Si Ton considère une série de droites dont les
384 LIVHE II.
équations générales dépendent d'une constante dont la valeur puisse varier arbitrairement et d'une manière continue, la plus courte distance de deux de ces droites, correspondantes à des différences infiniment petites entre les constantes , peut être du même ordre que ces différences, ou d'un ordre différent.
L'objet que nous nous proposons ici est de déterminer î
avec plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'ici l'or- i
dre infinitésimal de cette distance, et c'est ce que nous !
ferons au moyen d'une remarque curieuse due à M. Bou- i
quet. Elle consiste en ce que, si dans une série continue quelconque de droites, la distance de deux consécuti\^es est généralement d*un ordre supérieur au premier, elle est au moins du troisième >
Soient , en effet ,
les équations d'une droite quelconque de la série, a^ b, a , 6 dépendant d'une certaine constante unique ^ Aa, AJ, Aa, AS les accroissements des constantes, en passant à une droite infiniment voisine , faisant partie de la même série : la plus courte distance d de ces deux droites sera, d'après une formule élémentaire connue ,
AaA6 — A^ Aa
Or, on a
\/Aû'-hA6'-h(flA^— bàay
Aa zn da -^ -(fa H i=d^a -t- .
Ab = db-^^d^b -^-^dH^
Aa= fi?aH--//2a H ^d^0L+,
îl en résulte
Atf A(? — A^Aa = {dad^ — dbdx) -f- |(rffl r/' 6 + r/6 d^a — dbd^oL — doid^b) -\-
Or, si le premier terme dado — dbdct n'est pas nul, le dénominateur de à étant un infiniment petit du premier ordre, et son numérateur du second, d sera du premier ordre. Si, au contraire, on a constamment
dad^ — dbda. =. o,
le numérateur devient d'un ordre plus élevé de deux unités, parce que l'ensemble des termes du troisième ordre n'est autre chose que la moitié de la différentielle de dadë — dbda^ et cette dernière quantité étant constamment.nulle, ^a différentielle Test aussi.
D'où résulte cette conséquence remarquable , que, si la dislance de deux droites consécutives , prises dans une série quelconque ^ est généralement d'un ordre infinitésimal supérieur au premier, elle est au moins du troisième.
Le théorème que nous venons de démontrer est soumis, comme presque tous les autres, à des exceptions très-particulières 5 il est fondé sur des développements généralement possibles, mais qui, pour certains points singuliers, pourraient devenir illusoires.
Application aux tangentes à une courbe,