nous aurons , par la formule de Moivre ,

(^x -h Aj yf^Y = r" (cos/2Ô -h /^sin/ïO).

D'ailleurs la première formule (7] donne

ml , / — \ «?"P ^"P / —

donc on a

A/{z) = AP-+-AQv/=^

+R,+Ry-i,

nOTE iv. 365

et, en séparant les parties réelles et les parties imaginaires,

iO. Si Ton suppose Aor et A/ infiniment petits, le terme général de chaque développement devient la différentielle totale du rf^ ordre de P ou de Q, divisée par le produit 1.2. 3.../?. On aura donc, en appelant a> la limite de Tangle d, et en observant que

dy

r = Jdx^-\-df = dryjx 4-cot'w -7^5

rf"P rf»P .

d^V = — : dr''.

PROPRiÉTés DES COURBES P ET Q. — POINTS MULTIPLES.

11. Pour abréger, nous appellerons courbe P, courbe Q, les courbes représentées par les équations P = o, Q = o. Nous supposerons que le système d*axes auquel on les rapporte est rectangulaire.

Une propriété remarquable de ces courbes est d'avoir chacune un point multiple de Tordre /i, toutes les fois que l'équation primitive /(z) = o a « racines égales entre elles. Pour le démontrer, il faut faire voir : i** que les fonctions P et Q s'annulent avec leurs dérivées partielles jusqu'à l'ordre « — i inclusivement quand on y substitue les coordonnées d'un point-racine de l'ordre n ; a° que chaque courbe possède en ce point n tangentes distinctes.

12. Premièrement, quand /(z) a n racines égales à :c4-JV^— i, on doit avoir, / désignant un nombre au plus égal à n ,

cette équation entraîne les deux suivantes :

Il résulte de là et des relations (6) que toutes les dérivées de P de Tordre / sont nulles, et comme i est compris entre o et n — i, il est donc démontré qu'en chaque point- racine de l'ordre n toutes les dérivées partielles de P s'annulent jusqu'à l'ordre /z — i inclusivement. — Môme démonstration pour la fonction Q.

i3. En second lieu, les courbes V et Q ont chacune, au point (x, ^), n tangentes distinctes.

Considérons d'abord la courbe P.

On obtiendra le coefficient angulaire -r- = tangw de la tangente

menée à la courbe par le point ( J^, ^), en égalant à o la différentielle totale du n^"" ordre. D'après la formule (9), l'équation qu'il faudra poser sera donc

^«P rf»P

— - C0S7ÎW 4- ■ „ . , smwû) ajc* cLxf-^dy

sin"w ~ ^'

Le dénominateur de cette équation n'est jamais supérieur à l'unité, et il ne peut devenir nul en même temps que le numérateur qu'autant qu'on a

Mais ce cas peut être écarté , car il suffit, pour l'éviter, de changer la direction des axes de coordonnées. Donc si Ton suppose -^-j^o» on aura toutes les solutions de cette équation en posant

(10) tang/ïw =

et si Ton fait

^"P daf"

da^'dy

tangf*= ^^

on aura

d'où

daf'-^dx

(II) « = t-|->tll.

WOTE JV, 367

Pour avoir toutes les tangentes à la courbe P, il suffit de donner à n les valeurs o, i, 2, ...,« — i, et l'on obtient n valeurs de w,

formant une progression aiithmélique dont la raison est -• Donc

la courbe P présente, au point considéré, n tangentes distinctes et tellement dispesées, que deux tangentes consécutives comprennent un angle égal à la r&^ partie de deux angles droits.

d^. 11 importe de remarquer qu'un point-racine do l'ordre n ne peut être un point d'arrêt ou un point isolé, pour aucune branche de la courbe P, du moins dans le cas où la fonction P est continue. En effet, l'équation qui donne tang o ayant toutes ses racines inégales, on voit focilement, en développant P par la série de Taylor, que cette fonction changera de signe quand on y substituera successivement les coordonnées de deux pointa suffisamment rapprochés du point N, et situés de part et d'autre d'une même tangente.

i5. Un calcul analogue à celui que nous avons fait pour la courbe P assignerait aussi à la courbe Q, en tout point-racine de l'ordre /z, n tangentes distinctes et tellement disposées, que deux tangentes

consécutives comprennent un angle égal à - • On peut déjà en conclure qu'entre deux tangentes consécutives à la courbe P il y a toujours une tangente à la courbe Q. Mais je dis de plus que :

Les tangentes à la courbe Q sont les bissectrices des angles formés par les tangentes à la courbe P.

