‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 160 sur 228 · DE GENNEVILLIERS · texte numérisé non relu

DE GENNEVILLIERS

Les eaux dégoût de Paris ne reçoivent pas, comme celles de Londres, la totalité des matières des vidanges; le système des fosses

(1) Nous avons vu plus haut qu'en général les eaux d'irrigation ne renferment que 7 à 8 d'azote total pour 100 000 parties; fc'est un peu moins que ne l'indique ici M. Lawe.<, qui a f&it ses expériences à un moment où peut-être les eaux d'égout de Londres étaient moins diluées qu'elles ne le sont aujourd'hui.

(2) Nous avons puisé les renseignements suivants dans les publications de MM, Mille et Alfred Durand Claye, ingénieurs des ponts et chaussées, chargés du service des eaux d'égout. Guidé par ces messieurs, nous avons vu les travaux et suivi l'emploi des eaux dans la plaine de Gennevilliers; ils nous opt communiqué tous les résultats auxquels ils sont arrivés, e^ nous sommes heureux de les remercier ici de l'obligeance avec laquelle ils nous ont mi» à même d'apprécier leurs importants travaux (juin 1872).

fixes et étanches vidées de temps à autre à l'aide de tombereaux , est encore en usage dans un très-grand nombre de maisons ; mais les eaux ménagères, le^ eaux d'arrosage de la voie publique, les eaux d'usines, la partie liquide des vidanges dans les maisons qui ont adopté le système des tinettes, et enfin les urines répandues sur la voie publique, arrivent aux égouts. Ceux-ci amènent leurs eaux à deux grands collecteurs qui suivent les bords de la Seine : le collecteur de la rive gauche passe sous le fleuve au pont de l'Aima, puis vient se réunir au collecteur de la rive droite, qui débouche dans la Seine à Clichy, en face de la petite ville d' Asnières.

Abstraction faite d'une bande au nord qui répond au marché aux bestiaux de la Villette et s'assainit par la plaine Saint-Denis, l'émissaire travaille pour une superficie de 7800 hectares, couvert de 66 000 maisons habitées par 1800000 âmes. Des dispositions nouvelles ont même été prises pour amener à l'égout d' Asnières les eaux de la partie nord de Paris , de telle sorte qu'il recevra l'ensemble des résidus liquides de toute la capitale.

Avant cette réunion de l'égout de Saint-Denis, on évaluait à 190 905 mètres cubes Feau qui s'échappait par vingt-quatre heures du collecteur. On a trouvé qu'en moyenne l'eau d'égout renfermait par mètre cube i^'^ de substances étrangères, dont 2^'^ en suspension et 1^*' en dissolution ; les matières solides forment en aval de l'embouchm'e de l'égout des bancs de vase putride; pendant que les matières noires dissoutes empestent le fleuve pendant plusieurs lieues. Les dépenses occasionnées par le draguage des vases est considérable, puisqu'il y a environ lâOOOO tonnes de matières solides ii enlever annuellement ; en outre, bien qu'après un certain parcours les eaux de la Seine mêlées aux eaux d'égout prennent leur couleur naturelle, elles restent souillées. Il résulte, en effet, des études sur les pollutions des rivières anglaises récemment résumées par M. Frankland [Comptes rendus^ tomeLXX, p. 1054), que lorsque la température ne dépasse pas 17<>,8, le parcours de trois à quatre lieues n'influe que médiocrement sur la combustion des matières dissoutes, et que même, après un parcours beaucoup plus prolongé, l'eau n'est pas encore purifiée : à 300 kilomètres, 1 eau reste souillée. On comprend donc combien est dangereux le système actuel qui, délivrant Paris , infecte la Seine en aval peutêtre plus loin que Rouen.

La valeur agricole des eaux d'égout qui se perdent aujourd'hui encore est considérable; on en jugera par les chiffres suivants, dans lesquels on a évalué l'azote à 2 francs le kilogramme, Tacide phospho-

504 DKS ENGRAIS.

rique à 0 fr. 40 c. , et la potasse 0 fr. (50 c. On trouve dans ,un mètre cube d'eau d'égout naturelle :

kil. fr.

Azote 0,037 valarit 0,074

Acide phoftphorique. 0,015 — 0,006

Potasse ' 0,030 — 0,018

Matières organiques 0,729

Matières minérales 1 ,984

Ainsi une tonne d'eau d'égout naturelle vaut 0 fr. 10 c; en multipliant par les débits, on trouve qu'elle représente une valeur de 7 millions de francs (t).

ParIflcaiioB des emmx. d'égoat par le «nlfate d'alomlne. — Les

plaintes des riverains, le regret de perdre une masse de matière fertilisante aussi considérable, décidèrent l'administration à rechercher les moyens de purifier les eaux noires, chargées de détritus de toutes sortes, qui arrivent à Asnières. Deux systèmes se trouvèrent en présence : la purification par les moyens chimiques, suivie du retour à la Seine des eaux clarifiées ; l'utilisation agricole des eaux d'égout.

L'un et l'autre fonctionnèrent d'abord à Gennevilliers, où l'on conduit ces eaux au moyen d'une pompe rotative qui, après les avoir élevées à un niveau convenable , les pousse dans des tuyaux disposés sons le pont de Clichy.

Le traitement au moyen du sulfate d'alumine, imaginé par H. Le C batelier, donna des résultats remarquables : les eaux furent purifiées avec une dépense de 0f%0125 par mètre cube; on recueillit au fond des bassins des dépôts dont nous donnons ci-joint la composition, en les comparant à celle des matières obtenues au laboratoire en opérant sur de petites quantités :

)> Ainsi, disent les rapporteurs, la tonne de terreau, qui devait.

Page 1