‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 161 sur 228 · PRIX · texte numérisé non relu

PRIX

du kilogr.

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TBRRBAU DBS BAMI.^g.

Quaotitéfl.

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VaJoiir.

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DÉPÔT DU LABOHATOIRK.

Quantifias.

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Valeur.

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^1 ) Les eaux d'égout anglaises renferment, à leur arrivée aux prairies, de 60 à 85 grammes d'azote par mèire cube ; elles sont plus riches que les eaux d' Asnières, ce qui se compread aisément, puisqu'elles reçoivent beaucoup plus de vidanges.

EMPLOI DRS KAUX D'EtiOlIT. 505

d'après le laboratoire, représenter 20 francs, ne représente plus que 1& francs après le travail , et comme il y a aussi perte d'un tiers sur la quantité, on est ramené au piix réel de 10 francs. Toutefois il est à remarquer que si ce prix est établi régulièrement d'après la composition des terreaux, jusqu'à présent il a été impossible de les vendre, et l'administration les a livrés gratuitement aux cultivateui'S des environs, qui les enlèvent au reste avec empressement. »

Quelque importants que soient les résultats obtenus par la purification au sulfate d'alumine, qui laisse sortir des eaux claires et sans odeur; quelque valeur que puissent atteindre un jour les dépôts obtenus dans les bassins, il est facile de calculer que l'emploi de ce procédé entraînerait à des dépenses considérables. Le mètre cube d'eau d'égout coûte de 0 fr. 02 c. àO fr. 03 c. en frais d'élévation et d'épuration ; s'il fallait appliquer ces nombres aux 190 000 mètres cubes que jette l'égout à la Seine chaque jour, on arriverait, au minimum , à une dépense de 3S00 francs par jour, soit près d'un million et demi par an, ou, au maximum, une dépense de 5700 francs par jour et de 2 millions par an ; et comme on peut prévoir qu'avec Fégout de Saint-Denis le total des eaux à traiter s'élèvera à 260 000 mètres cubes par jour, on aurait une dépense de 5200 francs à 7800 francs par jour, conduisant à une dépense annuelle s élevant à 1 850 000 francs au minimum et à 2 8i7 000 francs au maximum.

Gomme la moitié de cette somme environ est employée à l'épuration, on conçoit que loi*s même que l'eau serait donnée pour rien aux cultivateurs, leur emploi agricole aurait encore cet avantage pour la ville, qu'elle épargnerait ses frais d'épuration.

Emploi des eaaà d'égout a«x irrlgatloBo. — Au moment OÙ leS

ingénieurs (1) établirent leurs bassins d'opération et leurs champs d'essai à Gennevilliers ; ils furent d'abord en butte aux plaintes des habitants. On prétendait que la localité allait devenir inhabitable, que les odeurs répandues par ce foyer d'infection engendreraient des maladies de toute sorte. Sans se laisser émouvoir par ces plaintes anticipées, ils n'en continuèrent pas moins leurs travaux* et créèrent un champ d'essai dont les résultats remarquables devaient bientôt frapper les visiteurs.

« Lorsque le service s' ou vri t en juin 1869 (2) , après une année d' essai

(1) M. Mille, ingénieur en chef, chargé de ce service, avait d^jà étudié les questions relatives à l'emploi des eaux vannes du dépotoir de Bondy, à Vaujours, dans la ferme de M. Moll; il a publié, à l'époque (1860) où cette ferme étudiait l'effet de ces eaux, un rapport remarquable sur cette importante question.

(2) Rapport de M. Cation présenté au conseil municipal à la Aéance du 26 février 1872.

dans les champs d'expérience, un tiers seulement des eaux élevées se répandait sur 5 à 6 hectares achetés par la ville de Paris et cultivés par quelques jardiniers de bonne volonté; l'épuration absorbait les deux tiers des eaux. Bientôt les résultats obtenus sur le domaine municipal tentèrent les voisins ; timidement d'abord, puis ensuite franchement, ceux-ci vinrent solliciter l'irrigation de leurs terres. En 1870, l'expérience marchait dans des conditions réellement pratiques; les bassins d'épuration étaient fermés ; toute l'eau passait à la culture, et les frais de réactif disparaissaient totalement. Ce n'était plus l'administration, c'étaient cinquante cultivateurs de la plaine qui pratiquaient le nouveau mode d'exploitation. » Les travaux, interrompus par la guenie, puis par l'infâme folie de la Commune, furent repris en 1872, et l'emploi des eaux se répandit rapidement. On se la dispute aujourd'hui* et les résultats obtenus sont tellement remarquables, qu'il n'est pas dou* teux que toutes les eaux élevées seront intégralement employées. Le taux des locations des terres est déjà monté de 80 francs l'hectare à 150 francs, et il atteindra prochainement 200 et même 250 francs.

