‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 146 sur 228 · AUDI · texte numérisé non relu

AUDI

Alors.

phosphorique.

Cf.

Sf-

Enfin, M. Is. Pierre a également étudié quelques tourteaux récemment introduits dans le commerce des engrais, qui lui ont fourni par kilogramme les résultats suivants :

NATURE DES TOURTEAl'X.

Tourteau de béraf (1). . .

Tourteau de Niger

Colza panaché de Bombay

Pavot de Tlnde

MovLarde sauvage

AZOTE

ACIDE

photphorique.

pr.

{i) Melon d'ean An Sénégal.

Nous avons insisté surtout sur la richesse en azote et en acide phosphorique des tourteaux, et c'est en effet par ces deux éléments qu'ils paraissent agir, si Ton en juge au moins par les expériences exécutées en Angleterre par MM. Lawes et Gilbert sur l'emploi comparé de différents engrais sur la culture du blé. On a trouvé, en effet, que le tourteau produisait un effet remarquable; mais, en composant un engrais avec des sels ammoniacaux, des phosphates, des sels de potasse, etc., de façon à obtenir une teneur en azote semblable à celle du tourteau, on a obtenu sensiblement le même résultat, d'où Ton peut conclure que les matières carbonées contenues dans le tourteau

n ont pas eu d*influence sensible. Quant à savoir si ces matières, en se décomposant peii à peu dans le sol, n'auront pas plus tard une influence heureuse sur les récoltes suivantes, c'est ce que Texpérience citée plus haut ne permet pas de décider.

Dans une série d'expériences comparatives sur les tourteaux, le guano et le fumier de ferme, M. Bec, directeur de la ferme-école de Montauronne, a reconnu que ces engrais favorisent d'autant plus la production des grains, qu'ils renferment une plus forte proportion de matières azotées putrescibles; et en outre que l'influence des plus actifs ne disparaît pas par une première culture, mais que cependant ils donnent, la première année, un résultat plus avantageux que la seconde, tandis qu'il eo est autrement pour le fumier de ferme, dont la décomposition est plus lente. Les essais ont porté sur des surfaces égales de terrain. Certaines zones restèrent sans fumure afin d'apprécier, pour en tenir compte, la fécondité naturelle du sol. Après une première récolte de froment, on ne mit plus d'engrais, et la terre fut ensetpencée avec de l'avoine. Voici les résultats obtenus :

Action comparée du tourteau^ du guajio et du fumier sur la culture

du blé et de l'avoine.

NATUBE OE L'ENGRAIS

mis sur

la première sole.

Sans engrais

Tourteau de madia .

Tourteau de coton . .

Tourteau de lin. . ..

Tourteau de colza . .

Tourteau de sésame Fumier de ferme . . . Guano

QtAJtTITé

(l'engrais

par hectare.

kil.

obtenu en i8i3.

kil.

ATOINE

obtenue en 1844.

réroltés

dans les denx nniiiVs.

kil.

EXCKS

des i-ecoltes

fumées

sur

les récoltes

non fuuii<«'s

kil.

AZOTK

contena

dans

lesenerais,

kil.

(1) On a pris pour le poid«( de l'beetolitre de blé, 77 kil.; pour celui de Thectolitre d'avoine, 47 kil.

Le résultat le plus remarquable de cette expérience est certainement la faible action exercée par les 201 kil. d'azote du fumier pendant la première année, comparée à l'action énergique des 105 kil. d* azote du guano ; en revanche, Tannée suivante, le fumier a l'avantage, car, bien que le guano ait encore donné une récolte double de la parcelle qui n'avait pas reçu d'engrais, son action a été inférieure à celle du

fumier. On reconnaît dans cette expérience combien il est difficile de se prononcer nettement sur la valeur des engrais quand les épreuves ne sont pas continuées pendant plusieurs années de suite sur la même terre ; il est très-possible, en elTet, que si Ton avait persévéré pendant Tannée 1845 à étudier l'action de ces diverses matières fertilisantes, Tordre dans lequel elles sont classées par les expériences de 1843 et de 1844 eût été changé.

Quant aux divers tourteaux, leur action est certainement comparable, et si on les classe d'après leur richesse en azote et d'après le poids de la récolte, on trouve qu'ils se rangent, d'après ces données, à peu près dans le même ordre.

L'action des tourteaux est plus rapide que celle du fumier, mais elle est beaucoup plus lente que celle du guano. M. Boussingault cite encore dans son ouvrage une culture d'avoine entreprise sous Tinfluence du guano et sous celle des tourteaux. Tandis que les tourteaux n*ont produit aucun effet, le guano, au contraire, a déterminé un excès de récolte assez considérable : or les engrais avaient été donnés en couverture. 11 en faut conclure qu'il y a grand avantage à laisser le tourteau pendant plus loiigtemps sur le sol et le donner au plus tard au moment des semis.

C'est sans doute pour hâter la décomposition trop lente des tourteaux que les cultivateurs flamands ont l'habitude de les faire macérer pendant quelque temps dans les fosses où ils accumulent les matières des vidanges à Tétat liquide.

On a T habitude de compter l'azote des engrais à 2 fr. le kil., et le phosphate soluble à 0 fr. 90 c. ; on aurait alors pour le prix moyen des 100 kil. de tourteaux 13 fr. 50 c. environ : or, son prix de vente ne diffère guère de celui que nous venons de trouver parle calcul, et Ton peut estimer que ce n'est pas là un prix trop élevé.

