DE M. CH. STURM. V
et à l'Ecole Polytechnique. Il reprît ses Cours à la fin de i852 , mais il ne se rétablit jamais complètement. Malgré les soins de sa famille <jui relardèrent , mais ne purent arrêter les progrès du mal, il succomba le i8 décembre i855^ à l'âge de cinquante et UJi.ans.
M. Sturm n'était pas seulemenrun homme de talent, c'était aussi un homme de cœur , bon pour sa famille , bon pour ses amis, dont le nombre était grand. ((J'ai beaucoup d'amis, » disait-il avec un naïf orgueil, et cette parole, qui chez tout autre aurait passé pour une exagération , était rigoureusement vraie. A ceux que j'ai déjà cités, j'ajouterai, sans prétendre à une énumération complète, MM . Lejeune- Dirichlet, Ostrogradsky , Brassine, Cassanac, CataUn. M. Faurie, d'abord élève, devenu ensuite l'ami intime de M. Sturm, mérite une mention spéciale pour le dévouement dont il a fait preuve dans les circonstances les plus pénibles.
Dans sa prospérité , M. Sturm n'oubliait pas les jours difficiles et le généreux appui qu'il avait reçu de MM. Ampère, Fourier, Arago. Il se plaisait à venir en aide aux jeunes gens qui débutaient dans la carrière des sciences et il savait les obliger avec une délicatesse admirable.
M. Sturm se taisait volontiers avec les personnes qu'il ne connaissait pas ; mais quand sa timidité naturelle était vaincue , il révélait tout le charme d'un esprit fin et original. Il était passionné pour la musique des grands maîtres , et nous tenons de lui qu'à une époque où ses ressources étaient bien faibles, il s'imposait des privations afin de pouvoir entendre les chefs-d'œuvre de Rossini et de Meyerbeer.
Comme professeur, M. Sturm se distinguait par la clarté et la /igueur. On lui doit beaucoup de démonstrations ingénieuses qui , répandues par ses élèves , ont ensuite passé dans des livres dont les auteurs ont presque toujours oublié de le citer. Mais il était riche, point avare et ne réclamait jamais. (( En ai-je assez perdu, disait-il.