‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 127 sur 228 · S 105. — DE LA TANGUE · texte numérisé non relu

S 105. — DE LA TANGUE

On désigne sous le nom de tangue y tanquCy tangu^ cendre de mer^ sabloîiy charrée blanche^ particulièrement dans les départements delà Manche, du Calvados, de FlUe-et-Vilaine, etc., une espèce de sable, gris ou blanc jaunâtre, qui se dépose habituellement dans les baies et les anses, principalement h l'embouchure des rivières de la basse Normandie et de la basse Bretagne. Cette matière, extrêmement précieuse pour les cultivateurs du voisinage, est recueillie par le raclage simple, à la pelle et* à la pioche, ou le dragage régulier des bancs. Les propriétés fertilisantes de la tangue sont connues depuis longtemps, et depuis plusieurs siècles on en fait usage ^ d'anciens cartulaires, des pièces relatives à des concessions de droit de tanguage, permettent d'établir que, dès le xii'' siècle, les populations du nord-ouest se servaient de la tangue pour améliorer leurs terres.

D'après leur lieu d'extraction, et souvent avec l'époque, dans un même lieu, les tangues varient dans leur composition dans des limites assez étendues, et cette composition est elle-même fort complexe : on

(i) Nous empruntons les documenls résumes dans ce parag;raphe ù un travail publié par M. Is. Pierre dans les Annales de chimie et de physique^ t. XXXVII.

y trouve des matières organiques azotées et non azotées, des sulfates et des phosphates, du carbonate de chaux, des alcalis et des oxydes ins^bles, et surtout de la silice. En raison de la grande variété de composition des diverses tangues, nous nous bornerons à indiquer, d'après M. Is. Pierre, celles des tangues qui diffèrent le plus entre elles par quelques-uns de leurs éléments (1).

Page 1