INFLUENCE DU CLIMAT
Poui" qu'une plante se développe normalement et que sa culture soit rémunératrice, il faut qu elle échappe aux rigueurs de l'hiver, et que pendant la belle saison elle reçoive une quantité déterminée de lumière et de chaleur; quand cette dernière condition n'est pas remplie, les produits qu'on obtient de la culture sont faibles. Le choix des plantes à cultiver varie donc singulièrement avec le climat ; déjà dans le midi de la France, les hivers sont trop rigoureux pour que la culture de l'oranger soit rémunératrice, et on le voit disparaître peu à peu, excepté dans quelques localités privilégiées, comme Cannes ou Menton ; encore, dans cette première station, les orangers ont-ils été atteints pendant le funeste et rigoureux hiver de 1870-71 ; pour les arbustes à feuilles caduques, les gelées tardives sont seules à craindre, les froids de l'hiver ne les atteignent que rarement. M. de Humboldt rapporte qu'il a vu à Astrakan, sur la mer Caspienne, par A6'*2' de latitude, où le froid de l'hiver est excessif comme dans tous les climats continentaux, des raisins plus beaux qu'en aucun autre pays.
La température estivale nécessaire pour amener la maturation des graines ou des fmits varie singulièrement d'une plante à l'autre ; on la calcule habituellement en multipliant le nombre de jours pendant lequel la plante végète par la température moyenne de tous ces jours ; en exécutant ce calcul, on arrive à ce résultat reuiarquable, que le nombre représentant la chaleur totale nécessaire à une plante donnée est le même, quel que soit le climat sous lequel elle végète, c'est-à-dire rjue si la température du lieu considéré est élevée, la plante accomplira rapidement toutes ses métamorphoses, tandis que si la température est basse, elle devra rester en terre pendant un espace de temps plus long.
Ainsi la quantité de chaleur nécessaire à la culture du froment pai*aît être de 2100'' environ; à Paris, dont la température moyenne est de 13%4, le blé mûrit en 160 jours, le produit est 2161 ; à Truxillo en Amérique, dont la température moyenne est de 22°, 3, le nombre de jours de végétation est de 100, le produit est 2230.
L'orge exige moins de chaleur que le froment ; le produit des joui's de culture par la température moyenne n'est guère que 1750.
La culture du maïs exige une température de 2700** environ, et déjà aux environs de Paris le maïs ne mûrit plus ses graines et n'est plus
cultivé que comme fourrage vert, car les semaiUes doivent toujours être tardives, par crainte des gelées.
n n'en est plus de même de la pomme de terre ; eUe exige environ 3000 degrés ; mais comme elle peut être plantée de bonne heure et récoltée tardivement, elle réussit sous les climats les plus variés.
Le praticien qui s'efforce d'introduire dans une localité déterminée une culture qui n^y est pas encore établie, doit non-seulement, au reste, se préoccuper de la température moyenne et du nombre de jours pendant lesquels la plante pourra rester sur le sol, mais encore de la température estivale et automnale : si celle-ci ne s'élève pas dans une certaine mesure, la culture est impossible. La vigne en offre un exemple remarquable. Pour qu elle produise un vin potable, il &ut qu'à une période donnée, celle qui suit Tapparition des grains, il y ait un mois dont la température moyenne ne descende pas au-dessous de 19* : les renseignements suivants fournis par M. de Humboldt l'établissent clairement
Bordeaiti
Flraocfort-Bur-le-Mein. .
Lausanne
Paris
Berlin
Londres
Cherbourg