Le tourteau et la matière fécale sont presque les seuls engrais utilisés dans les quelques parties de la Provence que j'ai eu occasion de visiter. La quantité de tourteau que les huileries de Marseille distribuent dans le pays est considérable, et Ton conçoit sans peine que cette matière très-riche puisse, dans une certaine mesure, remplacer le fumier d'étable, qui ne paraît employé que tout à fait accidentellement. J'ai été très-frappé, en assistant à une réunion du comice agricole de Toulon, d'entendre le président mettre au rebut une instruction ministérielle sur les précautions à prendre contre le typhus des bêtes bovines, par cette raison qu'aucun des membres du comice n'entretenait de bétail sur ses terres.

QvanlUés de tenHeanx eoBsoBiaiéca en France. — On Se fera une

idée de la quantité de tourteaux mis à la disposition de notre agriculture méridionale, en parcourant les chiffres suivants que nous trouvons dans V Enquête sur les engrais industriels (t. II, p. 146) :

Arrivages des graines oléagineu$es à Marseille de 1853 à 1864.

QuÎDUnz métrique*.

Les graines d'arachide, de sésame et de lin sont les sortes les plus importantes, -en estimant qu'elles donnent 40 pour 100 d'huile et 60 pour 100 de tourteaux ; on reconnaîtra qu'en 1855 Marseille a livré à l'agriculture environ 45 220 tonnes de tourteaux, et en 4864, 69706 tonnes.

Les tourteaux de lin ne restent guère en France , les 1 9/20" sont exportés presque complètement en Angleterre, le 1/20* restant est employé dans les départements du Midi pour la nourriture des bestiaux. Les autres tourteaux sont employés dans les départements du Midi le plus généralement comme engrais : le département de Vaucluse en prend les 45/ 100", celui des Bouches-du-Rhône les 33/100"; enfin le quart restant se partage entre l'Hérault, le Var, le Gard, les Basses-Alpes, les Alpes-Maritimes ; l'Angleterre, les Colonies et les autres départements ne prélèvent que les 6/100" de la masse totale.

Antres madères végétales employées comme entrais. — Le marC

de raisin est quelquefois employé comme engrais ; il renferme, lorsqu'il a été séché à l'air, de 1 ,71 à 1,83 pour 100 d'azote. Le marc de pommes à cidre n'est pas avantageux lorsqu'il est employé directement, parce qu'il devient facilement acide. Il renferme, à l'état normal, 0,59 pour 100 d'azote : il a donc une richesse analogue à celle du fumier de ferme ; en le mélangeant avec du fuuiier ou avec de la chaux éteinte, on peut utiliser ses principes fertilisants.

Quelques-unes des industries agricoles qui emploient des quantités d'eau considérables leur donnent-une véritable richesse comme engrais

en les chargeant des résidus de leur fabrication : c'est ainsi qu'on a utilisé avec grand profit les eaux de distillerie et de féculerie, et Ton conçoit facilement qu'il en soit ainsi, puisque ces eaux renferment toutes les matières azotées qui existaient dans les betteraves et les pommes de terre.

Les eaux de rouissage du lin et du chanvre peuvent aussi être utilisées en irrigation; cet emploi est d'autant plus important, que les eaux, chargées de matières putrescibles, se corrompent bientôt et donnent naissance à des émanations malsaines.

D'après une déposition de M. Pluchet, agriculteur distingué de Trappes (Seine-et-Oise), devant la Commission de l'enquête sur les engrais, les eaux de distillerie répandues en quantités notables sur des champs destinés à porter des betteraves auraient porté la récolte de AOOOO kilogrammes à 80000. Les betteraves étaient très-grosses et médiocrement sucrées.

Les eaux de féculerie ne sont peut-être pas, au reste, utilisées comme il le faudrait : elles renferment une masse considérable d'albumine qu'il y aurait sans doute avantage à coaguler au moyen du feu, puis à filtrer sur les pulpes épuisées de fécule ; on imiterait ainsi ce qui a lieu pour les betteraves dans les distilleries Ghamponnois, où Ton enrichit les pulpes des matières albuminoïdes enlevées en même temps que le sucre dans les cuves de macération, mais rendues après coup insolubles, quand elles subissent l'action du feu pendant la distillation.

Dans certaines contrées, on emploie comme engrais les feuilles mortes ; mais il faut se rappeler que ces feuilles sont très-pauvres en azote, en phosphate et en potasse, car ces principes sont généralement résorbés avant que la feuille périsse. On emploie aussi parfois les feuilles de betteraves, les fanes de pommes de terre, etc.; les premières sont aussi données comme nourriture au bétail.

Dans les pays montagneux, où le transport des engrais est difficile, on cultive certaines plantes dans le seul but de les enfouir en vert. Le lupin est employé à cet usage depuis un temps très-reculé : Pline fait mention de cette pratique ; aujourd'hui encore, en Allemagne, on l'utilise comme engrais vert. Le lupin, desséché à 110°, contient l''",870 d'azote pour 100 kilogrammes de fanes. Une récolte de lupin venue dans de bonnes conditions donne moyennement 5000 kilogrammes de fanes sèches par hectare ; par la quantité d'azote contenue dans cette récolte (9i^'\b), elle équivaudrait à 15600 kilogrammes de fumier de ferme ordinaire.

à^2 DES ENGRArS.

LainaveUe présente auvssi de grands avantages comme engrais vert: sa graine coûte peu, et il suffit de 10 à 12 kilogrammes pour ensemencer un hectare.

Les rameaux de buis, plante qui se développe aisément dans les pays calcaires, sont souvent employés comme engrais : ils doivent être placés dans la cour de la ferme, sur le chemin des voitures, de façon à être écrasés ; ils sont ensuite mêlés au tas de fumier.

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