Le procédé que j'ai vu employer à Gennevilliers exclut complètement l'arrosage direct par submersion , tel qu'il est pratiqué sur les prairies de Milan et d'Angleterre ; les eaux, conduites d'un bassin central où les poussent les pompes placées à Clichy près du collecteur, sont distribuées par des conduites maçonnées en briques dans les différentes régions de la plaine. Ces conduites sont placées à un niveau supérieur à celui des champs à arroser, et il suffit d'enlever quelques briques et de les remplacer par une petite vanne à main, pour permettre ou supprimer l'arrivée des eaux dans les rigoles d'arrosage. Celles-ci sont disposées de chaque côté des planches, qui ont environ un mètre de large et sur lesquelles sont repiqués les légumes avec le soin exti-ême que mettent dans leurs travaux les maraîchers de Paris, Les eaux s'infiltrent dans la terre sablonneuse extrêmement meuble de la presqu'île de Gennevilliers, abandonnant dans les rigoles une partie des matières qu'elles tiennent en suspension, mais portant jusqu'aux racines les substances dissoutes, qui suffisent à donner aux plantes une vigueur extraordinaire : les pommes de terre, les artichauts, les choux-fleurs, présentent une végétation luxuriante; en même temps quelques cultures qui ne réussissaient pas jusqu'à présent aux environs de Paris, la menthe poivrée, l'absinthe, couvrent des champs entiers.

On a calculé que cette culture maraîchère consomme 50 000 mètres cubes à l'hectare en une année : c'est plus que n'emploient les maraî-

chers ordinaires, qui, à l'aide de leurs arrosoirs, jettent par an sur un hectare une hauteur d'eau de près de â mètres ; ce qui correspond à 40 000 mètres cubes à l'hectare. En admettant ce chiffre de 50 000 mètres cubes à l' hectare , on voit que pour le débit total des égouts,

c est-à-dire pour 100 millions de mètres cubes par an, — — ,

2000 hectares sont nécessaires et suffisants pour satisfaire à la fois aux exigences de Tassainissement et aux besoins de la culture intensive : or, ce sont précisément là les dimensions de la plaine de Gennevilliers qui, par son terrain poreux, est parfaitement appropriée à remploi de ces eaux vannes. Les eaux ne coûtant pas à élever un centime par mètre cube, si la ville les vendait à ce prix, la fumure d'un hectare reviendrait environ à 500 francs, ce qui n a rien d'exagéré pour une culture maraîchère.

Jusqu'à présent les eaux d'égout ont été données gratuitement aux cultivateurs; mais les demandes sont nombreuses et les maraîchers ne reculent plus devant leur achat; aussi l'admini^ration n'a-t-elle pas hésité à ordonner l'exécution des travaux nécessaires à l'élévation et à la distribution du tiers des eaux déversées aujourd'hui par le collecteur d' Asnières, auquel va venir se joindre le collecteur de Clichy, qui y débouchera à quelque distance du point de jonction avec la Seine : le service va donc passer de 6000 mètres cubes qu'il comprend aujourd'hui, à 260 000 mètres cubes. Si les résultats obtenus par cet essai considérable sont satisfaisants, il suffira d'agrandir l'usine qui est en voie de création, pour lui permettre de jeter toute l'eau d'égout du collecteur dans la plaine de Gennevilliers, et d'assurer ainsi du même coup l'arrosage des 2000 hectares qu'elle offre à la culture et la purification complète de la Seine.

Quand ce projet sera exécuté, et que toutes les eaux d'égout seront ainsi employées sur la presqu'île de Gennevilliers, ne resterai-t-il plus rien à faire? La solution sera-t-elle complète, et faudra-t-il continuer à envoyer au dépotoir de Bondy toutes les matières extraites des fosses , d'aisances? Evidemment non. La réussite certaine des irrigations dans la plaine de Gennevilliers entraînera vraisemblablement l'adoption complète de la méthode anglaise, c'est-à-dire l'arrivée dans les eaux d'égout de toutes les matières fécales et la suppression des fosses d'aisances. La salubrité de Paris y gagnera singulièrement, et les eaux d'égout, plus abondantes, plus riches, pourront dépasser la presqu'île de Gennevilliers et aller gagner l'autre bord de la Seine; plies trouveront encore là de vastes étendues de terrains, situés à une^.

faible hauteur, qu elles transformeront de nouveau en jardins maraîchers.

A tous les points de vue, cette solution radicale est à désirer. 11 n'est pas de culture qui soit plus productive que celle des maratchers ; à rheure qu il est, avec leurs seules ressources, en charriant péniblement les engi*ais de la ville aux champs, en montant F eau des puits à Taide du manège et la distribuant à Tarrosoir , ils arrivent à pousser le rendement à l'hectare à 2000 ou 3000 francs, tandis que la grande culture atteint à peine un millier de francs et reste habituellement à 500 (1). A quel taux arriveront ces habiles jardiniers, quand ils auront à leur disposition l'eau et l'engrais, si Ton en jugeait par les essais faits dans les champs d'expérience de Gennevilliers? On ne peut douter qu'ils dépassent 3000 francs et qu'ils atteignent 5000 francs et au delà.

Il faut remarquer enfin que ce n'est pas seulement à Paris que l'emploi des eaux d'égout par la culture maraîchère doit être établi, c'est dans toute la France : aussitôt que les résultats obtenus seront connus, aussitôt qu'on verra qu'avec des dépenses médiocres, on arrive à utiliser tous les résidus les plus répugnants et à les transformer en végétaux luxuriants, le doute ne sera plus permis, et les villes de quelque importance n'hésiteront pas à assurer la salubrité en faisant une bonne affaire ; car si les eaux sont livrées gratuitement aujourd'hui aux cultivateurs de Gennevilliers, il est certain qu'avant deux ou trois ans, elles seront ^'endues à des prix tels que la ville de Paris sera complètement indemnisée de ses dépenses.

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