‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 106 sur 228 · AIR CONFINÉ DANS LA TERRE ARABLE · texte numérisé non relu

AIR CONFINÉ DANS LA TERRE ARABLE

Les réactions chimiques qui prennent naissance dans le sol arable sont non-seulement différentes, mais même opposées, suivant les profondeurs considérées ; tandis qu'à la surface ameublie par des labours fréquents Toxygène pénètre facilement, et que les actions oxydantes dominent, les réductions sont habituelles au contraire à une certaine profondeur ; les argiles fermgineuses y sont blanches ou grises et ne prennent la teinte bnm rougeâtre caractéristique des bonnes terres qu'après leur arrivée à la surface ; les sulfates y sont facilement décomposés et amenés à l'état de sulfures , les matières carbonées provenant des détritus des végétations antérieures ne peuvent en effet, en l'absence d'oxygène libre, se brûler qu'aux dépens d'oxygène en combinaison, et c'est à elles sans doute qu'il faut attribuer les réductions qui s'opèrent dans les profondeurs du sol arable; à la surface, au contraire, l'oxygène atmosphérique détermine directement la

combuslion des matières organiques, les actions réductrices et les actions comburantes concourent ainsi l'une et l'autre à la formation de l'acide carbonique dont la terre arable renferme habituellement une quantité notable.

On le démontre facilement dans un cours en portante l'ébullition de la terre arable délayée dans l'eau, et placée dans un ballon muni d'un tube abducteur qui pénètre dans une dissolution d'eau de chaux; l'acide carbonique entraîné par la vapeur d'eau ne tarde pas à former un abondant précipité de carbonate de chaux.

La composition de l'air confiné dans la terre arable a été déterminée par MM. Boussingauit et Lewy, À l'aide de l'appareil ci-jolnt (lig. 27),

Il comprend d'abord un tube métallique terminé par une pomme d'arrosoir P remplie de petits cailloux roulés de quartz, pour en diminuer la capacité. Ce tube ayant son robinet )■" fermé, est enterré vingtquatre heures au moins avant de commencer une expérience afin de laisser à l'air extérieur, introduit en creusant l'emplacement occupé

par le tube, le temps de se mêler à Tair confiné. La terre est fortement tassée et accumulée en forme de butte autour de Taxe du tube. A la suite du robinet r'\ on ajuste le petit ballon à robinet B dans lequel on a fait le vide. Viennent ensuite les éprouvettes E e, contenant de l'eau de baryte \ t est un tube à ponce alcaline destiné à arrêter Tacide carbonique que laisserait échapper Teau de l'aspirateur F. Comme aspirateurs on a employé des flacons de 10 à 60 litres de capacité; le tube qui plonge dans le liquide du vase p^ par lequel arrive le gaz aspiré, est effilé de manière à obtenir un écoulement très-lent. Cet écoulement n'a jamais atteint dans les expériences de MM. Boussingault et Lewy un litre par heure.

En ouvrant les robinets, on détermine l'écoulement de l'eau ; il se forme bientôt un précipité de carbonate de baryte dans la dissolution E, rarement en e. On met fin à l'expérience quand l'aspirateur est presque vide.

On détermine le poids d'acide carbonique combiné avec la baryte en recueillant les précipités de E et de e sur un filtre, desséchant et calcinant au rouge; on établit le volume de l'air passé dans les appareils d'après celui de l'aspirateur, et en calculant sa pression d'après la hauteur barométrique, diminuée des hauteurs de liquide dans les éprouvettes E et ^, et de la hauteur de l'eau dans l'aspirateur, enfin de la tension de la vapeur d'eau pour la température à laquelle on opère.

MM. Boussingault et Lewy ont reconnu que, dans l'air confiné du sol arable, la proportion d'acide carbonique varie le plus ordinairement entre 2 et â p. 100, en poids. Les pluies, en général, ont pour effet d'élever beaucoup cette proportion, et les mêmes observateurs l'ont vue atteindre jusqu'à 11,13 p. 100 en poids. Les vapeurs ammoniacales, dont on constate aussi la présence, et qui dans les circonstances ordinaires peuvent atteindre la proportion de 2 ou 3 milligr. pour 70 litres d'air, diminuent au contraire après une pluie, et souvent , dans ce dernier cas , l'analyse n'en indique plus que des traces.

En général, c'est surtout la présence de l'acide carbonique qui établit une différence notable entre les compositions de l'air confiné et de l'air extérieur ; voici du reste, à ce sujet, les moyennes des résultats de MM. Boussingault et Lewy sur diverses terres :

Eopoid..

2,21 9,7a 0,98 0,96 0,86 0,82 ll,2i 0,79 1,54

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