Racines imaginaires des équations, — Soit
un polynôme rationnel et entier en x, les coefficients a^, a,,.... ayant des valeurs réelles ou imaginaires. Si Ton attribue à x une valeur imaginaire a + Ç>[/ — j, il résulte des développements précédents que la valeur de X se réduira h une certaine quantité imaginaire
A + Bj/^,
A et B étant des quantités réelles. Or, si la valeur donnée à x est telle que l'on ait à la fois
et par conséquent A-hB|/— 1=0, on dit que aH-(3|/ — 1 est une racine de l'équation X = 0. Si (3 est nul, la racine est réelle. On démontre dans les cours d'Algèbre qu'il existe toujours n valeurs de x qui
satisfont à la condition A-t-B|/ — 1 =0, et que, si l'on désigne par
<7 -+- p y — \ l'une de ces racines, X est divisible algébriquement par
X — a — j3 (/ — 1 , c'est-à-dire que l'on a, quel que soit x,
X, désignant un polynôme rationnel et entier de degré n — i par rapport à X. Il en résulte que, les n racines de l'équation X = étant désignées par
on aura identiquement pour toute valeur de x
X=H(x-a— p/:ir)(a;— a.— pyiIT).... (x— an-i-(3n-i/^), H étant une quantité réelle ou imaginaire, mais indépendante de x.
11. Application des principes précédents» — On peut, au moyen des formules ci-dessus, résoudre facilement certains problèmes remarquables.
Proposons-nous, par exemple, d'exprimer cos m0, sin »/i0, m étant un nombre entier, au moyen des puissances de cos , sin 0. Pour cela , reprenons Téquation
cos
m0 -H |/ — 1 sin m0 = (cos -h |/ — 1 sin 0)"*,
et développons le second membre par la formule du binôme de Newton. Il viendra
cos mQ -¥■ i/ — 4 sin m0 == cos»" -♦- 1/ — 1 • m cos»""* sin —, — - — - cos»*-* sin* 9
/ — r 'ni{m—i)(m-'2) ,. . ,. w(m— l)(m— 2)(m— 3) .^ . . .
— l/— 1' . J \. ^cos'~''0sin50-+-— ^^ ,^ ^ , -^cos**-*0sin*0-t-...
D'après les principes que nous avons établis, cette égalité se décompose en deux égalités réelles, qui sont
^ ^ m(m — 1) -^ . .^ mim—iYm — 2)(m— 3) .^ . ..
cos »n9 = cos*» ^ — ^cos'»-*0sin*0H — ^ . \ , : ^ ^cos'»-*0sin*9
sin m0=m cos"*-* sm ^^^ — .-^-\. cos**"' sin' -< —
On peut les présenter sous différentes formes 0).
Le problème inverse consiste à exprimer cos"*0, sin*"0, au moyen des sinus et cosinus des multiples de 0. On y parvient comme il suit : Posons
cos -♦- |/ — 1 sin == }. , cos — j/ — 1 sin0==/ji,
(i) Voir le Cours d'analyse algébrique de Cauchy, p. 250.
Afx=i, X4-fx=:2cose, X — (z = 2i/— i sin 0.
Nous aurons donc
^^1 t f f NI •
OU, en groupant les termes également éloignés des extrêmes,
2«cos"» 6 = (X*» -♦- fx"») 4- mXfx(A«-« -♦- fx"»-*)
H l__-lX'fX«(X"»-*4-(X"»-*)4- ••••
Mais on a, diaprés la définition des quantités X, fx,
X* 4- fx*=(cos W -♦- j/^sin W) -♦- (cos W — j/^sin W) =2 cosAô,
X*fx* = i; donc enfin, en divisant par 2,
2"»'"* COS"» 9 = cos m9 -♦-mcos(m — 2)9 h — — ^ cos(m — 4) 9-t- •••
Si m est pair, le dernier terme est celui qui en a -ô* avant lui, savoir
^ m(m — 1) -f ^-^ij
si m est impair^ le dernier terme est celui qui en a — -r — avant lui; s
valeur est
(m — i)...^ÎÎL±-J
i * ^ pr W 1
• cos 0.
£q développant de la même manière, par la formule du binôme, le second membre de Téquation
(2/;^ sin e)-= (X — fx)-,
et groupant encore les termes également distants des extrêmes, on trouve de même, pour m pair
2«(|/— i)«» sin "•0 = Qr ^- fjL"») — mXfx(A"*-' -^ f^"*"')
ou bien, en raisonnant [comme plus haut.
^^ ^Vft m Mt^ JE m
( — 1)*2**-*sin^Q=co3mO-^mcos(m— 2)0 4- ^ ■cos(m — 4)0 — ».»
Si, au contraire, m est un nombre impair, on trouve
2" {[/ — i}" sin" 9=(X'" — p") — mJlp (X" - * — f*~- *)
Or, on a en général
X*— (x*=2(/— Isinite, donc
2«-*(— i)"«~sin~G=sinmô — msin(m— 2)04-^^^^^^^
-»-(— 1)» ^— r— ^sine.
Ces formules résolvent le problème proposé.