Pour le démontrer, rappelons-nous la formule

(10) tang/zw =

fi"? daf'

g/"P claf-'dx

En appelant u l'angle qu'une tangente à la courbe Q fait avec l'axe des X, nous aurons de même

(la) tang/iw =

daf^^ dy

Or, d'après les relations (4 ),

daf" "" dx"-'dx^ dx'^^dy~ axr'*

donc

tang/ztt» tang/iii = ~ i ;

368 couns d'analyse.

/ïft) — /2U= ± -) 'À

oi> — u est l'angle compris entre une tangente à la courbe P et une tangente à la courbe Q la plus voisine, et Féquation (i3) montre que cet angle, abstraction faite du signe, est la moitié de Tangle

~ compris entre deux tangentes consécutives à la courbe P.

16. Les résultats précédents comprennent le cas particulier d'un point-racine simple. En un point de cette espèce, l'angle — formé par la tangente à la courbe P et la tangente à la courbe Q se réduit à -• On peut d'ailleurs rétablir directement. Ainsi :

En un point-racine du premier ordre les courbes V et Qse coupent à angle droit»

Cette propriété appartiendrait encore aux courbes représentées par les équations

A et B étant deux constantes quelconques.

PROPBIÉTÉS DES COURBES DONNÉES PAR LES ÉQUATIONS P-Q=:0, P4-Q=o.

i7. La courbe qui a pour équation P — Q = o est le lieu de tous

les points dont les coordonnées, substituées dans les fonctions P etQ,

donnent des résultats égaux et de même signe. En chaque point de

P cette courbe le rapport ^ est égal à i.

La courbe qui a pour équation P + Q = o est le lieu de tous les points dont les coordonnées, substituées dans les fonctions P et Q,

donnent des résultats égaux et de signes contraires. Le rapport j

y est constamment égal à — i.

Les courbes P — Q,P-i-Q jouissent des mômes propriétés que les courbes P et Q, et il sufBt pour le démontrer d'observer que les fonctions

sont la partie réelle et le coefficient de y/--^ de la fonction

(i4-v/=T)/(z) = (i-h/-=T) (p + Qv/=:T) = P-Q4-(P4-Q)/=T.

D'ailleurs p etq s'annulent évidemment avec leurs dérivées jusqu'à Tordre n exclusivement, quand on y substitue les coordonnées d'un point-racine de l'ordre n ; d'où il suit que :

En un point -racine de V ordre n:

i^ La courbe V — Q a n tangentes distinctes tient chacune fait

avec celle qui la suit un angle égal à —5

a® La courbe P + Q a aussi n tangentes distinctes qtd sont les bissectrices des angles formés par les tangentes à la courbe P — Q.

i8. Pour construire les tangentes à nos deux nouvelles courbes il suffit de connaître l'angle qu'une tangente à l'une d elles fait avec une tangente à la courbe P.

Soit tang/zs le coefficient angulaire d'une tangente à la courbe

P — Q : on a trouvé plus haut

daf (10) tang/i» = -ipr^'-^

dx"""^ dy

à cause de la symétrie du calcul, on aura aussi

</> djf"

tang/ic- ^„^ .

Mais

dx'^-'dx

d^p d"? d"Q d'^V fl?»P daf^~ d3^ djf" ~ daf* ^ dx^-'dx^

d^'p d^V d^Q __ rf»P rf«P.

rfx"-' dy ~~ dx"-"^ dy dx'^' dy dx"^' dy daf" '

donc

r/«P . rf"P

tang;ie- ^.^ ^„p- , ^^.^g^J " tang (^,.«-

dx''-'dy daf'

I TT 1= w — - —

Sturm. —An,^ II. 24

De là résulte que si l'on construit, comme au /i* 14, /es tangentes aux courbes P et Q, et que si l'on désigne respectivement les angles consécutifs formés par ces tangentes par les nombres

les bissectrices des angles de rang pair seront les tangentes à la courbe P + Q. Les bissectrices des angles de rang impair seront les tangentes à la courbe P — Q.

DÉMONSTRATION D'UN THÉORÈUE DE M. CAUGBY.

i9. Traçons autour d'un point-racine N, de Tordre /i, un cercle assez petit pour que dans son intérieur les courbes P, Q, P — Q, P + Q se confondent sensiblement avec leurs tangentes, et, par suite, ne puissent s'y couper mutuellement ailleurs qu'au point N. Un point mobile M qui parcourra la circonférence dans le sens direct de rotation, c'est-à-dire en allant desx positifs aux /positifs, devra rencontrer 1 n fois chacune des quatre courbes, et toujours dans Tordre suivant :

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